Les projets phares de la transformation de l'Arabie saoudite au cœur du forum saoudo-américain 

Lors du forum d'investissement américano-saoudien qui s'est tenu mardi à Riyad, un panel animé par le rédacteur en chef d'Arab News, Faisal J. Abbas (à gauche), a discuté de la manière dont les mégaprojets redessinent l'image du Royaume dans le monde. (Photo AN/Basheer Saleh)
Lors du forum d'investissement américano-saoudien qui s'est tenu mardi à Riyad, un panel animé par le rédacteur en chef d'Arab News, Faisal J. Abbas (à gauche), a discuté de la manière dont les mégaprojets redessinent l'image du Royaume dans le monde. (Photo AN/Basheer Saleh)
Short Url
Publié le Mercredi 14 mai 2025

Les projets phares de la transformation de l'Arabie saoudite au cœur du forum saoudo-américain 

  • Lorsque la Vision 2030 de l'Arabie saoudite portera ses fruits, dans cinq ans seulement, le tourisme sera aussi important pour l'économie du Royaume que le pétrole l'est aujourd'hui
  • C'est ce qu'a prédit Ahmed al-Khateeb, ministre du Tourisme, lors d'une table ronde organisée dans le cadre du Forum d'investissement américano-saoudien

RIYAD: Un peu plus de dix ans après le lancement d’Uber à Riyad, le service de covoiturage via smartphone s’est largement déployé à travers le Royaume. Lors d’un panel tenu au Forum d’investissement saoudo-américain à Riyad, le PDG d’Uber, Dara Khosrowshahi, a souligné que l’Arabie saoudite figure désormais parmi les marchés connaissant la croissance la plus rapide pour l’entreprise.

À ce jour, quelque 140 000 Saoudiens conduisent via la plateforme, desservant près de 4 millions d’utilisateurs dans 20 villes du Royaume.

M. Khosrowshahi a également annoncé que la société se prépare à franchir une nouvelle étape technologique: l’introduction prochaine de véhicules autonomes dans les rues saoudiennes.

«Vous verrez des véhicules autonomes en Arabie saoudite cette année», a déclaré M. Khosrowshahi au panel mardi. «C'est un sujet sur lequel nous nous concentrons beaucoup.»

arabie saoudite
Le président américain Donald Trump consulte les plans de Diriyah en Arabie saoudite lors de sa visite d'État. (AFP)

Il a déclaré que les véhicules seraient beaucoup plus sûrs pour les passagers et les autres usagers de la route.

«La technologie autonome représente pour nous un potentiel considérable», a déclaré Dara Khosrowshahi. «D’abord, elle promet des routes plus sûres: un véhicule autonome ne se laisse pas distraire, n’envoie pas de messages en conduisant… C’est un conducteur qui ne cesse d’apprendre, en s’appuyant sur les millions de kilomètres parcourus à travers le monde.»

À terme, a-t-il ajouté, «les véhicules autonomes ne seront pas seulement plus sûrs, ils offriront aussi un mode de transport plus abordable». Il a précisé qu’Uber collabore actuellement avec 18 partenaires spécialisés afin de garantir une introduction progressive et sécurisée de cette technologie.

Lors d’une autre session du forum, animée par Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d’Arab News, les échanges ont porté sur les mégaprojets emblématiques qui redéfinissent l’image du Royaume à l’échelle mondiale et marquent une nouvelle étape dans son ambitieuse transformation nationale.

arabie saoudite
Le Mukaab, un gratte-ciel cubique en cours de développement dans le centre de Riyad. (New Murabba)

La transformation de Diriyah, le berceau de l'Arabie saoudite, en une destination culturelle, historique et de loisirs d'importance mondiale, est l'un des projets qui contribuent à la modernisation et à la diversification envisagées par la Vision 2030.

Jerry Inzerillo, PDG de Diriyah Company, a parlé de l'importance de préserver l'histoire du Royaume et la terre ancestrale des Al-Saoud, notamment le quartier royal d'At-Turaif, considéré comme le lieu de naissance du premier État saoudien en 1727 et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2010.

Aujourd’hui, Diriyah est au cœur de l’un des plus vastes mégaprojets d’Arabie saoudite: une transformation de 63,2 milliards de dollars (1 dollar = 0,89 euro) visant à réinventer ce site historique de 14 kilomètres carrés en une destination mondiale dédiée au patrimoine, à la culture et à l’art de vivre.

