"L’architecture de la connexion" au pavillon saoudien de Venise

(Avec l'autorisation de la Commission de l'architecture et du design, le commissaire du pavillon national de l'Arabie saoudite)
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Publié le Samedi 24 mai 2025

"L’architecture de la connexion" au pavillon saoudien de Venise

  • Sara Alissa et Nojoud Alsudairi parlent de leur travail pour la Biennale d'architecture de Venise de cette année.

VENISE : « La broderie que vous voyez représente ce qu’il reste du tissu vernaculaire dans le centre de Riyad », explique Sara Alissa, l'une des deux fondatrices de Syn Architects, un petit cabinet de recherche fondé en 2019 avec Nojoud Alsudairi. « Ce qui est intéressant, c’est que lorsque les visiteurs comprennent ce que la broderie évoque, ils sont soit frappés par la quantité qui subsiste, soit par la rareté de ce qui demeure. »

Alissa est assise sur une longue table sculpturale qui occupe l'axe central du pavillon national de l'Arabie saoudite. C'est le deuxième jour des avant-premières de la Biennale d'architecture de Venise, et tous les regards sont tournés vers "L'école Um Slaim, une architecture de la connexion". Présentée jusqu'au 23 novembre et commandée par la Commission d'architecture et de design du ministère de la culture, l'exposition est un moment de vérité pour Alissa et Alsudairi, qui ont consacré leur carrière à la conception d'architectures sensibles à l'environnement.

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Conçu comme une archive vivante et un centre de rassemblement communautaire, le pavillon présente le travail du collectif Um Slaim, un espace de recherche, d'exposition et d'atelier fondé par Syn Architects en 2021. Dédié à l'étude du déplacement de l'architecture Najdi dans le centre de Riyad, le collectif - ou laboratoire - est une manifestation physique de la recherche du cabinet, qui s'appuie sur les théories architecturales locales, les pratiques créatives et les histoires environnementales pour examiner l'impact de l'expansion urbaine rapide sur le centre de Riyad. Selon Alsudairi, qui n'a pas pu se rendre à Venise, il s'agit d'une tentative locale de collecter l'histoire, les données et la recherche afin de repenser à la fois les espaces urbains et les communautés de voisinage.  

Par essence, le pavillon est une évolution du travail du duo et sert de rampe de lancement à l'école Um Slaim - une plateforme pédagogique propositionnelle qui s'appuie sur le travail de Syn Architects et du collectif Um Slaim. Il s'agit donc d'une réévaluation du rôle des architectes dans une ville comme Riyad et d'un nouveau modèle d'enseignement de l'architecture en Arabie saoudite, qui associe des connaissances historiques à des pratiques contemporaines pour créer des espaces partagés d'apprentissage, de fabrication et d'échange culturel.

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Le pavillon national de l'Arabie saoudite à la Biennale d'architecture de Venise. (Avec l'aimable autorisation de la Commission de l'architecture et du design)

"C'est un laboratoire plus raffiné que celui que nous avons à Riyad", explique Alissa à propos du pavillon, dont le commissariat est assuré par Beatrice Leanza avec l'aide de l'artiste saoudienne interdisciplinaire et commissaire d'exposition Sara Almutlaq. "Nous ne savons pas ce qui va se passer, mais nous voulions présenter à Venise quelque chose dont nous pourrions bénéficier par la suite, et non quelque chose qui serait jeté juste après la fermeture de l'exposition. Nous voulions également créer une expérience et un sentiment avec lesquels les gens puissent repartir."  

Alissa est assise dans un "bâtiment dans le bâtiment". Située dans l'Arsenale - l'un des deux sites principaux de la biennale - l'exposition du pavillon présente quatre rangées d'échafaudages enveloppés de textiles superposés. Ces textiles, brodés de cartes représentant les neuf quartiers du centre de Riyad et de divers dessins, sont entrecoupés de films, d'écrits et de photographies, qui explorent tous les histoires et les relations tissées dans le tissu architectural de Riyad. L'exposition comprend une installation sonore immersive créée par Mohammed Alhamdan, qui superpose des enregistrements urbains de Riyad, de la construction de la ville et des chants traditionnels de bâtisseurs.  

