L’émissaire américain exhorte le Liban à réformer sa culture politique dans un entretien avec LBCI

(fourni)
(fourni)
Short Url
Publié le Jeudi 10 juillet 2025

L’émissaire américain exhorte le Liban à réformer sa culture politique dans un entretien avec LBCI

  • Thomas Barrack déclare que le Hezbollah est un problème libanais et qu'il appartient au peuple libanais de le résoudre

BEYROUTH : Les politiciens libanais ont passé 60 ans à "nier, détourner et dévier", a déclaré l'envoyé spécial américain Tom Barrack dans une interview diffusée mardi.

M. Barrack s'est rendu au Liban pour s'entretenir avec les dirigeants politiques au sujet des propositions de Washington visant à désarmer le puissant groupe militant Hezbollah.

A la question de savoir si les politiciens libanais avec lesquels il s'est entretenu s'engageaient réellement avec lui ou s'ils cherchaient simplement à gagner du temps, le diplomate a répondu "les deux".

"La culture politique libanaise consiste à nier, détourner et dévier", a déclaré M. Barrack. "C'est ainsi que les choses se passent depuis 60 ans et c'est la tâche qui nous attend. Il faut que cela change.

Après avoir rencontré le président Joseph Aoun lundi, il a réagi positivement à la réponse du gouvernement libanais au plan américain de retrait des armes du Hezbollah.

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision libanaise LBCI, M. Barrack a déclaré qu'il pensait que le président, le premier ministre et le président de la Chambre étaient "francs, honnêtes et directs" avec lui.

Il a toutefois averti les hommes politiques libanais que la région était en train de changer et que s'ils ne voulaient pas changer eux aussi, ils n'avaient qu'à nous le dire et nous n'interviendrions pas.

Bien qu'il n'ait pas révélé les détails des propositions américaines, ni la réponse libanaise, M. Barrack a déclaré que les dirigeants libanais devaient être prêts à prendre des risques.

"Nous avons besoin de résultats de la part de ces dirigeants", a-t-il déclaré.

Les hommes politiques libanais sont depuis longtemps accusés de corruption et de faire passer leurs intérêts personnels avant le bien de la nation et du peuple libanais.

La colère de l'opinion publique a atteint son paroxysme en 2019 avec des manifestations publiques de masse contre la corruption et les difficultés financières.

L'économie libanaise s'est enfoncée dans une crise financière, le pays faisant défaut sur sa dette et la monnaie s'effondrant.

M. Barrack, qui est également ambassadeur de Washington en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a déclaré que les États-Unis offraient une aide au Liban plutôt que d'essayer d'interférer dans sa politique.

"Nous n'avons dit qu'une chose : si vous voulez que nous vous aidions, nous sommes là pour vous aider. Nous sommes là pour protéger dans la mesure du possible", a-t-il déclaré.

"Mais nous n'interviendrons pas dans un changement de régime. Nous n'interviendrons pas dans la politique. Et si vous ne voulez pas de nous, pas de problème, nous rentrerons chez nous. C'est tout."

M. Barrack a déclaré que le Hezbollah, qui est considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et qui est également un parti politique comptant 13 députés au Liban, "est un problème libanais, pas un problème mondial".

"Nous avons déjà déclaré, d'un point de vue politique, qu'il s'agissait d'une organisation terroriste. S'ils nous cherchent des noises où que ce soit, tout comme le président (Trump) l'a établi sur une base militaire, ils auront un problème avec nous. La façon dont cela sera résolu au Liban est une autre question... C'est au peuple libanais de décider."

M. Barrack a déclaré que le désarmement du Hezbollah avait toujours été basé sur un fait simple pour le président Donald Trump : "Une nation, un peuple, une armée".

"Si c'est le cas, si c'est ce que ce corps politique choisit, alors nous allons guider, aider, influencer et être cet intermédiaire avec tous les combattants ou adversaires potentiels qui se trouvent à vos frontières", a déclaré M. Barrack.

Le diplomate a rejeté les spéculations des médias selon lesquelles les Etats-Unis avaient fixé des délais pour leurs propositions, mais a déclaré que si M. Trump avait été extrêmement proactif sur le Liban, il n'attendrait pas longtemps pour faire des progrès.

"Personne ne va rester à faire cela jusqu'en mai prochain", a-t-il déclaré. "Je ne pense pas qu'il y ait jamais eu un président depuis Dwight Eisenhower qui se soit prononcé avec une telle férocité pour le Liban. À lui seul, il (Trump) a le courage, il a le dévouement, il a la capacité. Ce qu'il n'a pas, c'est la patience.

"Si le Liban veut continuer à botter en touche, il peut continuer à le faire, mais nous ne serons plus là en mai pour discuter de cette question.

Au cours de l'entretien de près d'une heure, Barrack, dont les grands-parents ont émigré du Liban aux États-Unis, a expliqué que les nombreuses religions et sectes du Liban étaient toutes fatiguées de la guerre et du mécontentement.

"Si nous avons 19 religions différentes, 19 communautés différentes et 19 confessions différentes, il y a une chose qui est au-dessus de tout cela, et c'est le fait d'être libanais", a-t-il déclaré.

L'administration Trump tient à soutenir le Liban et M. Aoun, qui est devenu président en janvier, alors que le pays s'efforce de sortir d'années de difficultés économiques, de troubles politiques et d'agitation régionale.

Le Hezbollah, soutenu par l'Iran, était devenu la force militaire la plus puissante du pays et un pouvoir politique majeur, mais il a été considérablement affaibli par une campagne israélienne contre le groupe l'année dernière.

Son arsenal est resté une épine dans le pied des relations entre les États-Unis et le Liban.

Outre le désarmement du Hezbollah, les propositions américaines présentées aux responsables libanais par Barrack le mois dernier devraient inclure des réformes économiques pour aider le pays à aller de l'avant.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.