Jerry Inzerillo, PDG de la Diriyah Gate Development Authority, a assuré que le projet progresse selon le calendrier et le budget prévus. «Cette semaine, nous avons accueilli notre trois millionième visiteur sur le site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. À ce jour, 45 000 personnes travaillent sur le projet, et nous sommes fiers de collaborer avec 83 entreprises américaines», a-t-il déclaré.

De son côté, Michael Dyke, directeur général du projet New Murabba à Riyad, a affirmé que le Mukaab – l’imposant bâtiment cubique au cœur du développement – deviendra l’un des édifices les plus emblématiques au monde.

arabie saoudite
Le ministre saoudien du Logement, Majed Al-Hogail, à gauche, et le ministre saoudien du Tourisme Ahmed al-Khateeb, au centre, s'entretiennent avec le rédacteur en chef d'Arab News Faisal J. Abbas. (Photo AN/Basheer Saleh)

«C'est l'une des plus grandes structures jamais connues», a déclaré M. Dyke, en la comparant à la MSG  Sphere de Las Vegas. Cette dernière peut accueillir près de 18 000 personnes, alors que le Mukaab sera 22 fois plus grand.

«Lorsque les gens entreront dans le Mukaab, ils pénétreront dans un autre monde, il y aura des hologrammes et une IA puissante circulera dans l'ensemble de l'installation.»

Le Mukaab sera mis en service à partir de 2030 et «lorsque les gens viendront à Riyad, ils verront quelque chose de nouveau, de différent. Il s'agira d'un autre lieu fantastique qui viendra s'ajouter aux projets extraordinaires déjà en cours dans le Royaume».

 

en bref

- Le PDG d'Uber, Dara Khosrowshahi, a déclaré que les véhicules autonomes seraient beaucoup plus sûrs à la fois pour les passagers et pour les autres usagers de la route.

- Michael Dyke, PDG de New Murabba, a déclaré que le Mukaab serait l'un des bâtiments emblématiques du monde.

Un autre projet phare du développement en cours du Royaume est Neom, la mégaville futuriste en cours de construction sur la côte de la mer Rouge – un concept visionnaire qui a déjà captivé l’imagination du monde entier.

Rayan Fayez, directeur général adjoint de Neom, a indiqué que cette ville, qui s’étendra sur 26 500 kilomètres carrés, équivaudra à peu près à la superficie de l’État du Massachusetts.

«Concevoir une ville et une région d’une telle ampleur requiert des infrastructures colossales», a-t-il souligné.

arabie saoudite
Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX, avec Abdallah Alswaha, ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information. (Photo AN/Basheer Saleh)

«Lorsque nous parlons de certains des thèmes sur lesquels nous consacrons notre temps et nos efforts, l'infrastructure en est un important. Qu'il s'agisse de l'infrastructure numérique, 500 kilomètres de fibre ont déjà été posés, un centre de données est en cours de construction, l'infrastructure de l'énergie et des services publics dispose déjà de parcs solaires et éoliens.»

«En plus des 194 kilomètres de canalisations d'eau, des infrastructures alimentaires (telles que des serres) sont en cours de développement, car Neom n'est pas seulement une initiative de développement immobilier, c'est une construction économique.»

Neom est, a-t-il ajouté, «une coentreprise entre Neom Aqua Power et Air Products, qui est, bien sûr, une société américaine ayant un investissement significatif dans Neom, développant ce qui deviendra le projet Green Hydrogen».

arabie saoudite
Le président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en visite à Diriyah. (AFP)

Lorsque la Vision 2030 de l'Arabie saoudite portera ses fruits, dans cinq ans seulement, le tourisme sera aussi important pour l'économie du Royaume que le pétrole l'est aujourd'hui.

C'est ce qu'a prédit Ahmed al-Khateeb, ministre du Tourisme, lors d'une table ronde organisée dans le cadre du Forum d'investissement américano-saoudien.

M. Al-Khateeb a ajouté que le fait que l'Arabie saoudite soit de plus en plus perçue dans le monde comme un pays aux montagnes verdoyantes, aux îles magnifiques de la mer Rouge et à la culture accueillante et hospitalière témoigne du chemin parcouru par le secteur touristique du pays depuis le lancement, en 2016, de Vision 2030, le plan directeur visant à réduire la dépendance à l'égard du pétrole et à diversifier l'économie.

