La semaine musicale franco-saoudienne rapproche les cultures à Djeddah

La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
Short Url
Publié le Samedi 28 juin 2025

La semaine musicale franco-saoudienne rapproche les cultures à Djeddah

  • Musiciens et artistes français présents dans la deuxième ville du Royaume.
  • Le coup d'envoi de cette semaine de festivités coïncide avec la Journée mondiale de la musique.

DJEDDAH : un festival de musique d'une semaine célèbre les riches liens artistiques entre la France et l'Arabie saoudite à travers une série de conférences, de spectacles musicaux et de sessions d'improvisation.

Lancée à l'occasion de la Journée mondiale de la musique, le 21 juin, la Semaine de la musique à Djeddah est une célébration franco-saoudienne qui se poursuivra jusqu'à la fin de la semaine. Cette initiative est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah en partenariat avec l'Alliance française, Art Jameel, Call of Culture, Music Home, Sout Albalad et Siddharta Lounge.

L'un des événements phares était une session DJ de l'artiste française Songe, mardi, au Siddharta Lounge by Buddha Bar. Elle a déclaré à Arab News qu'à travers sa musique, elle cherchait à « briser les frontières et à créer des espaces inclusifs où des voix et des énergies diverses peuvent se connecter ».

La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)

Lundi, le neuvième forum sur la musique artistique et l'éducation musicale, Guitaraama, a rassemblé un certain nombre d'artistes et d'experts à Music Home. 

Il était dirigé par Anouar Kablaoui, instructeur à l'Institut supérieur de musique Home et fondateur du forum.

Anouar Kablaoui a déclaré : « Cette neuvième édition explore la manière dont la guitare, un instrument traditionnellement occidental, est réinterprétée dans le cadre de l'esthétique musicale arabe, des vocabulaires du jazz et des industries créatives locales.

Le forum a également accueilli le guitariste de jazz saoudien Aqeel Hussein, qui a parlé de son parcours personnel avec le jazz, commencé dans une université américaine, et de ses efforts pour introduire le genre dans le paysage musical saoudien depuis 2004.

« Ce forum a été l'occasion de partager mon histoire et la passion qui me pousse à continuer à jouer et à enseigner par le biais du jazz. Il s'agit de montrer comment la musique peut évoluer lorsqu'elle traverse les frontières, tout en restant fidèle à ses racines », a déclaré M. Hussein à Arab News. 

La prestation du groupe Zakharef, formé par des étudiants de l'université de commerce et de technologie, a illustré l'esprit de la soirée. Les débuts musicaux du groupe ont été un hommage à l'héritage hijazi et au charme historique d'Al-Balad à Djeddah, formant un moment émouvant et inoubliable tant pour les artistes que pour le public.

Hayy Jameel accueillera jeudi une session de jam ouverte avec l'artiste franco-marocain Karimouche, en collaboration avec Hayy Sounds.

La performance promet une fusion dynamique de mélodies orientales, de hip-hop, de spoken word et de beatbox, mêlant tradition et modernité dans un véritable dialogue sonore mondial. 

La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)

Karimouche, de son vrai nom Karima Amarouche, a déclaré à Arab News : « C'est un honneur pour moi de participer à l'émancipation des femmes dans la musique ici ». 

Elle est connue pour fusionner le rap, le spoken word et les rythmes nord-africains dans des chansons explorant les thèmes de l'identité et de la résistance. Elle a révélé que son spectacle à Hayy Jameel comprendra des chansons tirées de son dernier album Folies Berberes ainsi que d'œuvres antérieures. 

