L'armée libanaise lancera à la mi-juin une opération de désarmement dans les camps palestiniens de Beyrouth

Des personnes passent devant un portrait du chef politique du mouvement palestinien Hamas, Ismail Haniyeh, dans une allée étroite du camp de réfugiés palestiniens de Burj al Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 20 mai 2025. (AFP)
Des personnes passent devant un portrait du chef politique du mouvement palestinien Hamas, Ismail Haniyeh, dans une allée étroite du camp de réfugiés palestiniens de Burj al Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 20 mai 2025. (AFP)
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Publié le Samedi 24 mai 2025

L'armée libanaise lancera à la mi-juin une opération de désarmement dans les camps palestiniens de Beyrouth

  • Les parties libanaise et palestinienne se sont mises d'accord pour lancer un plan "visant à retirer les armes des camps à partir de la mi-juin", a déclaré une source à l'AFP
  • Par convention de longue date, l'armée libanaise se tient à l'écart des camps palestiniens

BEYROUTH : La commission mixte libano-palestinienne, qui s'est réunie vendredi en présence du Premier ministre libanais Nawaf Salam, a convenu de commencer à appliquer les directives énoncées dans la déclaration commune publiée à l'issue du sommet libano-palestinien qui s'est tenu mercredi à Beyrouth, en ce qui concerne la restriction des armes aux mains de l'État libanais.

« Le 16 juin marquera le début du déploiement de l’armée libanaise dans les camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth, notamment à Shatila, Mar Elias et Burj al-Barajneh, dans le but de reprendre le contrôle des armes détenues par les factions palestiniennes », a déclaré une source au sein du gouvernement de M. Salam à Arab News.

« Cette mesure impliquera des patrouilles de l'armée libanaise à l'intérieur de ces camps, suivies de phases ultérieures visant les camps de la Bekaa, du nord du Liban et du sud, en particulier Ain Al-Hilweh, le camp de réfugiés palestiniens le plus grand, le plus densément peuplé et le plus diversifié en termes de factions au Liban, englobant des factions affiliées ou non à l'organisation de libération », a ajouté la source. 

La source a indiqué que "la date de mise en œuvre sera communiquée à toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas" et que "les factions se réuniront pour convenir du mécanisme, et que des pressions seront exercées sur tout groupe qui refusera de renoncer à ses armes".

En ce qui concerne la position antérieure du Hamas, qui liait la remise de ses armes à celle du Hezbollah, la source a rapporté qu'"il n'y a pas de lien entre ces deux questions. Une fois le processus de désarmement entamé, ni le Hamas ni aucune autre faction ne pourra l'entraver ou le gêner."

La source a déclaré que les acteurs arabes et régionaux soutiennent activement le Liban pour faciliter le processus de désarmement.

M. Salam a salué la décision du président palestinien Mahmoud Abbas de "résoudre la question des armes palestiniennes dans les camps", notant "l'impact positif de cette décision sur le renforcement des relations libano-palestiniennes et l'amélioration des conditions humanitaires et socio-économiques des réfugiés palestiniens".

Il a affirmé "l'adhésion du Liban à ses principes nationaux".

M. Salam a appelé à "la mise en œuvre rapide de mesures pratiques par le biais d'un mécanisme d'exécution clair et d'un calendrier défini".

Selon un communiqué, les deux parties ont convenu "de lancer un processus de remise des armes selon un calendrier précis, accompagné de mesures pratiques visant à renforcer les droits économiques et sociaux des réfugiés palestiniens, et d'intensifier les réunions conjointes et la coordination afin de mettre en place les dispositions nécessaires pour commencer immédiatement à mettre en œuvre ces directives".

Une déclaration publiée à l'issue des entretiens entre M. Abbas et M. Joseph Aoun, président du Liban, réaffirme "leur attachement au principe selon lequel les armes doivent être exclusivement entre les mains de l'État libanais, la nécessité de mettre fin à toute manifestation contredisant la logique de l'État libanais et l'importance du respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Liban".

Depuis la Nakba - le nettoyage ethnique des Palestiniens par leur déplacement violent et la dépossession de leurs terres, ainsi que la suppression de leurs droits politiques - le Liban compte 12 camps de réfugiés palestiniens.

Selon le recensement de la population et du logement dans les camps et rassemblements palestiniens au Liban, 72,8% des Palestiniens vivant dans les camps sont confrontés à des conditions de vie désastreuses. Les autres sont des Syriens, des Libanais et d'autres étrangers, dont la majorité sont des travailleurs étrangers.

Lors de sa visite, M. Abbas a rappelé que "les camps de réfugiés sont sous la souveraineté de l'État libanais et de l'armée libanaise, et la présence d'armes dans les camps en dehors de l'autorité de l'État affaiblit la nation. Toute arme qui n'est pas sous le commandement de l'État affaiblit le Liban et met en danger la cause palestinienne".

Hisham Debsi, directeur du Centre Tatweer pour les études stratégiques et le développement humain et chercheur palestinien, a qualifié la déclaration conjointe libano-palestinienne de "document fondateur qui fonctionne comme un cadre politique, éthique et souverain". S'opposer à ses positions déclarées équivaudrait à rejeter le serment d'office et la déclaration ministérielle du gouvernement libanais".

"La déclaration commune a bloqué toute manœuvre potentielle du Hamas pour conserver ses armes, puisque la déclaration confère à l'État libanais une légitimité palestinienne totale pour retirer sa protection à tout individu palestinien armé. Abou Mazen (Abbas) a renforcé cette position à plusieurs reprises lors de ses réunions à Beyrouth," a expliqué M. Debsi.

Selon lui, "aucune faction ne peut désormais défier l'autorité libanaise et palestinienne compte tenu de cette position unifiée".

M. Debsi a mis en évidence "une division fondamentale au sein de la branche libanaise du Hamas, un camp prônant la transformation en un parti politique et l'autre soutenant le maintien des liens avec les groupes soutenus par l'Iran".

"Ceux qui s'opposent au désarmement du Hamas devront faire face à des conséquences politiques et sécuritaires, d'autant plus que les résidents des camps cherchent à restructurer leurs communautés au-delà de la résistance armée, qui est devenue obsolète et doit évoluer vers un plaidoyer pacifique," a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.