Les secteurs du tourisme et de l'hôtellerie ont connu une augmentation significative du nombre de visiteurs, passant de 50 millions de touristes nationaux et internationaux en 2019 à 115 millions en 2024, dépassant ainsi l'objectif ambitieux de 100 millions de touristes qui avait été fixé pour l'industrie dans le cadre de Vision 2030.

En 2024, a ajouté M. Al-Khateeb, avec 30 millions de visiteurs internationaux parmi ses 115 millions de touristes, l'Arabie saoudite était l'un des 10 pays les plus visités au monde.

arabie saoudite
The Line, une nouvelle mégapole actuellement en construction à Neom. (Neom)

«Je suis extrêmement enthousiaste», a déclaré M. Al-Khateeb. «Nous débordons d’énergie pour bâtir ce nouveau secteur, libérer le formidable potentiel de notre grand pays, et partager la richesse de notre culture avec les visiteurs du monde entier.»

«D’ici à 2030, le tourisme deviendra, après le pétrole, le principal moteur de notre économie», a-t-il ajouté.

Pendant des décennies, la production pétrolière a représenté 85 à 90% du PIB de l'Arabie saoudite, mais depuis 2016, des changements importants se sont produits et le pétrole représente désormais moins de 55% du PIB.

Depuis 2019, le Royaume a ouvert ses frontières à près de 65 pays, délivrant des visas électroniques pour ceux qui visitent ses attractions touristiques naturelles et artificielles, des spectaculaires montagnes d'Asir dans le sud de l'Arabie saoudite aux anciens mystères d'AlUla dans le nord.

Le rédacteur en chef d'Arab News, Faisal J. Abbas, a animé une session sur les grands projets du Royaume. (AFP)

À Riyad, a-t-il ajouté, les touristes peuvent trouver un large choix d'attractions sportives, culturelles et d'aventures, et il y a encore beaucoup à voir dans la mer Rouge et à découvrir dans les deux villes saintes de La Mecque et de Médine.

M. Al-Khateeb a souligné qu'une population saoudienne jeune, bien éduquée et dynamique est essentielle pour la croissance du secteur du tourisme, dont la part de la main-d'œuvre est passée de 2% à 7% en moins de dix ans.

Le ministère a pour objectif d'accueillir 50 millions de touristes internationaux d'ici 2030, plaçant ainsi le Royaume parmi les cinq pays les plus visités. Il prévoit également d'augmenter la contribution du secteur au PIB de 5% actuellement à 10% d'ici la même année.

«Nous avons mis en place un secteur touristique capable de répondre aux attentes de tous les types de voyageurs», a déclaré M. Al-Khateeb. «Qu’ils viennent pour affaires, pour le loisir et le divertissement, ou dans un but religieux afin de visiter les deux villes saintes, chacun trouvera une offre adaptée.»

À propos du partenariat entre les deux pays, le ministre a souligné que l’Arabie saoudite s’était inspirée des meilleures pratiques du secteur touristique américain – un leader mondial – notamment en matière de conférences, de divertissement et de transport aérien.

«Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires et amis américains. Nous envoyons de jeunes Saoudiens se former aux États-Unis, tant sur le plan académique que professionnel, afin de bénéficier du meilleur de l’expertise touristique», a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Middle East Energy 2026: la France mise sur des réseaux électriques plus intelligents et résilients dans le Golfe

 La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
Short Url
  • Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures
  • À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035

DUBAÏ : La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. À travers un pavillon dédié de Business France, 13 entreprises françaises présenteront leurs technologies et leur expertise dans des domaines allant de la protection des réseaux à l’intégration des énergies renouvelables.

Cette participation intervient alors que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) accélèrent la transformation de leurs systèmes électriques. L’augmentation de la demande en électricité, le développement rapide des énergies renouvelables et la numérisation des économies régionales placent désormais les réseaux électriques au cœur des stratégies énergétiques.

Pour la France, cette évolution ouvre un espace important pour ses entreprises spécialisées dans les infrastructures électriques, l’automatisation, la cybersécurité des systèmes industriels, le stockage et l’alimentation électrique critique.

Des investissements massifs dans les infrastructures électriques

Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures énergétiques et de ses réseaux intelligents.

