L’astrolabe d’Al-Battuti relie les cultures et les siècles au Louvre Abu Dhabi

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Publié le Vendredi 08 août 2025

L’astrolabe d’Al-Battuti relie les cultures et les siècles au Louvre Abu Dhabi

  • Présenté dans une frise chronologique d’outils astronomiques — des cartes stellaires antiques aux modèles de l’ère spatiale — l’astrolabe apparaît comme un moment charnière dans l’évolution de la navigation céleste
  • « C’est un pont entre les mondes », déclare Amine Kharchach, responsable de l’interprétation et du contenu créatif du Children’s Museum. « C’est là où l’artisanat d’antan rencontre la curiosité humaine intemporelle. »

Un instrument scientifique vieux de plusieurs siècles est à l’honneur au Children’s Museum du Louvre Abu Dhabi — et il attire l’attention bien au-delà de la finesse de son design.

Dans le cadre de l’exposition Picturing the Cosmos: Adventures Through the Universe, le musée présente un rare astrolabe en laiton du XVIIIᵉ siècle attribué à l’astronome marocain Muhammad ibn Ahmad Al-Battuti. Probablement fabriqué à Meknès, cet astrolabe est un symbole saisissant de la manière dont les civilisations anciennes naviguaient grâce aux étoiles — et de la façon dont le savoir circulait librement entre cultures et continents.

L’exposition interactive entraîne les visiteurs dans un voyage à travers l’espace et le temps, explorant la relation de l’humanité avec le cosmos à travers l’art, la science et des expériences participatives. Des instruments anciens aux technologies spatiales modernes, elle est conçue pour éveiller la curiosité des enfants et des familles — mais la pièce maîtresse reste sans conteste l’astrolabe d’Al-Battuti.

« Cette pièce est un rappel saisissant du haut niveau de pensée scientifique atteint dans le monde islamique », explique Fakhira Al Kindi, assistante conservatrice principale au Louvre Abu Dhabi. « Elle reflète une époque où l’astronomie, les mathématiques et la vie quotidienne étaient profondément liées — que ce soit pour déterminer les heures de prière ou pour naviguer entre les régions. »

L’astrolabe fonctionne comme une représentation bidimensionnelle du ciel. En mesurant la hauteur des étoiles au-dessus de l’horizon, il permettait de calculer l’heure et de déterminer sa position — plusieurs siècles avant le GPS moderne. Les inscriptions minutieuses gravées sur ses plaques montrent qu’il était destiné à être utilisé dans de grandes villes telles que La Mecque, Le Caire, Jérusalem et Tunis, ainsi que dans des centres marocains comme Fès, Meknès et Marrakech.

Al Kindi souligne que l’une des caractéristiques artistiques majeures est la plaque dite « araignée », qui cartographie 27 étoiles et apporte à l’objet une profondeur à la fois scientifique et culturelle. « Ce n’est pas seulement un instrument, c’est un outil magnifiquement façonné qui rendait l’univers accessible. »

Présenté dans une frise chronologique d’outils astronomiques — des cartes stellaires antiques aux modèles de l’ère spatiale — l’astrolabe apparaît comme un moment charnière dans l’évolution de la navigation céleste.

« C’est un pont entre les mondes », déclare Amine Kharchach, responsable de l’interprétation et du contenu créatif du Children’s Museum. « C’est là où l’artisanat d’antan rencontre la curiosité humaine intemporelle. »

Kharchach précise que l’astrolabe figure dans la section « Calculer » de l’exposition, aux côtés d’un cadran solaire, d’un globe céleste, d’un sextant et d’une maquette de la sonde Hope des Émirats arabes unis. « Nous avons voulu simplifier une science complexe à travers une expérience interactive qui permette aux enfants d’apprendre en jouant — et en explorant », explique-t-il.

Mais l’expérience ne se limite pas aux jeunes visiteurs. L’exposition est pensée pour encourager la participation des familles. « Pendant qu’un parent s’immerge dans le contexte historique de l’objet, l’autre peut aider l’enfant à relever un défi — cela devient une découverte partagée. »

Depuis son ouverture en juillet 2023, Picturing the Cosmos a accueilli plus de 650 000 visiteurs — dont la grande majorité sont des familles. Selon Kharchach, cette affluence reflète un intérêt croissant pour des expériences éducatives qui allient patrimoine, interactivité et plaisir.

En mettant en lumière l’astrolabe d’Al-Battuti — aux côtés d’une collection plus large d’artefacts — le Louvre Abu Dhabi offre bien plus qu’un regard vers le passé. Il invite une nouvelle génération à explorer comment la science, la créativité et les échanges culturels ont toujours façonné notre vision de l’univers.

Cette exposition s’inscrit dans le rôle plus large du musée au sein du Saadiyat Cultural District — l’un des plus vastes projets culturels au monde — visant à partager les histoires des Émirats arabes unis, de la région et du monde à travers l’art, le savoir et le dialogue.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".