La mère d'Austin Tice révèle des informations nouvellement déclassifiées

Debra Tice, mère du journaliste américain Austin Tice, disparu lors d'un reportage en Syrie en août 2012, lors d'une conférence de presse le 20 janvier 2025. (AFP)
Debra Tice, mère du journaliste américain Austin Tice, disparu lors d'un reportage en Syrie en août 2012, lors d'une conférence de presse le 20 janvier 2025. (AFP)
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Publié le Dimanche 17 août 2025

La mère d'Austin Tice révèle des informations nouvellement déclassifiées

  • La conférence de presse marque les 13 ans de la disparition de son fils à l'extérieur de Damas.
  • Debra Tice, journaliste indépendant couvrant le conflit syrien pour le Washington Post et d'autres médias américains, a été enlevé dans la banlieue de Damas en août 2012.

WASHINGTON : La mère du journaliste américain disparu Austin Tice, ancien marine américain, a partagé de nouveaux détails tirés de documents du renseignement récemment déclassifiés, affirmant que les dossiers contiennent des informations qui pourraient aider à localiser son fils.

S'exprimant lors d'une conférence de presse marquant le treizième anniversaire de la disparition de son fils à l'extérieur de Damas, Debra Tice a déclaré que les documents suggéraient que les agences américaines disposaient d'informations quasi-quotidiennes sur son état de santé et sa captivité au cours des années qui ont suivi sa disparition en République arabe syrienne.

Les dossiers ont été communiqués au début de l'année par la directrice du renseignement national des États-Unis, Tulsi Gabbard, à la suite d'une demande de longue date de la famille d'accéder aux documents bruts des services de renseignement relatifs à l'affaire.

"Lorsqu'il avait un problème de dents, ils l'emmenaient chez le dentiste. Lorsqu'il avait des problèmes d'estomac, ils l'emmenaient chez le médecin", aurait déclaré Debra Tice au Washington Post. Elle n'a pas précisé les dates ni les lieux.

Debra Tice, journaliste indépendant couvrant le conflit syrien pour le Washington Post et d'autres médias américains, a été enlevé dans la banlieue de Damas en août 2012. Une vidéo publiée peu après sa disparition le montrait les yeux bandés et détenu par des hommes armés. Les autorités américaines soupçonnent depuis longtemps le gouvernement syrien d'être à l'origine de sa disparition, mais Damas a toujours nié son implication.

Debra Tice a déclaré que des fonctionnaires des administrations précédentes lui avaient dit à plusieurs reprises qu'il n'existait pas de nouvelles informations. Mais elle affirme que les dossiers ont révélé le contraire, renforçant sa conviction que son fils est vivant et qu'il peut encore être retrouvé.

Elle a affirmé que le gouvernement syrien avait tenté de faire revenir son fils peu après sa disparition en contactant la secrétaire d'État américaine de l'époque, Hillary Clinton.

"Le gouvernement syrien a contacté Hillary Clinton pour qu'elle vienne chercher Austin en [...] Le gouvernement syrien a contacté Hillary Clinton pour qu'elle vienne chercher Austin en août 2012, et elle a refusé", a-t-elle déclaré, rapporte le Washington Post.

Cependant, la publication a cité d'anciens fonctionnaires américains ayant connaissance de l'affaire qui ont nié qu'une telle offre ait été faite, affirmant que le régime syrien n'a jamais reconnu détenir Tice et "a vigoureusement nié toute connaissance d'Austin jusqu'à la fin".

Les responsables américains ont imputé l'absence de progrès à l'obstruction du régime de Bachar Assad et à la nature très secrète du réseau de détention syrien.

Depuis l'effondrement du régime Assad en décembre 2024, la CIA aurait adopté une évaluation de "faible confiance" selon laquelle Tice est probablement mort - une évaluation que la famille rejette fermement. Debra Tice a déclaré qu'elle restait persuadée que son fils était en vie et que la libération de milliers de détenus des prisons syriennes effondrées n'avait pas encore permis d'obtenir des informations définitives sur son cas.

L'accès de la famille Tice aux dossiers des services de renseignement a été accordé à la suite d'efforts de lobbying. Debra Tice a déclaré que les informations nouvellement déclassifiées avaient renforcé sa détermination à maintenir la pression sur les autorités américaines pour qu'elles résolvent l'affaire.

"Nous savons qu'Austin est vivant. Nous devons le retrouver", a-t-elle déclaré.

Le cas d'Austin Tice reste l'un des plus longs enlèvements non résolus d'un journaliste américain au Moyen-Orient. Les groupes de défense des droits et de la liberté de la presse ont à plusieurs reprises exhorté le gouvernement américain à donner la priorité à la recherche du journaliste et à veiller à ce que ses ravisseurs répondent de leurs actes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.