À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035. L’objectif est de recourir davantage aux technologies numériques, à l’automatisation et à l’analyse des données afin d'améliorer la fiabilité et l’efficacité du réseau et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

Le mouvement dépasse les frontières des Émirats. Dans l’ensemble du CCG, les interconnexions électriques et la flexibilité des réseaux deviennent des priorités à mesure que les capacités de production évoluent.

Parmi les projets structurants figure notamment l’interconnexion directe entre Oman et le réseau électrique du CCG, portée par la GCC Interconnection Authority. Le projet prévoit environ 530 kilomètres de lignes de transport à 400 kV, afin de renforcer les échanges d’électricité entre Oman et le réseau régional et d’accroître la résilience du système électrique.

Le réseau, nouveau pilier de la transition énergétique

La transformation du secteur énergétique du Golfe ne se limite plus à la construction de nouvelles capacités de production. Elle concerne désormais l’ensemble de l’infrastructure permettant de transporter, distribuer, contrôler et sécuriser l’électricité.

Cette évolution est particulièrement importante avec l’essor du solaire et d’autres sources renouvelables, dont la production peut être variable. Les réseaux doivent ainsi devenir plus flexibles et capables de gérer des flux d’électricité plus complexes.

À l’échelle mondiale, les besoins d’investissement sont considérables. Selon le rapport Electricity 2026 de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements annuels dans les réseaux électriques devront augmenter d’environ 50 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau actuel d’environ 400 milliards de dollars, pour suivre la croissance de la demande mondiale.

La résilience des infrastructures, leur capacité à intégrer les énergies renouvelables et leur numérisation deviennent ainsi des enjeux stratégiques, aussi bien pour les économies développées que pour les marchés du Golfe.

Un partenariat franco-émirati qui s’élargit

La présence française à Middle East Energy s'inscrit également dans le renforcement des relations économiques entre Paris et Abou Dhabi.

Les Émirats arabes unis constituent le premier client de la France dans le Golfe. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 10,8 milliards d’euros en 2025, contre 8,5 milliards en 2024 et 7,4 milliards en 2023.

La coopération bilatérale s’étend désormais à plusieurs secteurs stratégiques, notamment la transition énergétique, la lutte contre le changement climatique, les technologies avancées et l’intelligence artificielle.

En février 2025, Masdar, TotalEnergies et 2PointZero ont notamment signé un accord-cadre visant à favoriser le développement de l’accès aux énergies propres dans les marchés émergents, dans le cadre du UAE-France High-Level Business Council.

Cette coopération s’appuie également sur le Partenariat stratégique global dans le domaine de l’énergie, établi entre la France et les Émirats en 2022.

Treize entreprises françaises au rendez-vous

Le pavillon français réunira 13 entreprises couvrant plusieurs segments de la chaîne de valeur électrique.

Dans le domaine de la protection et de la résilience des réseaux, CITEL-2CP, France Paratonnerres, INDELEC, OBSTA et SERGI Transformer Protector présenteront notamment des solutions de protection contre les surtensions et la foudre, de prévention des explosions et incendies de transformateurs, ainsi que des technologies destinées aux infrastructures critiques.

Sur le volet de la mesure, de la supervision et de l’automatisation, Chauvin Arnoux Middle East / Chauvin Arnoux Energy, AOIP et Straton Automation proposeront des solutions de surveillance des réseaux électriques, de test et mesure, d’étalonnage et d’automatisation industrielle.

Michaud Export, Transalpes Composite et SOC EXPL General Produits Industriels mettront pour leur part en avant leur expertise dans les réseaux de distribution basse tension, les supports de réseaux et les solutions industrielles isolantes.

Enfin, EnerSys, Infosec UPS System et Terracotta présenteront des solutions liées à l’alimentation électrique critique, notamment les batteries, les chargeurs, les systèmes d’alimentation sans interruption et les équipements électriques.

Au-delà de la diversité des technologies présentées, cette présence française illustre une volonté de se positionner sur l’ensemble de la transformation des réseaux électriques du Golfe.

Alors que les pays de la région cherchent à concilier croissance de la demande, déploiement des renouvelables et sécurité énergétique, la prochaine étape de leur transition pourrait bien se jouer moins dans la seule capacité de produire davantage d’électricité que dans celle de disposer de réseaux capables de la transporter, de la gérer et de la sécuriser plus intelligemment.


