L'exposition "Gulf Art Movements" présente l'histoire des créateurs arabes

Aisha Stoby, commissaire invitée, lors d'une visite de l'exposition pour les médias. (Photo Fournie)
Aisha Stoby, commissaire invitée, lors d'une visite de l'exposition pour les médias. (Photo Fournie)
Abdulhalim Radwi, Harat Al-Sham in Al-Balad, 1985, Collection Art Jameel. (Nada Hameed)
Abdulhalim Radwi, Harat Al-Sham in Al-Balad, 1985, Collection Art Jameel. (Nada Hameed)
Thuraya Al Baqsami, l'œuvre intitulée : Funérailles, 1985. Fondation d'art Barjeel, Sharjah. (Nada Hameed)
Thuraya Al Baqsami, l'œuvre intitulée : Funérailles, 1985. Fondation d'art Barjeel, Sharjah. (Nada Hameed)
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Publié le Dimanche 25 mai 2025

L'exposition "Gulf Art Movements" présente l'histoire des créateurs arabes

  • 50 artistes des années 1930 aux années 2000 à l'exposition Hayy Jameel de Jeddah.
  • La conservatrice Aisha Stoby souligne le rôle moteur des artistes.


DJEDDAH : Art Jameel a inauguré jeudi l'exposition "Gulf Art Movements", qui retrace l'évolution des créateurs modernes dans le golfe Persique entre les années 1930 et le début des années 2000.

L'exposition à Hayy Jameel à Jeddah, intitulée "Redrawing the Boundaries : Art Movements and Collectives of the 20th Century Khaleej" a été inaugurée le 22 mai et se poursuivra jusqu'au 15 octobre.

Elle présente des œuvres de plus de 50 artistes, provenant de 20 collections publiques et privées, et retrace l'évolution des mouvements artistiques modernes dans le golfe Persique des années 1930 au début des années 2000.

L'exposition "Redrawing the Boundaries" explore l'émergence et le développement des principaux mouvements artistiques à Bahreïn, au Koweït, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

Elle examine la manière dont les artistes ont réagi aux bouleversements de leur environnement urbain et de leur société, tout en abordant des thèmes tels que l'évolution des paysages, les sphères publiques et privées et l'essor des institutions artistiques officielles.

L'exposition comprend des œuvres de la collection Art Jameel ainsi que des prêts de collections publiques et privées de premier plan, dont Mathaf : Arab Museum of Modern Art, Barjeel Art Foundation, la collection du ministère de la culture, des sports et de la jeunesse du Sultanat d'Oman, et la Sharjah Art Foundation.

Avec plus de 80 œuvres, l'exposition met en lumière une variété d'influences, du folklore et des traditions locales aux mouvements modernistes occidentaux, en passant par les cultures visuelles égyptiennes et sud-asiatiques.

De l'abstraction calligraphique de Hurufiyya, un mouvement artistique explorant le potentiel de l'écriture arabe, à l'éthique expérimentale de collectifs tels que The Five, The Circle et Shatta Collective, l'exposition capture l'esprit d'innovation qui a défini une génération d'artistes.

Ces artistes ont non seulement façonné les mouvements artistiques nationaux, mais ils ont aussi travaillé en collaboration, fondé des institutions et envisagé de nouveaux avenirs pour l'art dans le Golfe.

L'exposition s'inscrit dans le prolongement d'une autre exposition organisée par Aisha Stoby, intitulée "Khaleej Modern : Pioneers and Collectives from the Arabian Peninsula", qui s'est tenue à la New York University Abu Dhabi Art Gallery en 2022.

Dans un entretien exclusif avec Arab News, Aisha Stoby s'est exprimée sur son approche curatoriale.

"Il s'agit d'artistes qui ne sont pas seulement des figures fondatrices de leurs pratiques, qui sont sans conteste des chefs de file des mouvements artistiques dans leur propre pays, mais qui ont été influents à travers tous ces critères.

"Ils établissaient des institutions, jouaient un rôle de mentor et construisaient des mouvements. C'était donc au-delà de l'œuvre d'art".

L'exposition est organisée en quatre sections thématiques : "Le paysage et la sphère publique", "L'identité et l'espace privé", "L'abstraction et l'éphémère" et "La nouvelle vague conceptuelle".

Stoby a déclaré : "Pour moi, ce qui est apparu très clairement, c'est que si l'on examine le matériel par thème, il s'accompagne de chronologies et de géographies.

