Les historiens rawi d'AlUla racontent des histoires vieilles comme le monde

Photo d'archives prise à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Photo d'archives prise à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Qasr Al-Farid, la plus grande tombe de Madain Saleh à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Qasr Al-Farid, la plus grande tombe de Madain Saleh à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Aljawharah Ibrahim Abdulkarim, un Rawi à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Aljawharah Ibrahim Abdulkarim, un Rawi à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Monuments anciens taillés dans la paroi rocheuse à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
Monuments anciens taillés dans la paroi rocheuse à AlUla. (Photo Fournie/RCU)
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Publié le Lundi 26 mai 2025

Les historiens rawi d'AlUla racontent des histoires vieilles comme le monde

  • Les conteurs perpétuent la tradition orale en guidant les touristes dans les villes anciennes.
  • Les récitants de poésie racontent l'histoire des sites historiques.

DJEDDAH : Dans le paysage intemporel d'AlUla, les histoires ne sont pas seulement gravées ou marquées dans la roche, elles sont portées par les cœurs et les voix de ses habitants.

Aljawharah Ibrahim Abdulkarim, conteuse orale au sein du département du patrimoine, de la culture et des événements de la Commission royale d'AlUla, fait partie de ceux qui préservent et partagent les souvenirs.

Elle a déclaré à Arab News : « Il y a plusieurs années, j'ai suivi un certain nombre de cours de guide touristique et j'ai décidé de faire carrière dans ce domaine. Je suis née et j'ai grandi à AlUla, j'ai donc grandi en entendant des histoires et en découvrant la vieille ville grâce à mes parents et aux membres de ma famille qui y ont vécu, ce qui m'a permis de mieux comprendre l'histoire du site ».

Pour Abdulkarim, raconter des histoires n'est pas seulement un travail, mais une mission. Originaire d'AlUla, elle allie authenticité et connaissances académiques dans les visites qu'elle organise. 

Elle a ajouté : « Comme j'ai vécu à AlUla toute ma vie, j'ai été témoin de sa transformation étonnante au fil des ans. Grâce à mon travail de rawi, j'ai pu constater de mes propres yeux l'avenir passionnant qui attend ce lieu unique. Toutes ces expériences ont contribué à enrichir mon histoire personnelle liée à AlUla ».

Le rawi a toujours joué un rôle important dans la culture arabe, en tant que récitant de poèmes et d'histoires.

Trilingue — elle parle couramment l'arabe, sa langue maternelle, ainsi que l'anglais et le français —, Mme Abdulkarim est la représentante de la prochaine génération de rawis qui montreront et raconteront les récits de leurs ancêtres.

Elle a déclaré : « J'ai commencé à apprendre l'anglais à Al-Aqsa. Plus tard, j'ai eu l'occasion de me rendre en France grâce à une bourse de l'UCR créée spécialement pour les étudiants d'AlUla. Là-bas, j'ai appris le français et j'ai obtenu un master en gestion de l'accueil international. 

Sa capacité à communiquer avec les visiteurs internationaux est devenue un atout majeur, et elle ajoute : « Le fait que je sois une rawi trilingue m'aide à mieux comprendre les touristes qui viennent à AlUla, à leur apporter des réponses plus personnalisées à leurs questions et à leur faire découvrir l'histoire particulière de cette région.

« J'ai également eu la chance de représenter AlUla et mes collègues lors de plusieurs conférences et campagnes dans le Royaume et à l'étranger, ce qui m'a permis de toucher un public encore plus large.

Alors que de nombreuses recherches ont été consacrées à des sites anciens tels que Dadan et Hegra, Abdulkarim est passionnée par la mise en lumière d'AlUla, en particulier l'histoire des habitants de la vieille ville.

Elle explique : « Il existe de nombreuses informations et recherches historiques sur les différentes civilisations anciennes, en particulier sur les sites de Dadan et d'Hegra. Cependant, lorsqu'il s'agit de sites tels que la vieille ville d'AlUla, la situation est tout à fait différente, car nous parlons d'histoire contemporaine. » 

Ce qui distingue sa narration, c'est son engagement à mêler exactitude historique et souvenirs personnels, sans pour autant les confondre.

Elle a déclaré : « Les gens qui ont vécu là sont toujours parmi nous aujourd'hui. »

« Lors de mes visites, je commence généralement par évoquer des faits historiques, puis j'évoque les souvenirs de mon père et de ma famille. Je veille à séparer les deux, afin que l'histoire et les histoires personnelles soient à la fois respectées et bien comprises ».

Au-delà de ces récits, Mme Abdulkarim invite régulièrement d'autres membres de la communauté à participer aux visites.

Elle ajoute : « Pendant nos visites, nous invitons également les membres de la communauté locale à participer en partageant leurs histoires et leurs connaissances, ce qui nous aide à raconter l'histoire plus large d'AlUla, à travers les voix de ceux qui l'ont vécue ». 

Ces efforts prennent une résonance particulière lors des visites thématiques où l'histoire devient profondément personnelle.

Elle a ajouté : « Par exemple, au cours de l'une de nos visites spéciales du Ramadan, intitulée Souvenirs du Ramadan, mon père a raconté comment les habitants de la vieille ville passaient ce mois sacré, en évoquant leurs habitudes quotidiennes, les aliments qu'ils préparaient, leur travail et leurs traditions les plus chères. En faisant cela, nous offrons à nos chers invités une expérience unique et personnelle. »

Préserver et présenter le patrimoine dans de tels moments, c'est plus que de simples histoires : c'est garantir la pérennité de la culture et de la voix pour les générations futures.

Elle a ajouté : « Partager notre patrimoine avec les gens est crucial : il est essentiel de le faire pour éviter qu'il ne se perde, d'autant plus que certains éléments du patrimoine peuvent également être immatériels. 

« AlUla est un joyau pour nous, et la préservation du patrimoine de la ville contribue non seulement à protéger notre passé, mais aussi à préserver notre présent et à façonner notre avenir. »

Cet avenir est activement protégé, et elle ajoute : « Aujourd'hui, par exemple, nous avons la première équipe de gardes du patrimoine saoudiens qui travaillent dur pour protéger notre patrimoine matériel dans nos sites historiques et archéologiques pour les générations à venir. »

À AlUla, le passé n'est pas oublié : il est parlé, entendu et transmis avec fierté. Grâce à des personnalités telles qu'Abdulkarim, ces histoires, certaines vieilles comme le monde, trouvent de nouvelles oreilles. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".