La carte Visa marque le retour de la Syrie dans le système financier mondial: Al-Sharaa utilise sa carte pour acheter un café

« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
Short Url
  • Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans
  • « Prêts à reconstruire la nation », déclare Ahmad Al-Sharaa

RIYAD: « En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? »

D’un simple geste sur un terminal de paiement à Damas, le président Ahmad Al-Sharaa a marqué le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme et le retour de ce pays arabe au sein du système financier mondial.

Dans une vidéo diffusée tôt jeudi matin, Al-Sharaa a utilisé une carte Visa pour payer un café alors qu’il était assis aux côtés de Safwat Raslan, le gouverneur de la banque centrale de la République arabe syrienne.

Raslan a publié la vidéo sur X, en déclarant : « Assister à ce moment aux côtés de Son Excellence le président Ahmad Al-Sharaa, et voir le premier paiement par carte Visa s'effectuer au cœur de Damas le lendemain du retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, est pour moi un sentiment difficile à exprimer avec des mots. »


Lundi, les États-Unis ont franchi une étape historique en retirant la Syrie de cette liste après 47 ans, libérant ainsi ce pays arabe des graves conséquences économiques liées à cette désignation.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué : « La mesure prise aujourd’hui contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique. »

Les rebelles menés par Al-Sharaa ont renversé Bachar al-Assad, qui dirigeait la Syrie depuis longtemps, en décembre 2024, au terme d’une guerre civile dévastatrice qui a duré 13 ans.

Al-Sharaa a salué cette décision en déclarant : « La Syrie se débarrasse d’une tache sombre et tourne la page sur un chapitre douloureux de son passé pour s’engager sur la voie du développement, de la reconstruction et du renouveau. »


Le ministre saoudien de l’Investissement : «Notre économie offre d’importantes opportunités aux entreprises françaises»

 Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
Short Url
  • M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.
  • Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne

PARIS: Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, a déclaré lundi que les investissements directs étrangers (IDE) français en Arabie saoudite avaient atteint 16,3 milliards d’euros, soulignant que la France était la quatrième source d’IDE du Royaume.

Il a ajouté que la présence des entreprises françaises en Arabie saoudite s’étendait désormais à plus de 18 secteurs.

S’exprimant lors de l’ouverture de la Table ronde franco-saoudienne sur l’investissement organisée à Paris, à laquelle participait également Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.

Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle en France du prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane. Organisée par le ministère de l’Investissement, elle rassemble des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise et des dirigeants de grandes sociétés des deux pays.

Les discussions portent sur les opportunités d’élargir les partenariats dans des secteurs tels que l’industrie, les transports et la logistique, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, entre autres. La signature de nouveaux accords et protocoles d’accord est également prévue.

L’énergie, domaine phare de la coopération

Le ministre de l’Investissement a souligné que le secteur du pétrole et du gaz figurait parmi les industries les plus susceptibles de bénéficier du renforcement des relations saoudo-françaises, compte tenu de la présence de longue date des entreprises françaises dans le secteur énergétique du Royaume.

La coopération s’étend également à l’ensemble du paysage énergétique, notamment aux énergies renouvelables, à l’hydrogène et aux infrastructures de réseau, tandis que les entreprises françaises continuent de renforcer leur présence dans les domaines de l’énergie, de l’industrie, des transports, de la construction, de l’eau et des services.

L’énergie reste l’un des domaines phares de l’engagement français en Arabie saoudite, parallèlement aux opportunités croissantes dans de nouveaux secteurs étroitement liés à la dynamique de diversification économique du Royaume dans le cadre de la Vision 2030.

De l’énergie et de l’industrie à l’intelligence artificielle

Le partenariat d’investissement entre les deux pays s’étend de plus en plus au-delà des secteurs traditionnels pour s’orienter vers la nouvelle économie, en particulier l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la culture, les industries créatives et l’exploitation minière.

L’intégration de ces secteurs à l’ordre du jour de la table ronde reflète les efforts des deux parties pour transformer des liens économiques bien établis en partenariats d’investissement dans certains des secteurs connaissant la croissance la plus rapide, en tirant parti de la demande croissante sur le marché saoudien et des capacités technologiques et industrielles des entreprises françaises.

Les entreprises françaises sont déjà présentes dans des secteurs tels que les transports et la logistique, les services liés à l’eau et à l’environnement, l’hôtellerie et la santé. À mesure que l’économie saoudienne poursuit son expansion, de nouvelles opportunités apparaissent dans les domaines des technologies de pointe et de l’industrie manufacturière.