Des centaines de publicités Instagram et Facebook financent l'armée israélienne

Un soldat israélien regarde son téléphone portable alors qu'il est assis dans le véhicule militaire après être entré en Israël depuis Gaza à la frontière entre Israël et Gaza, Israël, 6 janvier 2024. (REUTERS)
Un soldat israélien regarde son téléphone portable alors qu'il est assis dans le véhicule militaire après être entré en Israël depuis Gaza à la frontière entre Israël et Gaza, Israël, 6 janvier 2024. (REUTERS)
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Publié le Mardi 22 juillet 2025

Des centaines de publicités Instagram et Facebook financent l'armée israélienne

  • L'enquête d'Eko a révélé qu'au moins 117 annonces sollicitaient explicitement des dons pour du matériel utilisé par Tsahal, y compris des drones qui auraient été équipés de grenades et utilisés lors d'attaques meurtrières à Gaza.
  • Eko a déclaré que la plupart des publicités ont permis de collecter des fonds pour des drones Autel EVO, le modèle que les soldats israéliens auraient équipé de grenades et utilisé lors d'attaques meurtrières à Gaza, y compris contre des enfants.

LONDRES : L'organisme de surveillance des consommateurs Eko a découvert des centaines de publicités sur les plateformes Meta - notamment Instagram et Facebook - qui font la promotion de campagnes de crowdfunding pour les Forces de défense israéliennes, en violation apparente des propres politiques publicitaires de l'entreprise.

Les publicités, gérées par des groupes pro-israéliens, visent à collecter des fonds pour des équipements militaires tels que des drones et du matériel tactique, malgré les règles de Meta interdisant la promotion d'armes à feu et de contenus liés aux armes.

Selon les recherches d'Eko, au moins 117 annonces ont été publiées depuis mars 2025, sollicitant explicitement des dons pour du matériel utilisé par Tsahal. Ces annonces, lancées par deux groupes, ont ciblé des utilisateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l'Union européenne, et ont généré au moins 76 000 impressions, c'est-à-dire le nombre de fois qu'une annonce est affichée aux utilisateurs.

Ensemble, les campagnes ont permis de récolter plus de 2,4 millions de dollars grâce aux pages de renvoi liées aux publicités.

"Nous sommes l'équipe de tireurs d'élite de l'unité Shaked, stationnée à Gaza, et nous avons besoin de toute urgence de trépieds de tir pour mener à bien notre mission à Jabalia", pouvait-on lire dans une publicité sur Facebook.

Eko a déclaré que la plupart des publicités ont permis de collecter des fonds pour des drones Autel EVO, le modèle que les soldats israéliens auraient équipé de grenades et utilisé lors d'attaques meurtrières à Gaza, y compris contre des enfants.

Une enquête menée par le magazine israélien +972 a récemment révélé qu'Israël avait acquis un grand nombre de quadcoptères Autel fabriqués en Chine - des drones généralement utilisés pour la photographie et disponibles à l'achat sur Amazon - et les avait adaptés pour transporter des explosifs.

"La plupart de nos drones sont cassés et tombent en morceaux, et nous n'avons pas de remplaçants", indique une autre annonce. "Faites un don maintenant - chaque seconde compte, chaque drone sauve des vies.

Bien qu'Eko ait noté qu'il n'est pas clair si les fonds collectés par le biais des publicités ont été directement utilisés pour acheter des drones, les soldats de Tsahal ont déclaré à +972 qu'ils avaient reçu des drones Autel grâce à des dons, des collectes de fonds et des groupes Facebook.

L'un des groupes identifiés par Eko est l'organisation à but non lucratif Vaad Hatzedaka, qui a créé un lien vers une page de dons listant l'équipement qu'elle cherchait à financer, y compris deux drones Autel. Depuis ce mois-ci, la campagne a recueilli plus de 250 000 dollars sur les 300 000 qu'elle s'était fixée comme objectif.

Une autre campagne, lancée par l'auteur-compositeur-interprète israélien Mayer Malik, affirme avoir recueilli plus de 2,2 millions de dollars pour les forces de défense israéliennes.

Les politiques publicitaires de Meta interdisent explicitement les contenus qui promeuvent la vente ou l'utilisation de produits soumis à des restrictions, tels que les armes, les munitions et les explosifs.

"Meta profite d'un génocide en approuvant des publicités qui permettent d'acheminer des millions de dollars vers des drones tueurs et du matériel militaire susceptibles d'être utilisés pour assassiner des Palestiniens", a déclaré Vicky Wyatt, directrice de la campagne. "Il ne s'agit pas seulement d'un échec de la modération, mais d'un modèle commercial conçu pour récompenser celui qui paie, quel que soit le préjudice.

Bien que Meta ait supprimé certaines des publicités signalées dans le dernier rapport d'Eko, l'organisme de surveillance a déclaré que l'entreprise n'avait pas fait grand-chose pour répondre aux préoccupations plus générales soulevées lors d'une précédente enquête en décembre 2024. À l'époque, Eko avait signalé 98 publicités similaires, ce qui avait entraîné leur retrait, mais Meta avait permis aux annonceurs de revenir avec des campagnes presque identiques.

Le FDI lui-même ne mène pas directement les campagnes de collecte de fonds.

Ces nouvelles conclusions interviennent quelques jours seulement après qu'une enquête distincte menée par le Tech Transparency Project a révélé que des plateformes telles que X et WhatsApp étaient utilisées comme vitrines pour la vente d'armes par des marchands d'armes liés aux militants houthis au Yémen.

Eko a averti que l'approbation par Meta des publicités liées à l'IDF pourrait également enfreindre la loi sur les services numériques de l'UE, qui exige que les plateformes retirent les contenus qui enfreignent les lois nationales ou européennes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.