Les designers arabes se distinguent à Milan lors de la semaine du design

Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)
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Publié le Samedi 12 avril 2025

Les designers arabes se distinguent à Milan lors de la semaine du design

  • .La Semaine du design de Milan, qui se tient cette année du 7 au 13 avril, est sans doute le plus grand rassemblement annuel mondial de designers d'intérieur et de mobilier.
  • Plusieurs designers et entreprises du Moyen-Orient ont présenté des créations valorisant la culture et le patrimoine arabes.

DUBAI : La Semaine du design de Milan, qui se tient cette année du 7 au 13 avril, est sans doute le plus grand rassemblement annuel mondial de designers d'intérieur et de mobilier. Plusieurs designers et entreprises du monde arabe y ont participé. 

L'une de ces expositions, « Bamboo Encounters », organisée et conçue par 2050+ et son fondateur Ippolito Pestellini Laparelli, explore le rôle du bambou dans l'histoire de la marque, en présentant des pièces spécialement commandées à des designers contemporains du monde entier.

Dans l'Italie de l'après-Seconde Guerre mondiale, il était difficile de se procurer des matières premières. C'est pourquoi le fondateur de la maison de couture, Guccio Gucci, a opté pour le bambou, léger et résistant, comme alternative à la poignée en cuir traditionnelle. Les artisans florentins qui créent les sacs Gucci sont favorables à l'utilisation du bambou. 

Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)
Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)

C'est ainsi qu'est né le sac emblématique Gucci Bamboo 1947. Dima Srouji, architecte et artiste palestinienne, fait partie des différents créateurs mandatés pour « Bamboo Encounters ». Ses paniers en bambou, « Hybrid Exhalations », mettent en valeur les traditions de la vannerie du Levant en incorporant du bambou trouvé à la main et du verre délicatement soufflé par la famille Twam en Palestine. Les pièces évoquent un sentiment de beauté fragile et de résilience.

Au cours de ses trois mois de recherche, Mme Srouji est tombée amoureuse de l'histoire de la vannerie.

« J'aime beaucoup l'idée du temps qui passe et du temps qu'il faut pour tresser des paniers très lentement par ces artisans anonymes du monde entier », a-t-elle déclaré au journal Arab News.

Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)
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 « Certains de ces paniers ont été trouvés en ligne, comme sur eBay. Certains proviennent de ventes aux enchères différentes, et chacun d'entre eux est originaire d'un pays différent. Certains sont même des paniers à fleurs du Japon, des paniers à poissons et des paniers à œufs des Philippines, et l'un d'entre eux est un chapeau de la Seconde Guerre mondiale du Royaume-Uni, provenant d'un gentleman anglais qui l'avait obtenu au Viêt Nam dans les années 1940. »

Srouji les a transformés en formes ludiques et organiques en les combinant avec des pièces en verre soufflé fabriquées par la famille Twam, souffleurs de verre palestiniens avec lesquels elle travaille depuis dix ans. Leur atelier est basé à Jaba', un village historique situé au nord-est de Jérusalem, entre Ramallah et Jérusalem.

« La combinaison du verre et des paniers s'est faite dans mon atelier, lorsque j'ai commencé à tisser le verre dans les paniers déjà tressés et qu'ils sont devenus des créatures vivantes », a déclaré M. Srouji. « Ils sont aérés, ludiques, et chacun d'entre eux renferme des souvenirs. C'est un moment important pour se remémorer les joies de la vie et célébrer l'histoire de la tradition palestinienne, d'autant plus dans une période sombre. » 

Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)
Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)

Lors de l'Isola Design Festival organisé par Isola Design Group, qui possède des bureaux dans le Dubai Design District (d3), plusieurs designers émergents du monde arabe ont présenté leur travail. La designer jordanienne Victoria Dabdoub a notamment présenté sa première collection, « Stone Objects ». A Study of Core Solids », composée de plusieurs masses de pierre façonnées à la main et reliées par une pièce en laiton. Il en résulte des bougeoirs élégants et ludiques qui invitent l'utilisateur à créer son propre présentoir à l'aide de plusieurs pièces.

« Mon travail s'inspire des pratiques locales en Jordanie et en Palestine et vise à collaborer avec les artisans locaux pour développer des pièces contemporaines », explique-t-elle. « Ma première collection est une série de bougeoirs en pierre que j'ai fabriqués lors de deux ateliers à Amman, l'un portant sur le travail du métal et l'autre sur le travail de la pierre. 

Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)
Semaine du design de Milan. (Photo Fournie)

Elle ajoute : « Je pense qu'il est important de produire localement des produits de haute qualité. La pierre est du calcaire du sud de la Jordanie et le laiton provient du marché, probablement d'Italie ou d'ailleurs. Que je travaille en Jordanie ou en Palestine, il est important d'essayer d'intégrer les pratiques locales, en particulier compte tenu de la guerre en cours et du nombre de voix qui ne sont pas entendues. Essayer de dire quelque chose à travers le design, l'artisanat, les matériaux et le patrimoine est crucial ».

Etereo, le studio de création basé entre Dubaï et Milan, revient à la Semaine du design de Milan avec une exposition immersive au Nilufar Depot, présentant ses populaires collections « Faraglioni » et « Grottesche ». Les formes, les matériaux et les couleurs séduisants de ces pièces célèbrent les synergies entre le design et la nature, en particulier celles que l'on trouve en Méditerranée.

La collection « Faraglioni », produite exclusivement pour Nilufar en édition limitée, met en valeur l'essence de la mer dans les espaces intérieurs grâce à des designs sculpturaux - une table centrale, une table à manger, une table basse et deux consoles qui rendent hommage aux célèbres rochers Faraglioni de Capri, qui représentent des merveilles naturelles et un patrimoine intemporel.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  

 

 

 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".