La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)
La semaine de la musique à Jeddah : Une célébration franco-saoudienne se déroule jusqu'au 27 juin et est organisée par l'ambassade et le consulat de France à Jeddah. (Photo Fournie)

Elle a également expliqué comment sa collaboration avec l'artiste saoudienne Roaa Lam a débuté : « Je l'ai vue sur Instagram. J'ai écouté ses morceaux et je me suis dit : « Wow, j'adore cette artiste. Elle est incroyable ! »

Profondément engagée dans la collaboration avec les femmes dans la musique, en France comme à l'étranger, Karimouche a déclaré : « C'est important pour moi. « C'est important pour moi. Il y a une réelle solidarité féminine. C'est un honneur pour moi de participer à l'émancipation des femmes dans la musique ici, et d'être témoin de la liberté croissante, année après année. Si Dieu le veut, j'espère revenir chaque année.

En réfléchissant à son séjour en Arabie saoudite jusqu'à présent, elle a déclaré : « La scène musicale est très riche ici. La scène musicale est très riche. La collaboration avec le groupe féminin Siham à Riyad a été magique. Nous avons créé de nouveaux morceaux ensemble et mélangé nos styles. Aujourd'hui, c'est la même chose avec Roaa. » 

Kosh a expliqué à Arab News comment il imite les instruments avec son style unique de beatboxing.

Il explique que son parcours a commencé dès l'enfance : « Quand j'étais petit, je jouais avec des petites voitures et je faisais des sons... ce qui a évolué vers le beatboxing ».

Au fil des ans, ses talents l'ont amené à se produire sur de grandes scènes, notamment au festival de Montreux, en France. Aujourd'hui, il mêle le beatbox à l'humour, à la parole et à la musique live.

Roaa Lam, la joueuse de oud saoudienne, a expliqué à Arab News sa perception du oud et de la musique : « Pour moi, ce n'est pas de la composition, c'est de la narration émotionnelle. »

Représentant l'Arabie saoudite dans cette collaboration internationale, Roaa Lam est une joueuse de oud autodidacte, chanteuse et compositrice qui apporte à sa musique authenticité et émotion profonde.

« Je compose de la musique et je collabore avec d'autres artistes », a-t-elle déclaré.

Mme Lam a parlé de l'un de ses projets les plus significatifs : Il s'agit d'une pièce intitulée Kurd Al-Tha'alib (Kurd des renards), qu'elle a composée à partir d'enregistrements de voix de femmes dans un jardin public de Djeddah, avant que leur quartier ne soit démoli.

J'ai utilisé le mode musical « Kurd » et j'ai nommé cette pièce d'après le quartier qui s'appelait Al-Tha'alib avant d'être démoli », explique-t-elle. 

La pièce a été jouée lors du festival féministe de Berlin, ce qui marque une étape importante dans sa présence internationale croissante.

Elle s'est également penchée sur son parcours musical : « Je joue du oud depuis environ six ans. J'ai tout appris seule. Je n'ai jamais étudié dans une école de musique. C'est tout ce que la musique représente pour moi. »

La Semaine de la musique à Djeddah est un carrefour créatif. À travers les voix des artistes, le festival met en lumière la richesse des échanges culturels et le pouvoir transformateur de la musique qui permet de créer de l'empathie, des liens et de la beauté.

Comme le dit Karimouche : « Mon cœur est plein. Les gens ici sont respectueux, gentils et créatifs. J'ai beaucoup appris des artistes saoudiens.

La célébration s'achèvera vendredi par une soirée Open Mic énergique au Hayy Jameel, animée par Slow Moe et mettant en lumière la scène rap saoudienne émergente. Cette finale a pour objectif de mettre en avant les voix des jeunes locaux et leur impact croissant sur la scène hip-hop mondiale. 

Larry Lamartiniere, directeur général de l'Alliance française de Djeddah, a déclaré à propos des célébrations : « L'Alliance française de Djeddah est ravie de célébrer la Fête de la musique aux côtés de ses partenaires. C'est un événement qui transcende les frontières et rassemble les gens à travers le langage universel de la musique. »

Mohammed Nehad, consul général de France à Djeddah, a déclaré que cet événement était un « symbole fort de l'approfondissement de l'amitié et de la coopération culturelle entre la France et l'Arabie saoudite », ajoutant qu'il espérait« dynamiser la scène culturelle locale de Djeddah».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".