Volodymyr Zelensky procède à un remaniement gouvernemental en Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo AFP)
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Publié le Mercredi 16 juillet 2025

Volodymyr Zelensky procède à un remaniement gouvernemental en Ukraine

  • La nouvelle cheffe du gouvernement sera Ioulia Svyrydenko, actuelle ministre de l'Économie, qui s'est illustrée par la finalisation de l'accord sur les minerais avec Washington.
  • Le président Zelensky a également annoncé la nomination de Roustem Oumerov, actuel ministre de la Défense et membre de l'équipe de négociations avec la Russie, au poste d'ambassadeur à Washington.

KIEV, UKRAINE : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé son intention de remanier son gouvernement, notamment en remplaçant le Premier ministre et le ministre de la Défense, afin d'insuffler un nouvel élan après plus de trois ans et demi d'invasion russe.

Cette réorganisation, qui inclut des figures loyales à M. Zelensky, est marquée par plusieurs points notamment les négociations avec Moscou en vue d'un cessez-le-feu sont dans l'impasse ; les États-Unis promettent un soutien renouvelé à Kiev. 

Une Première ministre aux solides connexions américaines

La nouvelle cheffe du gouvernement sera Ioulia Svyrydenko, actuelle ministre de l'Économie, qui s'est illustrée par la finalisation de l'accord sur les minerais avec Washington. Les négociations houleuses de cet accord avaient failli mettre en péril les relations entre les deux pays.

« Elle a été le personnage-clé, menant les négociations seule. Elle a réussi à éviter l'échec », a déclaré à l'AFP Timofï Mylovanov, un ex-ministre de l'Économie qui avait recruté Mme Svyrydenko dans son équipe.

Les analystes s'accordent à dire qu'elle a gagné le respect de ses partenaires américains, y compris des vétérans de la politique en poste.

« L'Ukraine est actuellement une priorité pour M. Trump et son administration. Svyrydenko a fait ses preuves et continuera à le faire », a estimé l'analyste politique Volodymyr Fessenko.

Âgée de seulement 39 ans, Mme Svyrydenko a également gagné la confiance du milieu des affaires ukrainien grâce à sa gestion de l'économie de guerre du pays, estime Andy Hunter, président de la Chambre de commerce américaine en Ukraine.

« Nous avons jusqu'à présent entretenu une relation de confiance, transparente et collaborative », a-t-il déclaré à l'AFP. 

Un nouvel ambassadeur pour les États-Unis 

Le président Zelensky a également annoncé la nomination de Roustem Oumerov, actuel ministre de la Défense et membre de l'équipe de négociations avec la Russie, au poste d'ambassadeur à Washington.

« L'Ukraine a besoin d'une dynamique plus positive dans ses relations avec les États-Unis, ainsi que de prendre de nouvelles mesures dans la gestion de notre secteur de la défense », a déclaré M. Zelensky à M. Oumerov lors d'une réunion la semaine dernière.

Donald Trump a vertement critiqué l'aide de plusieurs dizaines de milliards de dollars accordée par son prédécesseur Joe Biden à l'Ukraine, mais a finalement autorisé les États membres de l'OTAN à faire des achats d'armement au nom de Kiev.

La nomination de M. Oumerov « ne signifie qu'une chose. La question fondamentale dans les relations entre les États-Unis et l'Ukraine est celle de l'armement », a estimé Volodymyr Fessenko.

« Les approvisionnements en armes sont le problème numéro un. Le deuxième est celui des négociations pour mettre fin à la guerre. M. Oumerov a été impliqué dans les deux », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre sortant, Denys Chmygal, un technocrate sans prétention, prendra la tête du ministère de la Défense, a annoncé M. Zelensky.

Un contrôle présidentiel accru ? 

Ses rivaux l'accusent depuis longtemps de chercher à consolider son pouvoir et certains médias critiques ne voient dans la nomination de Mme Svyrydenko qu'une nouvelle étape de ce processus.

Elle est en effet considérée comme loyale à Andriï Iermak, le directeur de cabinet très influent de M. Zelensky.

Un article du très respecté journal indépendant Ukrainska Pravda décrit ce remaniement comme un « renforcement du chef du cabinet présidentiel — si c'est encore possible ».

« Il est évident que l'influence du cabinet présidentiel va croître », a déclaré à l'AFP le député de l'opposition Mykola Kniajytsky.

« Les autorités poursuivent une politique de centralisation et refusent le dialogue », a-t-il accusé.

Et maintenant ? 

Ioulia Svyrydenko a fait du renforcement de l'économie, de l'augmentation de la production d'armes et de l'expansion des programmes sociaux ses priorités gouvernementales.

Selon M. Fessenko, la nomination de Denys Chmygal au ministère de la Défense devrait « remettre de l'ordre » dans cette institution ébranlée par des scandales de corruption à répétition.

Les législateurs et les commentateurs politiques s'attendent à ce que le Parlement entérine la démission du gouvernement mercredi et approuve la nouvelle administration le lendemain. Ils anticipent également d'autres changements dans le nouveau gouvernement, notamment au ministère de l'Énergie. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.