Le tourisme local en Arabie saoudite : Un essor grâce aux voyages de l'Aïd

Les voyages intérieurs ont augmenté ces dernières années, l'Aïd Al-Fitr devenant une période de pointe pour le tourisme local. Shutterstock.
Les voyages intérieurs ont augmenté ces dernières années, l'Aïd Al-Fitr devenant une période de pointe pour le tourisme local. Shutterstock.
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Publié le Dimanche 30 mars 2025

Le tourisme local en Arabie saoudite : Un essor grâce aux voyages de l'Aïd

  • Une préférence croissante pour les destinations locales est en train de remodeler le marché, les résidents recherchant des expériences immersives dans le paysage touristique du pays.
  • Selon le dernier rapport d'Almosafer sur les tendances du voyage publié en janvier, le Royaume a connu une augmentation de 45% des réservations de vols intérieurs en 2024.

RIYAD : Le secteur du tourisme local de l'Arabie saoudite connaît une forte augmentation des voyages pendant l'Aïd Al-Fitr, ce qui donne un nouvel élan à l'industrie de l'hôtellerie et de la restauration. Une préférence croissante pour les destinations locales est en train de remodeler le marché, les résidents recherchant des expériences immersives dans le paysage touristique du pays.

Selon le dernier rapport d'Almosafer sur les tendances du voyage publié en janvier, le Royaume a connu une augmentation de 45% des réservations de vols intérieurs en 2024, grâce à l'expansion de l'offre touristique et à une plus grande connectivité par le biais des transporteurs à bas prix.

Les voyages intérieurs ont augmenté ces dernières années, l'Aïd Al-Fitr étant devenu une période de pointe pour le tourisme local, a déclaré Nicolas Mayer, partenaire de PwC au Moyen-Orient et responsable mondial du secteur du tourisme. Il a noté que les réservations de vols intérieurs ont augmenté de 45% d'une année sur l'autre en 2024, soulignant une préférence croissante pour l'exploration locale.

"Ce changement s'explique par plusieurs raisons. Tout d'abord, le Royaume a fait d'énormes progrès dans l'amélioration de son offre touristique. Avec des options de vol plus abordables grâce aux transporteurs à bas prix, les voyages sont devenus beaucoup plus accessibles", a déclaré M. Mayer.

Le rapport fait état d'une augmentation de 39% des réservations de nuitées dans le pays, tandis que les réservations combinées de vols locaux et d'hôtels représentent plus de 40% du marché du voyage, soit une augmentation de 11% par rapport à l'année précédente.

L'essor des voyages intérieurs est stimulé par un plus large éventail de destinations, d'hébergements et d'expériences qui attirent les visiteurs de loisirs. Les voyages en famille et en groupe ont été les principaux moteurs, les réservations dans ces secteurs ayant grimpé de plus de 70%.

Les mégaprojets de l'Arabie saoudite, dont NEOM, une ville futuriste sur la mer Rouge, et The Red Sea Project, qui se concentre sur le tourisme de luxe et l'écotourisme, alimentent également la croissance du tourisme intérieur. Les sites culturels comme AlUla, connu pour son héritage nabatéen, et Diriyah, le lieu de naissance de l'État saoudien, font l'objet d'une restauration importante pour offrir aux visiteurs de riches expériences historiques et culturelles.

"L'Aïd Al-Fitr est un moment privilégié pour les familles et la culture, et il encourage les voyages et les expériences nouvelles. C'est une excellente occasion de découvrir la riche culture de l'Arabie saoudite et ses joyaux cachés, ici même, dans notre pays", a-t-il ajouté.

M. Mayer a souligné l'investissement massif de l'Arabie saoudite dans les infrastructures touristiques dans le cadre de la Vision 2030, qui permet aux résidents d'explorer plus facilement de nouvelles destinations.

Le ministre du tourisme du Royaume, Ahmed Al-Khateeb, a récemment déclaré que le nombre d'hébergements touristiques devrait doubler au cours de la prochaine décennie. Le pays compte actuellement environ 400 000 chambres d'hôtes, et devrait en compter 800 000 d'ici à 2030. M. Al-Khateeb a réitéré l'objectif de l'Arabie saoudite de devenir l'une des sept premières destinations touristiques au monde d'ici à la fin de la décennie.

À l'Université du roi Abdallah pour la science et la technologie, les responsables ont observé une augmentation significative des réservations pour les familles et les groupes, qui ont augmenté de plus de 70% dans les principales catégories de voyageurs.

Nour El-Shikh, spécialiste des médias et des relations publiques dans le domaine de la marque et de la communication globales à la KAUST, a déclaré que les groupes de voyageurs gravitent autour des destinations qui offrent des événements et des expériences distinctifs.

"Si les grandes villes comme La Mecque, Riyad et Djeddah restent populaires, des sites émergents comme Abha, Al Jubail, Jizan, Tabuk et Hail attirent de plus en plus l'attention pour leurs paysages et leurs activités uniques", a affirmé Mme El-Shikh.

AlUla, un site classé par l'UNESCO, est également devenu une destination nationale et internationale de premier plan, signe de l'investissement continu de l'Arabie saoudite dans la diversification de son attrait touristique.

"Cela a favorisé une nouvelle appréciation du riche patrimoine culturel et de la beauté naturelle du Royaume. La combinaison d'infrastructures améliorées, d'une plus grande accessibilité et d'un accent croissant sur les activités familiales a rendu l'exploration des destinations locales plus attrayante que jamais", a ajouté Mme El-Shikh.

