Selon l'ambassadeur d'Iran, l'Arabie saoudite a joué un rôle clé dans la prévention de l'escalade

 La rencontre entre le prince Khalid bin Salman et le guide suprême Ali Khamenei à Téhéran en avril dernier (Fars News Agency)
La rencontre entre le prince Khalid bin Salman et le guide suprême Ali Khamenei à Téhéran en avril dernier (Fars News Agency)
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Publié le Lundi 30 juin 2025

Selon l'ambassadeur d'Iran, l'Arabie saoudite a joué un rôle clé dans la prévention de l'escalade

  • Alireza Enayati, a salué le rôle joué par Riyad dans la réduction des tensions et la promotion du dialogue
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Enayati a décrit les progrès accomplis comme "équivalents à des réalisations qui prennent généralement des années", soulignant ce qu'il a appelé "les racines profondes et la substance" de la relation


RIYAD: Près de deux ans après le rétablissement des relations diplomatiques entre l'Iran et l'Arabie saoudite, l'ambassadeur d'Iran auprès du Royaume, M. Alireza Enayati, a salué le rôle joué par Riyad dans la réduction des tensions et la promotion du dialogue.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Enayati a décrit les progrès accomplis comme "équivalents à des réalisations qui prennent généralement des années", soulignant ce qu'il a appelé "les racines profondes et la substance" de la relation.

M. Enayati, qui a d'abord servi en Arabie saoudite en tant que consul d'Iran à Djeddah en 1990, puis en tant que chargé d'affaires à Riyad, est revenu en Arabie saoudite en 2023 en tant qu'ambassadeur, à la suite de l'accord conclu en mars avec la Chine en vue de renouer les liens après sept ans de rupture.

Commentant les récentes frappes israéliennes contre l'Iran, M. Enayati les a qualifiées d'"agression flagrante", notant qu'elles ont eu lieu alors que Téhéran était engagé dans des négociations indirectes avec Washington.

"L'Iran a été attaqué au milieu de la nuit, alors que les gens dormaient chez eux. Nous avions le droit légitime, en vertu de la charte des Nations unies, de répondre de manière décisive et de démontrer que l'Iran ne cherche pas la guerre, mais qu'il se défendra avec force et détermination", a-t-il déclaré.

Il a souligné que les réactions régionales à l'escalade mettaient en évidence un esprit de solidarité.

"Le premier appel que notre ministre des affaires étrangères a reçu a été celui du ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, qui a condamné les attentats, suivi d'une déclaration du ministère saoudien des affaires étrangères", a-t-il noté. "Ces positions ont été couronnées par un appel téléphonique de Son Altesse Royale le prince héritier Mohammed bin Salman au président Pezeshkian, exprimant sa condamnation et sa solidarité, suivi du rappel du président Pezeshkian au prince héritier et des déclarations de soutien de plusieurs États du Golfe."

M. Enayati a salué les efforts de Riyad pour désamorcer la crise, qualifiant le rôle de l'Arabie saoudite d'"honorable" et de "béni". Il a ajouté : "Dans toutes nos discussions bilatérales, l'Iran a reconnu la position constructive du Royaume et ses efforts pour prévenir toute nouvelle agression. Nous nous félicitons de tout rôle joué par nos frères saoudiens, en particulier par Son Altesse Royale le Prince Mohammed, qui a toujours été à nos côtés.

L'ambassadeur a souligné que la reprise des voyages et des échanges religieux était un signe de rapprochement. "Rien que cette année, plus de 200 000 Iraniens ont effectué la Omra, et si l'on inclut les pèlerins du Hajj, le nombre dépasse les 400 000 visiteurs dans le Royaume, ce qui est un indicateur extrêmement positif", a-t-il déclaré.

M. Enayati a également souligné la récente visite du ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, à Téhéran, la décrivant comme un "tournant historique" qui a fait passer les relations de routinières à stratégiques. "La visite et les réunions avec le président Pezeshkian et le Guide suprême ont laissé une forte impression que nous sommes des partenaires dans la construction de la stabilité régionale", a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant des progrès significatifs, M. Enayati a souligné que les relations économiques et commerciales nécessitaient encore des efforts. "Nous avons des accords sur le commerce, l'investissement, la culture et la jeunesse réaffirmés dans l'accord de Pékin", a-t-il déclaré, ajoutant que des discussions sont en cours sur des accords visant à éviter la double imposition, à promouvoir l'investissement mutuel et à développer des corridors de transport terrestre reliant l'Arabie saoudite et ses voisins à l'Asie centrale.

Répondant aux critiques selon lesquelles l'Iran jouerait un rôle déstabilisateur, M. Enayati a déclaré : "Nous ne sommes pas des étrangers qui imposent leur loi à l'Arabie saoudite : "Nous ne sommes pas des étrangers qui imposent leur présence. Nous faisons partie de la région, de son peuple et de sa culture. Les différences de perspectives politiques n'effacent pas les liens qui nous unissent. Le dialogue est la seule voie à suivre, et il n'y a pas de substitut".

Il a conclu en soulignant qu'une véritable sécurité régionale doit être ancrée dans le développement et la coopération économique plutôt que dans la compétition militaire. "Lorsque la sécurité dépasse les armes et la géopolitique pour se concentrer sur la prospérité et le progrès partagé, tout le monde en profite", a-t-il déclaré.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.