L'actrice Christine Hakim à Cannes pour soutenir la «nouvelle vague» du cinéma indonésien

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Publié le Mercredi 14 mai 2025

L'actrice Christine Hakim à Cannes pour soutenir la «nouvelle vague» du cinéma indonésien

  • "Nous amenons à Cannes de jeunes cinéastes talentueux pour présenter cette nouvelle vague. C'est important pour l'avenir du cinéma indonésien et je crois que l'impact sera grand", résume-t-elle
  • A 68 ans, Christine Hakim, grande dame du cinéma indonésien révélée dès 1973 dans "Cinta Pertama" et reconnue à l'étranger notamment grâce à "L'Homme qui dort", du Japonais Kohei Oguri, n'a rien perdu de sa passion pour le 7e art

JAKARTA: Membre en 2002 du jury présidé par David Lynch, l'actrice indonésienne Christine Hakim explique dans un entretien avec l'AFP qu'elle retourne cette année au Festival de Cannes pour promouvoir la "nouvelle vague" du cinéma de son pays.

"Nous amenons à Cannes de jeunes cinéastes talentueux pour présenter cette nouvelle vague. C'est important pour l'avenir du cinéma indonésien et je crois que l'impact sera grand", résume-t-elle.

A 68 ans, Christine Hakim, grande dame du cinéma indonésien révélée dès 1973 dans "Cinta Pertama" et reconnue à l'étranger notamment grâce à "L'Homme qui dort", du Japonais Kohei Oguri, n'a rien perdu de sa passion pour le 7e art.

Actrice, elle est aussi devenue productrice pour donner naissance en 1998 à "Daun di Atas Bantal" ("Feuille sur un Oreiller"), réalisé par Garin Nugroho.

Sélectionné à Cannes dans la catégorie Un certain regard, le long-métrage où elle tient l'un des rôles principaux est devenu un classique du cinéma du vaste archipel.

Garin Nugroho, à qui elle a donné sa chance et qui depuis n'a cessé de tourner ("Opera Jawa", "Samsara"), fait partie de la délégation indonésienne d'une soixantaine de professionnels présents à Cannes, notamment au Marché du film, en compagnie également de la productrice Yulia Evina Bhara, membre cette année du jury de la Semaine de la Critique.

Cette dernière, à la tête de la société KawanKawan Media, coproduit "Renoir", réalisé par le Japonais Chie Hayakawa, en compétition officielle pour la Palme d'or. Celle-ci sera attribuée à la clôture du festival, le 24 mai.

"Garin Nugruho sera là, mais aussi le prometteur et multitalentueux Reza Rahadian, ainsi que Robby Ertanto, (Yosep) Anggi Noen, primé dans de nombreux festivals, ou l'actrice Chelsea Islan", souligne encore Mme Hakim, longtemps proche de Bertrand Tavernier.

"40 ans plus tard" 

"Je suis heureuse de revenir à Cannes, pour les jeunes cinéastes indonésiens, car je dois rendre à la jeune génération ce que le cinéma m'a donné", confie celle qui a rendu un hommage plein d'émotion à Pierre Rissient, son "frère".

Ce grand personnage du cinéma français, méconnu du grand public, tour à tour producteur, programmateur et découvreur de talents, disparu en 2018, a contribué à la reconnaissance de nombreux cinéastes, dont Clint Eastwood, Jane Campion ou Quentin Tarantino, et mis en lumière le cinéma asiatique.

Grâce à lui, Cannes a pu découvrir en 1989 "Tjoet Nja'Dhien" d'Eros Djarot, avec Christine Hakim au générique, sélectionné à La Semaine de la critique et tout premier film indonésien projeté sur la Croisette.

"Je n'oublierai pas que Pierre m'avait invitée à la projection en compétition de +Pale Rider+, de Clint Eastwood, en 1985. Quarante ans plus tard, je reviens à Cannes et je dois être là aussi pour ce que Pierre a fait pour le cinéma indonésien et asiatique", ajoute encore l'amie balinaise de Julia Roberts dans "Eat, Pray, Love", sorti en 2010.

Pays de 280 millions d'habitants, l'Indonésie possède un marché du cinéma très dynamique, avec pas moins de 126 millions d'entrées en salle en 2024 et 285 films produits en 2024, soit autant qu'en France.

Les films d'horreur représentent la moitié de la production et des entrées, tandis que le cinéma d'auteur reste modeste. Jakarta souhaite néanmoins l'encourager, avec l'appui de la France et du Centre national de la Cinématographie (CNC). Via, par exemple, des coproductions France-Indonésie, notamment avec KawanKawan Media, qui a produit "Tiger Stripes", sélectionné à La Semaine de la critique en 2023.

Le soutien au cinéma, dans le cadre d'un "partenariat culturel", constituera du reste "une priorité" de la visite d'Etat du président Emmanuel Macron en Indonésie à la fin mai, a indiqué l'ambassade de France.

"Nous avons beaucoup de jeunes cinéastes récompensés dans des festivals internationaux, comme Kamila Andini à Toronto", a aussi relevé la jeune actrice Asmara Abigail, dans laquelle Christine Hakim fonde beaucoup d'espoir.

"Nous produisons beaucoup de genres différents. Sur le modèle de ce qu'a connu le cinéma sud-coréen, je pense donc que c'est un moment fructueux pour le développement du cinéma indonésien", a ajouté l'actrice de 33 ans, révélée dans des films de Joko Anwar ("Satan's Slaves", "Impetigore") et qui tiendra un rôle principal dans "The Ghost and the Gun", tourné en juin prochain à Bali et dont le projet sera présenté à Cannes.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".