Le train Haramain, qui relie Médine, Djeddah et La Mecque, est un autre exemple de la manière dont l'Arabie saoudite réduit le trafic automobile et améliore l'accès aux deux villes les plus sacrées de l'Islam.

Nicolas Mayer, associé de PwC au Moyen-Orient, responsable mondial de l'industrie du tourisme. (Photo Fournie).
Nicolas Mayer, associé de PwC au Moyen-Orient, responsable mondial de l'industrie du tourisme. (Photo Fournie). 

Hôtels et centres de villégiature s'adaptent à la demande

Avec l'augmentation du nombre de voyageurs nationaux, le secteur de l'hôtellerie en Arabie saoudite évolue pour répondre à l'évolution des préférences. Mayer a souligné que les hôtels et les centres de villégiature se concentrent sur des expériences personnalisées plutôt que sur une simple augmentation de la capacité d'accueil.

"Prenons l'exemple de l'Aïd. C'est une période où les familles veulent être ensemble, profiter des traditions et se faire des souvenirs. Les opérateurs s'en rendent compte et proposent des forfaits et des programmes plus significatifs, qu'il s'agisse de repas inspirés par la culture, d'activités pour les enfants ou même de petites attentions qui reflètent l'esprit de la fête", a-t-il précisé.

La demande d'hébergements alternatifs augmente également, les locations de vacances, les villas et les hôtels-appartements gagnant en popularité, en particulier auprès des familles. Par ailleurs, l'innovation numérique joue un rôle essentiel dans l'amélioration de l'expérience de voyage.

"Si le processus de réservation n'est pas fluide ou si le service n'est pas réactif, les gens le remarquent. La technologie n'est plus un atout, elle est attendue", a noté Mayer.

Mme El-Shikh se fait l'écho de ce sentiment, soulignant que de nombreux établissements s'agrandissent et se rénovent pour accueillir des groupes plus importants. "Ils proposent également des forfaits spéciaux pour l'Aïd avec des activités familiales, des événements culturels et des expériences culinaires traditionnelles", a-t-elle signalé.

Les applications mobiles, les visites virtuelles et les méthodes de paiement transparentes telles qu'Apple Pay et les options "acheter maintenant, payer plus tard" façonnent également le comportement des consommateurs. La durabilité et les pratiques écologiques deviennent une priorité, s'alignant sur les valeurs des voyageurs modernes.

L'avenir du tourisme local

Le marché du tourisme local de l'Arabie saoudite est appelé à se transformer davantage, sous l'impulsion de la technologie et de l'évolution des attentes des consommateurs. Mayer s'attend à une demande croissante d'expériences personnalisées, culturellement immersives et transparentes.

"Du côté des entreprises, je constate que l'on consacre beaucoup d'énergie à la création de voyages plus personnalisés et assistés par la technologie. Les voyageurs s'attendent à des réservations faciles, à des outils numériques utiles et à des recommandations pertinentes. Il ne s'agit plus seulement d'avoir un site web ou une application, mais d'utiliser la technologie pour anticiper ce que les gens veulent avant même qu'ils ne le demandent", a-t-il expliqué.

L'expansion du tourisme au-delà des centres urbains bien connus ouvre également de nouvelles perspectives. "De plus en plus de régions du Royaume commencent à proposer ce type d'expériences. Nous sortons des villes connues, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour le tourisme local", a également indiqué Mayer.

Mme El-Shikh a mis en évidence une tendance croissante au voyage expérientiel, où les visiteurs recherchent des expériences culturelles immersives. "Les parties prenantes développent des offres uniques qui mettent en valeur la diversité du patrimoine et des paysages naturels du Royaume", a-t-elle déclaré.

De nouvelles infrastructures alimentent la demande

L'expansion des infrastructures du Royaume change la donne pour le tourisme local. Mme Mayer a noté que les investissements dans les routes, les aéroports et les transports publics rendent plus accessibles des destinations autrefois éloignées.

"Il ne s'agit pas seulement de construire de nouveaux aéroports ou de nouvelles routes, mais aussi d'ouvrir de nouvelles régions du pays que les gens n'auraient peut-être pas explorées auparavant", a-t-elle confirmé.

Les entreprises tirent parti de cette dynamique en concevant des expériences liées à la culture locale. "Autour de l'Aïd en particulier, nous voyons de plus en plus d'entreprises profiter de cette dynamique. Elles créent des expériences liées à un lieu, qu'il s'agisse d'un festival culturel, d'une activité familiale ou d'un site patrimonial magnifiquement restauré qui raconte une histoire locale. Ces points de contact trouvent un écho auprès des voyageurs parce qu'il ne s'agit pas seulement de loisirs, mais aussi d'une expérience personnelle", explique Mayer.

Mme El-Shikh a également ajouté que les activités sur place, telles que les visites guidées, les sports d'aventure et les expériences culturelles, sont au cœur du voyage et renforcent l'engagement avec les communautés locales. "En collaborant avec les artisans locaux, les institutions culturelles et les sites patrimoniaux, les entreprises touristiques créent des expériences uniques qui trouvent un écho auprès des résidents et les encouragent à apprécier leur propre patrimoine culturel", a-t-elle noté.

Alors que l'Arabie saoudite continue de développer son secteur touristique, l'accent mis sur les voyages intérieurs devrait stimuler une croissance soutenue, faisant de l'Aïd Al-Fitr une pierre angulaire de l'évolution du paysage touristique du Royaume.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.