Les jeunes Saoudiens franchissent les barrières linguistiques pendant le Hajj

De jeunes volontaires saoudiens interviennent pour traduire et atténuer certaines des difficultés rencontrées par les pèlerins. (Photo d'archive)
De jeunes volontaires saoudiens interviennent pour traduire et atténuer certaines des difficultés rencontrées par les pèlerins. (Photo d'archive)
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Publié le Samedi 07 juin 2025

Les jeunes Saoudiens franchissent les barrières linguistiques pendant le Hajj

  • Les traducteurs bénévoles permettent aux pèlerins de surmonter les difficultés qu'ils rencontrent lorsqu'ils communiquent dans une langue étrangère.
  • La diversité de la communauté musulmane mondiale se reflète dans le nombre de langues parlées pendant le Hajj.

RIYAD : Chaque année, des millions de musulmans du monde entier arrivent à La Mecque pour le Hadj - unis par la foi mais parfois divisés par la langue.

Du turc à l'ourdou en passant par le swahili et le bahasa, la diversité des langues parlées dans les villes saintes est immense. Pour beaucoup, surmonter les barrières linguistiques tout en naviguant dans la logistique du Hajj peut s'avérer accablant.

C'est là que de jeunes volontaires saoudiens interviennent pour traduire et atténuer certaines des difficultés auxquelles les pèlerins sont confrontés.

"Nous parlons des langues différentes, mais nous sommes tous ici pour la même raison", explique Deema Ibrahim, 21 ans.

L'expérience de Deema Ibrahim en tant que traductrice bénévole a commencé par un changement de plan. "J'ai d'abord rejoint une équipe de services médicaux d'urgence", explique-t-elle. "Mais lorsque nous sommes arrivés, nous avons constaté que les ambulances étaient déjà pleines. Nous avons donc été réorientés vers le service d'orientation routière."

Son unité était basée près d'un hôtel qui accueillait des pèlerins non arabophones. Étant l'un des rares membres bilingues de son équipe, le rôle d'Ibrahim est devenu essentiel.

"J'ai également aidé des pèlerins sourds et muets par le biais d'appels vidéo à distance", explique-t-elle. "Cela m'a permis d'aider un plus grand nombre de personnes qui, autrement, auraient été laissées à elles-mêmes.

L'un des moments les plus émouvants qu'elle ait vécus a été l'aide apportée à une femme âgée qui avait été séparée de sa famille. "Elle ne se souvenait pas de grand-chose et ne pouvait pas communiquer clairement.

"Nous avons fini par trouver une carte avec le nom de son camp, nous les avons appelés et ses filles sont arrivées en courant. Elles ne s'attendaient pas à la retrouver. C'est un moment que je n'oublierai jamais.

"Je l'ai fait pour la récompense et pour les duas.

Saad Al-Harbi, 23 ans, a été encouragé par un ami à se porter volontaire.

"Il lui a dit : "Tu parles bien anglais, tu vis à La Mecque et tu es disponible - pourquoi ne pas aider en tant que guide de groupe et traducteur ?

La plupart des questions des pèlerins portaient sur l'itinéraire à suivre. "Ils demandaient comment se rendre à Arafat, où se déroulait la lapidation, ou comment naviguer d'un site à l'autre".

Mais ce qui l'a le plus marqué, c'est la gratitude. "Le dernier jour du Hadj, presque tous les membres de notre groupe sont venus me remercier. Ils m'ont dit que mon aide avait fait la différence. Cela signifiait tout."

Maha Al-Ahmari, 24 ans, qui parle couramment le turc, a aidé plusieurs pèlerins âgés d'origine turque ou turcophones qui faisaient partie d'un groupe de pèlerins nord-africains à Muzdalifah.

"Beaucoup d'entre eux étaient complètement désorientés et ne pouvaient pas communiquer avec la sécurité ou leur propre groupe", a-t-elle déclaré.

"Le simple fait de pouvoir parler leur langue les a instantanément calmés. Une femme m'a embrassé la main en guise de remerciement - je ne l'oublierai jamais.

Les efforts du Royaume pour améliorer les services aux pèlerins comprennent une signalisation multilingue, des applications intelligentes avec des fonctions de traduction, et du personnel formé dans les zones clés. Néanmoins, le contact humain est au cœur de tout ce que font les guides, en particulier lorsque les émotions sont fortes.

M. Ibrahim a déclaré que certains des cas les plus difficiles concernaient des pèlerins plus âgés, confus, malentendants ou souffrant de pertes de mémoire.

"La pression augmente pendant les jours de Nafr", dit-elle. "Les gens se perdent facilement. Et lorsqu'ils ne peuvent pas parler l'arabe ou l'anglais, le stress devient dangereux".

Elle reconnaît que l'organisation du gouvernement - des centres de surveillance aux systèmes d'identification des camps - aide les volontaires comme elle à rester efficaces. "Nous avons bénéficié d'un soutien, mais l'aspect humain - calmer quelqu'un, le rassurer - c'est nous qui l'avons assumé.

Faris Al-Turki, 28 ans, qui s'est porté volontaire à Mina, explique qu'il a utilisé Google Translate en temps réel pour aider un pèlerin d'Asie centrale. "Ce n'était pas parfait, mais ça a aidé. Il essayait de trouver ses médicaments et d'expliquer un problème de santé. Nous avons trouvé la solution.

Pour de nombreux bénévoles, la traduction est un acte d'adoration. C'est une façon de servir les invités d'Allah - un rôle qui revêt une profonde signification spirituelle dans la culture saoudienne.

"Il ne s'agit pas seulement de traduire des mots", explique M. Al-Harbi. "Vous traduisez l'émotion. Vous leur montrez qu'ils ne sont pas seuls".

Ibrahim est d'accord. "C'était épuisant, physiquement et mentalement, mais c'est la chose la plus enrichissante que j'aie jamais faite. Malgré nos différentes langues, nous étions tous dans le même espace sacré, pour la même raison. Cette unité, on la ressent.

En fin de compte, la plupart des volontaires ne cherchent pas à être reconnus. Ils travaillent souvent dans l'ombre, dans la chaleur, dans le chaos, parmi des étrangers.

Mais pour les pèlerins qui les rencontrent - ceux qui sont perdus, désorientés, effrayés - leur présence est inoubliable. Une voix calme. Une phrase familière. Un geste de patience.

Et lorsque les pèlerins rentrent chez eux, ils ne se souviennent peut-être pas de tous les bâtiments ou de tous les points de repère, mais ils se souviennent de ce jeune Saoudien qui s'est avancé, a compris leurs paroles et leur a donné le sentiment d'être vus. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com  


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.