L'installation d'Alhamdan est l'une des trois nouvelles commandes intégrées à l'exposition. Installée dans l'un des murs d'échafaudage, l'œuvre "Tamwenat Addirah" de l'artiste saoudienne Maha Malluh explore l'identité du quartier d'Um Slaim à travers des objets collectés sur le marché. Ailleurs, la photographie de Laurian Ghinițoiu documente les rythmes ritualisés de la vie quotidienne. Parallèlement, la photographie de Mansour Alsofi capture des bâtiments modernistes et postmodernistes de la ville, tandis que des photographies historiques et des livres d'archives retracent son développement urbain et architectural. Tous les artistes et photographes ont déjà collaboré avec Syn Architects.  

De nature éphémère, l'espace met en lumière certains des projets et interventions réalisés par Syn Architects au cours des cinq dernières années, notamment le centre culturel Shamalat, un ancien bâtiment en terre situé à la périphérie de Diriyah, qui a été transformé en centre culturel par Malluh et rénové par les architectes en 2022. Alissa et Alsudairi ont récemment reçu le prix Moira Gemmill pour l'architecture émergente pour leur réimagination de la maison traditionnelle en terre par le biais de la restauration et de l'ajout.

"Lorsque Nojoud et moi avons créé notre cabinet, nous nous sommes sentis investis d'une responsabilité", déclare Alissa. "Nous sommes de jeunes architectes saoudiens travaillant en ville et nous voulions créer, ou aider à créer, ce langage architectural contemporain dans le pays. Nous avons ressenti le besoin d'explorer réellement notre tissu bâti historique, mais aussi les valeurs qu'il renferme. Nous plaidons en faveur de la restauration au sens physique, mais aussi au sens immatériel, en rétablissant les valeurs de succès associées à l'architecture Najdi."

Le travail du duo habite l'espace métaphorique entre le bâtiment et l'échafaudage, explique Alsudairi, et cherche à défier à la fois la négligence et l'excès de romantisme - en faisant revivre les structures vernaculaires non pas comme des reliques ou des ruines, mais comme des éléments fonctionnels et vivants au sein du tissu urbain. Il examine également la manière dont la préservation culturelle et le design contemporain peuvent coexister. Ce faisant, leur objectif est de restaurer les connaissances, de préserver et, en fin de compte, de partager ce qu'ils ont appris.

"Nous ne voulions pas nous écarter du travail de base que nous avons effectué avec le collectif Um Slaim, et nous avons donc choisi de nous appuyer sur ce travail", explique Alsudairi. "Nous y avons vu une occasion précieuse d'élargir l'objectif de partage des connaissances du collectif et d'évoluer vers quelque chose de plus permanent. Pour l'instant, l'école est un projet propositionnel, mais imaginez la valeur de la création d'une école qui soit vraiment spécifique à un site, dans le sens où elle n'importe pas de connaissances, mais se développe à partir de son propre contexte."

Ces derniers mois ont été très mouvementés pour le jeune studio, qui a été propulsé sous les feux de la rampe depuis l'annonce de la création du pavillon saoudien au début du mois de février.   

"Avant de venir à Venise, j'ai dit à ma fille que je serais absente pour la biennale", raconte Alissa. "Elle a sept ans, elle est consciente et elle comprend en quelque sorte ce que nous faisons. Elle m'a dit : "Oh, j'espère que tu vas gagner à Venise". Je lui ai répondu qu'il ne s'agissait pas de gagner. Puis elle m'a envoyé un message disant : "Je me fiche que tu gagnes. Je suis juste heureuse que tu fasses ce que tu fais". C'était si gentil.  

"Parfois, nous nous sentons dépassés et nous ne sommes pas sûrs de vouloir continuer à cause de la difficulté de la situation. Mais ensuite, nous avons ces moments - que ce soit de la part de nos enfants, des gens qui nous entourent ou les uns des autres. Je pense que c'est quelque chose que nous disons rarement à voix haute, mais avoir un partenaire avec qui traverser tout cela est vraiment essentiel."

L'exposition s'accompagne d'un programme complémentaire de séances de travail et de séances publiques dirigées par Leanza et soutenues par l'architecte, chercheuse et photographe bahreïnienne Maryam AlNoaimi. Il comprend des conférences, des ateliers, des performances, des projections, des lectures et des promenades qui visent à favoriser le dialogue sur la manière dont l'architecture influence l'éducation et les pratiques communautaires.

"Je mentirais si je disais que nous avons un plan exact de notre destination, car cela ne faisait pas partie de nos plans", déclare Alissa. "Nous aspirions certainement à participer à la Biennale, mais jamais pour une durée aussi longue. Tant que nous continuons à apprendre en cours de route, je pense que l'objectif est de planter la graine avec cette école propositionnelle et de voir où cela nous mène."

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".