Des commandants militaires iraniens et six scientifiques nucléaires figurent parmi les 78 victimes des frappes israéliennes

Le général de division Hossein Salami, commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique. (Agence de presse d'Asie occidentale via REUTERS/photo d'archives)
Le général de division Hossein Salami, commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique. (Agence de presse d'Asie occidentale via REUTERS/photo d'archives)
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Publié le Samedi 14 juin 2025

Des commandants militaires iraniens et six scientifiques nucléaires figurent parmi les 78 victimes des frappes israéliennes

  • Khamenei et les gardiens de la révolution avertissent Israël d'une "punition sévère" pour ses attaques
  • Les scientifiques tués ont été identifiés comme étant Fereydoun Abbasi-Davani et Mohammad Mehdi Tehranchi

RIYAD : Le guide suprême iranien Khamenei a confirmé vendredi que plusieurs commandants militaires et scientifiques étaient "tombés en martyrs" lors des frappes israéliennes sur Téhéran.

Dans une déclaration diffusée par la télévision d'État, M. Khamenei a averti qu'Israël ne resterait pas impuni pour ses attaques.

"Nous ne leur permettrons pas de s'échapper sains et saufs de ce grand crime qu'ils ont commis", a déclaré M. Khamenei dans un message enregistré.

"Avec ce crime, le régime sioniste s'est préparé un destin amer et douloureux qu'il ne manquera pas de connaître.

L'ambassadeur iranien auprès des Nations unies a déclaré que 78 personnes avaient été tuées et plus de 320 blessées dans les attaques israéliennes.

Parmi les victimes figurent quatre des principaux chefs militaires iraniens.

La télévision d'État et les médias locaux les ont identifiés comme étant le général Bagheri, chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la révolution paramilitaires, le général de division Gholam Ali Rashid, commandant du quartier général central de Khatam-al Anbiya, et le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, commandant des Forces aérospatiales du Corps des gardiens de la révolution iranien.

L'agence iranienne Nournews a rapporté qu'Ali Shamkhani, un contre-amiral qui sert de conseiller à Khamenei, a été "gravement blessé".

Les médias locaux ont confirmé que six scientifiques travaillant sur le programme nucléaire iranien ont été tués, quatre d'entre eux étant identifiés comme Fereydoun Abbasi-Davani, Mohammad Mehdi Tehranch, Ahmad Reza Zolfaghari et Amirhossein Feqhi.

Nouvelles nominations

Immédiatement après la grève, Khomenei a nommé le général de division Abdolrahim Mousavi, nouveau chef d'état-major des forces armées iraniennes. Mousavi, commandant de l'armée depuis 2017, a remplacé Bagheri

Le général de brigade Amir Hatami, promu au rang de général de division, a remplacé Mousavi en tant que chef de l'armée.

Le général de division Mohammad Pakpour a été nommé nouveau chef du CGRI, en remplacement du "martyr" Salami.

En prenant ses nouvelles fonctions, Pakpour a averti le régime israélien qu'il devait s'attendre à un destin douloureux.

"Le régime sioniste criminel et illégitime subira un sort amer et douloureux aux conséquences énormes et destructrices", a déclaré M. Pakpour dans une lettre adressée au guide suprême Khamenei, citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Avec l'aide de Dieu, les portes de l'enfer s'ouvriront bientôt sur ce régime tueur d'enfants, a-t-il écrit.

La liste des commandants et des scientifiques tués figure ci-dessous :

Mohammad Bagheri

Ancien commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, le général de division Bagheri était chef d'état-major des forces armées iraniennes depuis 2016. Né en 1960, Bagheri a rejoint le Corps des gardiens pendant la guerre Iran-Irak des années 1980.

Hossein Salami

Hossein Salami était le commandant en chef du corps d'élite des gardiens de la révolution iranienne, ou IRGC. Le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a nommé Salami, né en 1960, à la tête du Corps des gardiens de la révolution iranienne en 2019.

Amir Ali Hajizadeh

Hajizadeh était le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution. Israël l'a identifié comme la figure centrale responsable de la direction des attaques aériennes contre son territoire. En 2020, Hajizadeh a assumé la responsabilité de l'abattage d'un avion de ligne ukrainien, qui s'est produit peu après que l'Iran a lancé des frappes de missiles sur des cibles américaines en Irak, en représailles à l'attaque de drone américain qui a tué Qassem Soleimani.

Gholamali Rashid

Le général de division Rashid était à la tête du quartier général Khatam al Anbia du Corps des gardiens de la révolution islamique. Il a précédemment occupé le poste de chef d'état-major adjoint des forces armées iraniennes et a combattu pour l'Iran pendant la guerre des années 1980 contre l'Irak.

Fereydoun Abbasi-Davani

Fereydoun Abbasi-Davani, scientifique nucléaire, a dirigé l'Organisation iranienne de l'énergie atomique de 2011 à 2013. Membre de la ligne dure, M. Abbasi a siégé au parlement de 2020 à 2024.

Mohammad Mehdi Tehranchi

Scientifique nucléaire, Tehranchi a dirigé l'université islamique Azad de Téhéran.

Ahmad Reza Zolfaghari

Ahmad Reza Zolfaghari, professeur d'ingénierie nucléaire à l'université Shahid Beheshti.

Amirhossein Feqhi

Amirhossein Feqhi, un autre professeur de nucléaire à l'université Shahid Beheshti.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.