À Grasse, la Centifolia, l'or rose des parfums de luxe

Un sac rempli de roses Centifolia est prêt à être transporté au laboratoire dans les jardins du Domaine de la Rose, propriété de Lancôme, une maison française de parfums et de produits de beauté de luxe, le 26 mai 2025. (Photo par Frédéric DIDES / AFP)
Un sac rempli de roses Centifolia est prêt à être transporté au laboratoire dans les jardins du Domaine de la Rose, propriété de Lancôme, une maison française de parfums et de produits de beauté de luxe, le 26 mai 2025. (Photo par Frédéric DIDES / AFP)
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Publié le Dimanche 08 juin 2025

À Grasse, la Centifolia, l'or rose des parfums de luxe

  • Lancôme, marque de luxe du groupe L'Oréal, qui fête ses 90 ans et réalise plus de 4 milliards d'euros de ventes annuelles, n'est pas la seule à récolter ces fleurs à Grasse.
  • Dans cette propriété de 7 hectares, achetée par Lancôme en 2020, les « quelques tonnes » de roses Centifolia récoltées seront utilisées dans 14 parfums en édition limitée, vendus à plus de 200 euros le flacon. 

GRASSE, FRANCE : « La plante que nous produisons ici est une matière première haute couture » : à Grasse, au Domaine de la Rose de Lancôme, la récolte de la rose Centifolia, rose privilégiée des parfums de luxe, touche à sa fin.

Lancôme, marque de luxe du groupe L'Oréal, qui fête ses 90 ans et réalise plus de 4 milliards d'euros de ventes annuelles, n'est pas la seule à récolter ces fleurs à Grasse, dont le savoir-faire en matière de parfums a été classé au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Dior, Chanel et Louis Vuitton sont aussi de la partie.

Avec sa bâtisse rose à la porte ronde et aux grandes baies vitrées, le Domaine de la Rose, ouvert au public une fois par mois, est bien plus qu'une belle vitrine pour Lancôme.

La marque y cultive également des fleurs telles que la rose Centifolia, le jasmin, la verveine ou encore l'iris qui serviront à ses parfums.

Dans cette propriété de 7 hectares, achetée par Lancôme en 2020, les « quelques tonnes » de roses Centifolia récoltées seront utilisées dans 14 parfums en édition limitée, vendus à plus de 200 euros le flacon. 

Ici, la rose Centifolia pousse entourée de murets en pierres sèches sur un terrain riche en calcaire et en argile, traversé par plusieurs sources d'eau.

La récolte, traditionnellement effectuée au mois de mai, n'a lieu qu'une fois que la rose a décidé de s'ouvrir. « Si vous ne cueillez pas le jour même... c'est perdu », souligne Antoine Leclef, responsable des cultures, qui surveille les 40 000 rosiers du domaine. Entre la récolte et la transformation en absolu (extrait servant à fabriquer les parfums), « il n'y a pas plus d'une heure et demie ».

Il faut 800 kilos de roses pour produire un kilo d'absolu. Un orage, le passage d'un sanglier... et la récolte peut s'effondrer. « C'est la règle du luxe : quand il n'y en a plus, il n'y en a plus », selon Lucie Careri, la directrice du domaine, et dans ce cas « il y aura moins de bouteilles de parfum ». 

« On ne peut pas rivaliser avec des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie qui ont des centaines d'hectares de roses, mais la rose que nous avons ici est exceptionnelle. Les volumes étant ce qu'ils sont, seules les grandes maisons de luxe ont une chance de pouvoir se servir », explique à l'AFP Diane Saurat, experte en parfums du Domaine de la Rose.

Grasse attire depuis longtemps les parfums de luxe. Chanel y a un partenariat exclusif avec la famille Mul pour son parfum emblématique Chanel N°5 et est la seule à posséder, depuis 1987, une usine d'extraction en plein champ, ce qui lui permet d'éviter les intermédiaires.

Dior (LVMH) a également passé des accords d'exclusivité avec plusieurs producteurs de la région. La marque, à l'instar de Louis Vuitton et de Lancôme, est membre de l'association « Les fleurs d'exception du pays de Grasse », qui promeut l'agriculture biologique locale. 

« Historiquement, le rapport entre agriculteurs et industriels était plutôt dominant-dominé à Grasse », selon Laetitia Lycke, directrice de l'association.

Aujourd'hui, des contrats passés entre les grandes entreprises et de jeunes agriculteurs leur permettent de se lancer.

Elle reconnaît aussi d'autres avancées ces dernières années, comme celle « d'avoir mis autour de la table dix industriels qui, habituellement, sont dans la compétition, pour s'accorder sur un cahier des charges pour l'indication géographique absolue de Grasse ».

« Nous attendons aussi que ces grandes maisons nous permettent de réintroduire des plantes oubliées, ce qui offrirait de nouveaux débouchés à nos agriculteurs », ajoute Laetitia Lycke.

« On n'arrivera jamais aux 5 000 producteurs des années 1950, parce qu'il n'y a plus la même superficie de terres, même si 70 hectares ont été sanctuarisés par le maire », mais « on a encore une belle marge de progression », ajoute-t-elle. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".