"Il m'a semblé que la manière la plus naturelle de faire ressortir ces conversations était de les placer dans une structure thématique", a-t-elle ajouté.

L'exposition s'ouvre sur une paire de peintures dans la première section, consacrée au paysage et à l'espace public. Les deux œuvres, réalisées par Abdulkarim Al-Orrayed et Abdulhalim Radwi, donnent le ton d'un dialogue entre les villes, les histoires et les héritages artistiques.

Al-Orrayed, figure emblématique de l'art moderne bahreïnien et force fondatrice de nombreux ateliers et institutions artistiques, présente une grande peinture qui capture le développement de Manama - ses maisons, ses bâtiments et l'évolution de son identité urbaine.

À l'inverse, l'œuvre de Radwi capture l'effervescence du quartier historique de Jeddah, Al-Balad. Sa représentation du mouvement et de l'agitation évoque le riche rythme culturel de la ville.

Exposées côte à côte, ces œuvres créent l'un des moments préférés de Stoby dans l'exposition, "Une conversation entre deux centres-villes", reflétant des expériences régionales partagées à travers des lentilles locales.

La deuxième section présente des œuvres historiques et profondément émotionnelles, notamment deux œuvres évocatrices de l'artiste koweïtienne Thuraya Al-Baqsami.

Créées pendant la guerre du Golfe, l'une d'entre elles, "Note to the Invasion" et "The Parting", représente deux personnes qui s'aiment et qui sont séparées. L'œuvre explore les thèmes de la séparation, de la perte, de la migration et de la résilience.

"Une œuvre reflète la dévastation d'un conflit, tandis que l'autre parle de la tendresse douloureuse d'amoureux séparés par la guerre. Ces œuvres d'art font plus que documenter - elles humanisent un traumatisme collectif vécu dans le Golfe", a déclaré M. Stoby.

Dans la troisième section, consacrée à l'abstraction et à l'éphémère, un autre mur accueille les visiteurs avec trois œuvres interconnectées. Parmi elles, une œuvre d'Abdulhalim Radwi représentant le Hajj, provenant du Mathaf : Musée arabe d'art moderne.

"Il s'agit d'un acte symbolique de retour à la maison, puisque l'œuvre retourne à Djeddah, la ville qu'elle représente. À côté de l'œuvre, on trouve "Worshippers Leaving the Mosque" d'Abdulrahman Al-Soliman.

"Ensemble, ces peintures résonnent comme un dialogue spirituel entre deux artistes pionniers : l'un ancré à Djeddah, l'autre à Riyad.

"Le mur se prolonge avec les contributions de Khalifa Al-Qattan et Ali Al-Mahmeed, des artistes qui réfléchissent aux multiples façons dont la religion est vécue au quotidien dans la région", a déclaré M. Stoby.

Enfin, à l'étage supérieur, où les œuvres conceptuelles et les nouveaux médias occupent le devant de la scène, un film profondément symbolique de l'artiste omanais Anwar Sonya se distingue.

Connu pour ses paysages et ses relations artistiques transfrontalières, Sonya tourne ici son objectif vers la mémoire et le mythe. L'œuvre a commencé comme un documentaire sur une femme éminente qui dirigeait une institution artistique au Koweït.

Pendant le tournage, une lecture dans une tasse à café lui prédit une vie longue et dynamique, avant qu'elle ne décède peu de temps après.

"Le projet s'est transformé en une réflexion élégiaque sur la mortalité, le folklore et les fils invisibles qui lient les vies et les héritages. C'est devenu une œuvre d'art qui se penche sur sa mémoire", a déclaré M. Stoby.

Il dépeint "notre relation au mythe, ce qui est réel et le sens auquel nous pouvons nous raccrocher", a ajouté M. Stoby.

Nora Razian, directrice adjointe d'Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré que l'exposition "Redrawing the Boundaries" offrait "une refonte convaincante du modernisme".

Nora Razian a ajouté qu'elle apportait "une contribution significative à l'étude et à la compréhension d'une esthétique distincte qui s'est développée à travers le Khaleej, en se concentrant sur les années 1930 jusqu'au début des années 2000, une période de formation de l'État, de construction de la nation et de transformation sociale".

Elle ajoute que l'exposition "met en évidence les rôles critiques et fondamentaux que les artistes ont joués en façonnant les institutions et en cultivant des communautés créatives pendant les périodes de transformation". 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".