Gaza: la Défense civile fait état de 18 personnes tuées par des raids et tirs israéliens

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Publié le Mercredi 16 juillet 2025

Gaza: la Défense civile fait état de 18 personnes tuées par des raids et tirs israéliens

  • Selon un nouveau rapport de l'ONU, 875 personnes ont été tuées depuis fin mai en essayant d'obtenir de l'aide humanitaire dans le territoire palestinien. Le bilan précédent de l'ONU datant de vendredi faisait état de 800 morts
  • Dans le camp de réfugiés d'al-Chati, en bordure de la ville de Gaza, un correspondant de l'AFP a vu deux hommes cherchant des survivants dans les décombres du logement de la famille Nassar, effondré

GAZA: La Défense civile dans la bande de Gaza a fait état de 18 personnes tuées mardi par de nouveaux raids aériens et tirs de l'armée israélienne dans le territoire palestinien ravagé et affamé par 21 mois de guerre, dont deux femmes près d'un centre d'aide.

"Au moins 18 martyrs ont été transportés par les équipes de la Défense civile (vers les hôpitaux pour y être déclarées mortes) depuis 02H00 du matin (23H00 GMT)", a affirmé à l'AFP cette organisation de premiers secours.

La plupart des personnes décédées ont été tuées par des bombardements aériens sur le nord de la bande de Gaza, selon la Défense civile, qui évoque le cas de six personnes tuées par un raid sur une tente à Rimal, à Gaza-ville.

Deux femmes ont également été tuées "par des tirs de l’armée" israélienne dans la zone d'al-Chakouch, près d'un point de distribution d’aide américaine, au nord-ouest de Rafah (sud), ajoute la même source, faisant état de 13 blessés.

Selon un nouveau rapport de l'ONU, 875 personnes ont été tuées depuis fin mai en essayant d'obtenir de l'aide humanitaire dans le territoire palestinien. Le bilan précédent de l'ONU datant de vendredi faisait état de 800 morts.

Dans le camp de réfugiés d'al-Chati, en bordure de la ville de Gaza, un correspondant de l'AFP a vu deux hommes cherchant des survivants dans les décombres du logement de la famille Nassar, effondré.

Jihad Omar, l'un d'eux, dit espérer trouver deux enfants au milieu des ruines qu'il fouille presque à mains nues.

"Trouvez-nous une solution!" 

"Trouvez-nous une solution! Chaque jour, nous enterrons des enfants, des femmes et des personnes âgées", a-t-il lancé. "Arrêtez le massacre! Laissez-nous élever ceux (des enfants) qui restent".

La Défense civile avait rapporté la mort de cinq personnes, tuées sur place par un bombardement aérien.

Le Hamas avait pour sa part annoncé la mort de Mohammad Faraj al-Ghoul, présenté comme un ancien ministre de son gouvernement à Gaza, et un membre de sa direction politique.

Cisjordanie: les déplacements de population sont les plus importants depuis 1967, selon l'ONU

L'ONU a averti mardi que les déplacements massifs de population en Cisjordanie avaient atteint des niveaux jamais vus depuis le début de l'occupation israélienne du territoire palestinien il y a près de 60 ans.

Depuis le 21 janvier, l'armée israélienne mène une offensive d'envergure appelée "Mur de fer" dans plusieurs zones de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Selon l'ONU, cette opération militaire, présentée par l'armée israélienne comme une offensive contre des groupes armés palestiniens, a déplacé des dizaines de milliers de personnes.

Cette opération militaire est "la plus longue depuis la deuxième Intifada", au début des années 2000, a déclaré Juliette Touma, porte-parole de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), s'exprimant depuis la Jordanie.

"Elle touche plusieurs camps de réfugiés dans la région et provoque le plus grand déplacement de population palestinienne en Cisjordanie depuis 1967", a-t-elle affirmé.

"Ce sont environ 30.000 personnes qui ont été déplacées" depuis l'opération "Mur de fer" et "elles demeurent déplacées aujourd'hui", a expliqué un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Thameen Al-Kheetan.

Sur cette période, les forces de sécurité israéliennes ont émis des ordres pour démolir environ 1.400 maisons dans le nord de la Cisjordanie, a-t-il déclaré lors du point de presse, qualifiant ces chiffres d'"alarmants".

Selon l'ONU, les démolitions israéliennes ont déplacé 2.907 Palestiniens en Cisjordanie depuis l'attaque du 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas. Sur cette même période, 2.400 Palestiniens – dont près de la moitié sont des enfants – ont été déplacés à la suite d'actions menées par des colons israéliens.

"Déplacer de manière permanente la population civile dans un territoire occupé équivaut à un transfert illégal", a expliqué M. Al-Kheetan, soulignant que cela pourrait être assimilé à un "nettoyage ethnique" et "constituer un crime contre l'humanité".

Selon l'ONU, 757 attaques menées par des colons israéliens ont été enregistrées en Cisjordanie au cours des six premiers mois de l'année, une augmentation de 13% par rapport à la même période en 2024.

Ces attaques ont blessé 96 Palestiniens rien qu'en juin, le bilan mensuel le plus élevé "depuis près de deux décennies", a-t-il relevé.

Les violences ont flambé en Cisjordanie depuis le début de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque du 7-Octobre. Depuis, au moins 964 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, selon l'ONU.

Sur la même période, 53 Israéliens ont été tués dans des attaques attribuées à des Palestiniens ou lors de combats armés – 35 d'entre eux en Cisjordanie et 18 en Israël.

 

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a dit avoir "frappé plusieurs membres du Hamas dans la région d'al-Chati", sans commenter les faits rapportés par la Défense civile dans ce même lieu.

Par ailleurs, l'armée israélienne a indiqué dans un communiqué avoir "démantelé un tunnel terroriste d'environ 3,5 kilomètres de long" dans la région de Khan Younès (sud), sans préciser quand ceci avait eu lieu.

L'attaque du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023 a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Sur les 251 personnes enlevées, 49 sont toujours otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l'armée israélienne.

Dans la bande de Gaza, au moins 58.479 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans les représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Israël avait assoupli fin mai le blocus hermétique imposé pendant deux mois à la bande de Gaza et depuis le 26 mai, la distribution de l'aide, auparavant pilotée par les Nations unies, est confiée à la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les Etats-Unis et par Israël.

L'ONU et les principales organisations humanitaires refusent de travailler avec la GHF, affirmant qu'elle sert les objectifs militaires israéliens et viole les principes humanitaires de base.

La distribution de l'aide, vitale pour les plus de 2 millions d'habitants du territoire palestinien assiégé, constitue, selon le Hamas, l'un des enjeux des difficiles négociations indirectes en cours au Qatar pour tenter d'avancer vers une trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.