Le théâtre célèbre la joie et la solidarité lors de l'Aïd en Arabie saoudite

Des familles et des enfants se rassemblent pour assister à un spectacle de marionnettes animé par le Kaif Theater lors d'un événement.(@msrhkaef)
Des familles et des enfants se rassemblent pour assister à un spectacle de marionnettes animé par le Kaif Theater lors d'un événement.(@msrhkaef)
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Publié le Lundi 31 mars 2025

Le théâtre célèbre la joie et la solidarité lors de l'Aïd en Arabie saoudite

  • Le développement de l'art théâtral représente en effet un progrès dans la transformation culturelle du Royaume.
  • La scène offre aux artistes une plateforme pour présenter le patrimoine, les valeurs et les histoires saoudiennes.

RIYAD : Alors que l'Arabie saoudite accueille la fête de l'Aïd Al-Fitr, le Royaume est en pleine effervescence.

Au-delà des sucreries traditionnelles, des visites familiales et des coutumes culturelles, une forme intemporelle de narration vole la vedette : le théâtre.

Pendant l'Aïd, le théâtre en Arabie saoudite devient un espace de joie, de connexion et d'expression culturelle. Dans tout le Royaume, les familles se pressent pour assister à des productions théâtrales qui transforment les rires partagés en une célébration de l'identité.

Cela me rappelle le célèbre dicton : « Donnez-moi du pain et une scène, et je vous donnerai une nation civilisée. » », a déclaré Raghad Abdulrahman, dramaturge et poète saoudien, membre du Kaif Theater. 

Mme Abdulrahman considère que le théâtre est une plateforme idéale pour mettre en valeur le patrimoine, les valeurs et les histoires saoudiennes, ce qui, selon elle, est à la fois urgent et aurait dû être fait depuis longtemps.

« Nous avons une histoire culturelle riche qui mérite d'être traduite et de prendre vie sur scène », a-t-elle déclaré. « Comme l'a dit Peter Brook, le théâtre est un moyen de communication entre les gens et les cultures. Et notre culture a tant à dire. »

Dans le Golfe, le théâtre est depuis longtemps étroitement lié à l'Aïd. Pendant des décennies, les célébrations de l'Aïd ont donné lieu à des représentations théâtrales (comédies, drames et comédies musicales) reflétant l'humeur de la saison. Si le théâtre fait partie du tissu culturel tout au long de l'année, sa présence devient particulièrement vibrante au moment de l'Aïd.

« Ce lien est profondément ancré dans notre héritage du Golfe », a déclaré M. Abdulrahman. « C'est ainsi que nous avons toujours traduit la joie sur scène. 

Cette année, deux représentations majeures sont prévues à Riyad : Al-Shanta de Nasser Al-Qasabi et Maskoon Layla de Hassan Al-Balam, qui auront toutes deux lieu le troisième jour de l'Aïd. Le Kaif Theater a connu un succès considérable avec ses propres productions de l'Aïd, telles que « Haya Khallik » et « Majlis Al-Shoqaq », qui ont attiré des foules enthousiastes.

« Pour moi, le théâtre est comme le membre de la famille qui est toujours en voyage mais qui revient pour l'Aïd - avec des cadeaux et de la joie », a déclaré M. Abdulrahman. « Il ouvre grand ses portes, accueillant les invités à bras ouverts et partageant l'émerveillement et le bonheur.

Il a décrit l'expérience avec précision : la présence d'un public en direct, les rires spontanés, les tonnerres d'applaudissements et la joie de voir l'art se déployer sous vos yeux, sans le filtre d'un écran.

« Vous sentez les rires autour de vous. Vous voyez la joie de l'Aïd dans les bonbons et les nouveaux vêtements des enfants, dans les sourires et l'élégance des adultes », a-t-elle déclaré. « La scène devient une célébration vivante.

Contrairement aux productions commerciales qui reposent sur des budgets importants et des effets spéciaux, le Kaif Theater mise sur l'énergie humaine brute. « Un seul interprète, s'il est sincère et engagé, peut retenir l'attention d'une salle entière », explique M. Abdulrahman.

Le groupe investit massivement dans l'épanouissement des talents locaux. Grâce à des initiatives telles que Shaghaf, qui a été reconnue par la Société saoudienne pour la culture et les arts à Djeddah, le Kaif Theater propose une formation intensive de trois mois à tous les aspects de l'art de la scène.

« Nos ateliers couvrent tous les domaines : l'écriture, le jeu, le théâtre de marionnettes et la production », explique-t-elle. « Ils sont tous dirigés par des professionnels chevronnés qui connaissent le domaine de fond en comble.

La magie du théâtre commence par l'écriture, mais ne s'arrête pas là. Selon M. Abdulrahman, un scénario théâtral solide se construit à partir de plusieurs éléments essentiels. « Il commence par la graine - l'idée centrale ou le message », explique-t-elle. « Ensuite, l'intrigue prend forme, du début à la résolution en passant par le point culminant. 

Les personnages sont façonnés par leurs conflits, et le dialogue devient l'élément vital du scénario. « Au théâtre, c'est le dialogue qui fait avancer l'histoire », ajoute-t-elle. « C'est ce qui rend une pièce vivante.

Mais ces éléments ont besoin d'un foyer. « Chaque pièce doit s'inscrire dans un temps et un lieu précis - le décor, les costumes, la langue et l'atmosphère sont tout aussi importants que les mots », explique-t-elle. Un metteur en scène supervise ensuite tous les aspects de la mise en scène : il guide les représentations, bloque les mouvements et veille à ce que le flux reste vif et captivant.

Pourtant, le passage de la page à la scène présente des défis uniques. « Toutes les idées qui fonctionnent sur le papier ne réussissent pas forcément sur scène », admet M. Abdulrahman. « Certaines scènes nécessitent des ajustements, d'autres un renforcement visuel. Le plus grand défi consiste à déterminer celles des scènes qui peuvent prendre vie et celles qui ont besoin d'être remaniées.

Un autre défi consiste à maintenir l'équilibre. « Si une pièce s'appuie trop sur les dialogues, elle risque de devenir ennuyeuse », explique-t-elle. « Mais si elle repose trop sur le mouvement, elle perd sa voix narrative. Le rythme doit être vivant, ni trop lent, ni trop clinquant. »

À l'ère du divertissement commercial, où les chiffres du box-office déterminent souvent les choix de production, le Kaif Theater s'appuie sur une philosophie différente. « La créativité est le moteur du succès », a déclaré M. Abdulrahman. « Lorsque le scénario est solide, que la performance est sincère et que l'expérience est enrichissante, le public revient. Et lorsqu'ils reviennent, ils amènent d'autres personnes. »

Pour elle, la clé est d'offrir aux gens quelque chose qui vaut la peine d'être revu. « Si le public a confiance en ce que vous créez, il s'y investira. Le succès commercial n'est pas l'objectif, c'est le résultat d'une bonne pratique théâtrale ».

Alors que le Royaume poursuit sa transformation culturelle, des initiatives telles que le Kaif Theater montrent à quel point le spectacle vivant est devenu essentiel à la vie saoudienne.

Comme le dit Abdulrahman : « Le théâtre partage votre peine, pour qu'elle diminue, et votre joie, pour qu'elle grandisse ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".