Maja-Ajmia Zellama aborde l'identité culturelle et le deuil dans "Têtes Brûlées"

Maja-Ajmia Zellama à la Berlinale. (Fourni)
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Publié le Samedi 29 mars 2025

Maja-Ajmia Zellama aborde l'identité culturelle et le deuil dans "Têtes Brûlées"

  • Le premier long métrage de la cinéaste belgo-tunisienne et danoise Maja-Ajmia Zellama, "Têtes Brûlées", a reçu deux mentions spéciales au Festival international du film de Berlin le mois dernier
  • Le film, qui a été soutenu par le Fonds de la mer Rouge d'Arabie saoudite, a été salué pour sa représentation d'une histoire universelle

RIYAD : Le premier long métrage de la cinéaste belgo-tunisienne et danoise Maja-Ajmia Zellama, "Têtes Brûlées", a reçu deux mentions spéciales au Festival international du film de Berlin le mois dernier.  

Le film, qui a été soutenu par le Fonds de la mer Rouge d'Arabie saoudite, a été salué pour sa représentation d'une histoire universelle à travers un objectif singulier. Zellama a écrit et réalisé le film, qui raconte l'histoire d'Eya (interprétée par Safa Gharbaoui), une jeune fille de 12 ans qui grandit dans une famille tunisienne musulmane à Bruxelles, et dont la vie tourne autour de son frère bien-aimé de 25 ans, Younès, et de ses amis. Après la mort soudaine et inattendue de Younès, Zellama emmène les spectateurs à travers la culture, les coutumes, la résilience et la solidarité de cette communauté soudée pendant la période de deuil de la famille.

"Je ne m'attendais pas à recevoir autant de compliments sur le film de la part de personnes qui ne sont pas musulmanes ou issues de l'immigration", a déclaré Zellama à Arab News. "J'ai beaucoup parlé avec un adolescent allemand et j'ai compris à ce moment-là à quel point le chagrin est universel. D'autres personnes disent : "Oh oui, j'apprends quelque chose de nouveau sur une nouvelle culture et de nouvelles religions".

Zellama a également exprimé sa satisfaction quant au soutien apporté par le Fonds de la Mer Rouge à une histoire "multiculturelle"."Pour moi, c'était une grande reconnaissance de recevoir cette aide et ce soutien de la part d'un pays musulman. Cela m'a aidée à faire ce genre de film, et je suis également très curieuse de travailler davantage avec les pays du Moyen-Orient", a-t-elle déclaré.

Le film aborde les aspects de l'identité, de la diaspora arabe, du deuil collectif, de la religion, des coutumes culturelles et de la criminalité de rue. Le film se déroule en grande partie dans la maison familiale, constamment remplie de gens après la mort tragique de Younès. L'un des objectifs de la réalisatrice était de montrer le contraste entre le confort et la simplicité de la vie familiale des immigrés et leur vie à l'extérieur de leur maison.

"Pour moi, la partie la plus compliquée de l'identité et de l'immigration est le racisme systémique", a déclaré Zellama. "C'est l'oppression dans la société. Mais à la maison, ce n'est pas toujours aussi compliqué. Il y a des nuances ; c'est complexe, mais d'une manière positive".

La vie de Zellama a été une source d'inspiration majeure pour le film. Son père est tunisien et sa mère danoise. Elle est née et a grandi en Belgique au sein d'une importante communauté tunisienne. Dans son foyer, deux religions et trois langues se côtoyaient. "La question de l'identité a été présente toute ma vie, bien sûr, en tant qu'enfant mixte, mais aussi en tant que personne de la diaspora", explique-t-elle.

L'expérience de Zellama, qui a perdu un membre de sa famille qu'elle aimait beaucoup, a été au cœur du récit. "Lorsque j'étais en deuil avec ma famille, c'était la période la plus difficile de ma vie. Mais c'est aussi l'un des moments de ma vie où j'ai ressenti le plus d'amour et de solidarité, parce que nous étions entourés de tant de gens qui (nous) préparaient le dîner, allaient à l'épicerie, donnaient de l'argent", a-t-elle déclaré. "Alors, pour moi, oui, il y a le chagrin que nous avons eu dans notre famille, mais aussi - et surtout - l'amour".

Le film explore la spiritualité de manière nuancée et ouverte, en particulier dans les scènes de funérailles et d'enterrement, inspirées par le propre cheminement de Zellama avec la foi. Elle tenait à ce qu'Eya trouve une forme d'indulgence à travers la religion, tout en offrant une représentation et un portrait alternatif, plus complexe, de l'islam dans les pays autres que le Moyen-Orient.

"Les musulmans sont très différents et chaque personne pratique la religion d'une manière différente", explique Zellama. "Elle a trouvé cette voie, et elle s'en accommode.

Le film a prouvé qu'il dépassait les frontières culturelles et religieuses, des spectateurs d'autres confessions et d'autres milieux se sentant concernés par ses thèmes centraux.

"Le simple fait d'entendre le Coran, (même si) on ne le comprend pas, permet de ressentir quelque chose", a-t-elle déclaré. "On ne sait pas ce que c'est, mais on ressent quelque chose. Quand vous la voyez prier, vous pouvez l'imaginer. Et pour moi, c'est suffisant".

Le personnage d'Eya est la clé du succès du film : elle est mature, mais aussi enjouée ; elle est créative, intelligente, provocante, et s'efforce de briser les stéréotypes tout au long du film. L'une des scènes les plus touchantes et les plus efficaces est celle où elle se détache du groupe de femmes en deuil pour aider à enterrer son frère aux côtés des hommes.

"Je voulais un personnage qui grandisse dans une famille charmante qui laisse à cette jeune fille la possibilité d'être ce qu'elle veut", a déclaré Mme Zellama. "Elle ne se dit pas: "Oh, c'est un truc de garçon ou de fille". Non, elle fait ce qu'elle veut faire à ce moment-là".

"Elle est très impulsive, et l'impulsivité était également un élément important dans le personnage d'Eya", a-t-elle poursuivi."Elle ressemble à tant de femmes et d'enfants musulmans que je vois autour de moi. Il ne s'agissait donc pas pour moi de faire une "déclaration". Je me disais plutôt qu'il y a tant de petites filles fortes autour de moi et que je voulais un personnage comme celui-là".

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".