L’armée libanaise met en garde contre une répression sécuritaire à la suite des affrontements à Soueida, en Syrie

Des soldats de l'armée libanaise montent la garde à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 24 mai 2025. (Photo d'archives de l'AFP)
Des soldats de l'armée libanaise montent la garde à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 24 mai 2025. (Photo d'archives de l'AFP)
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Publié le Samedi 19 juillet 2025

L’armée libanaise met en garde contre une répression sécuritaire à la suite des affrontements à Soueida, en Syrie

  • L’armée affirme qu’« aucune atteinte à la paix civile ne sera tolérée », sur fond de craintes d’un élargissement des tensions
  • Le leader spirituel druze, le cheikh Sami Abi Al-Mona, appelle « chacun à rejeter toute tendance à la division »

BEYROUTH : L’armée libanaise a déclaré vendredi qu’elle « ne permettra aucune atteinte à la sécurité ni à la paix civile », alors que les tensions croissantes en République arabe syrienne voisine font craindre une propagation de l’instabilité au Liban.

Dans un communiqué, l’armée a ajouté que « surmonter cette phase nécessite l’unité et la solidarité des Libanais, la prise de conscience de la gravité de la situation et de leurs responsabilités, et l’abstention de toute action pouvant avoir des conséquences involontaires sur la sécurité du pays ».

Des villes et villages du Mont Liban, majoritairement druzes, ont été le théâtre ces derniers jours de tentatives de blocage de routes et d’agressions contre des travailleurs syriens, en réaction aux affrontements renouvelés à Sweida, en Syrie.

Le président Joseph Aoun a présidé vendredi une réunion des responsables de la sécurité.

Une source militaire a confié au journal Arab News que « les services de sécurité, les forces armées et les services de renseignement font preuve d’une extrême vigilance pour déjouer toute tentative de sédition au Liban ».

Le Premier ministre Nawaf Salam s’est entretenu avec le cheikh druze Sami Abi Al-Mona et a salué son « rôle responsable dans l’apaisement des tensions, la prévention des conflits et la préservation de la paix civile au Liban », selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

Le communiqué précise que les deux parties ont souligné que « les événements se déroulant hors des frontières libanaises ne doivent pas être une source d’incitation intérieure ».

Une réunion extraordinaire du Conseil religieux druze au Liban s’est conclue par un appel de l’ancien chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, à un « cessez-le-feu immédiat à Sweida en vue d’un dialogue direct entre l’État syrien et les acteurs locaux ».

Joumblatt a ajouté que « Jabal Al-Arab fait partie intégrante de la Syrie ».

Il a condamné les attaques israéliennes contre la Syrie et le Liban, et appelé à la « formation d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les crimes commis contre les habitants de Sweida et les Bédouins ».

Le cheikh Al-Mona a déclaré la « pleine solidarité du conseil avec notre peuple à Sweida, ainsi qu’avec les blessés et les victimes des récents événements tragiques ».

Il a appelé « tous à rejeter toute tendance à la division » et a souligné « la nécessité de respecter l’accord de cessez-le-feu signé il y a deux jours ».

Al-Mona a dénoncé « l’attaque contre les sunnites », qu’il a qualifiée de réaction.

« Le conseil ne justifie ni n’accepte ce genre d’actes, quelles qu’en soient les raisons », a-t-il affirmé.

Il a rejeté toute ingérence israélienne dans les affaires syriennes et a exhorté la communauté internationale à ouvrir une enquête transparente sur les événements et à traduire les responsables en justice. Il a également affirmé son refus de « la propagation des conflits confessionnels au Liban ».

Le Grand mufti de la République libanaise, le cheikh Abdel Latif Derian, plus haute autorité religieuse sunnite, a contacté le cheikh Al-Mona. Les deux parties ont affirmé leur « rejet total de toute dérive vers des discours incendiaires ou toute couverture d’actes provocateurs susceptibles d’enflammer les tensions confessionnelles et de donner une image déformée des relations entre les deux communautés ».

Ils ont appelé à « éviter de tomber dans le piège de la discorde » et ont insisté sur leur « rejet de toute intervention ou agression étrangère qui porterait atteinte à l’unité ayant toujours caractérisé la relation historique entre les deux confessions ».

Enfin, ils ont lancé un appel à « l’État syrien, aux cheikhs religieux de Jabal Al-Arab, aux autorités religieuses, aux figures spirituelles et aux tribus afin qu’ils œuvrent sérieusement et efficacement à un arrêt immédiat des violences en cours et à l’expulsion des extrémistes qui, volontairement ou non, participent à la mise en œuvre de plans suspects ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.