Le président libanais appelle les États-Unis et la France à faire pression sur Israël

Joseph Aoun rencontre Jean-Yves Le Drian, au centre, à Beyrouth. (Fourni)
Joseph Aoun rencontre Jean-Yves Le Drian, au centre, à Beyrouth. (Fourni)
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Publié le Vendredi 12 septembre 2025

Le président libanais appelle les États-Unis et la France à faire pression sur Israël

  • L’envoyé français Le Drian se rend au Liban alors que Paris prépare deux conférences internationales d’aide
  • Israël cible une école spécialisée dans une escalade d’attaques dans le sud

Beyrouth : Le président libanais Joseph Aoun a appelé mercredi les États‑Unis et la France à faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses attaques sur le Liban, alors que l’armée libanaise commence à déployer un plan de sécurité destiné à désarmer le Hezbollah et d’autres groupes armés.

Ses propos interviennent au cours d’une rencontre avec l’envoyé français Jean‑Yves Le Drian, arrivé à Beyrouth depuis l’Arabie saoudite pour des entretiens avec des responsables libanais de haut rang sur le plan du pays visant à désarmer le Hezbollah, dans un contexte d’escalade des attaques israéliennes. Cette réunion survient également alors que la France se prépare à accueillir deux conférences internationales d’aide pour soutenir l’armée libanaise et les efforts de reconstruction économique.

Dans un communiqué, Aoun a affirmé que le plan de sécurité que l’armée libanaise a commencé à appliquer au sud de la région de la Litani, pour restreindre les armes au profit de l’État, vise à éliminer tous les groupes armés, tant libanais que palestiniens.

« Cependant, l’occupation israélienne constante de plusieurs territoires libanais et son refus de répondre aux appels internationaux pour cesser ses attaques empêchent l’armée de compléter son déploiement jusqu’aux frontières internationales », a‑t‑il ajouté.

Aoun a dit à Le Drian que « toute pression française ou américaine sur Israël pour répondre à la volonté de la communauté internationale de mettre fin à ses hostilités aiderait l’armée libanaise à achever son plan de sécurité. »

Il a déclaré que l’armée continuerait ses opérations sur tous les territoires et frontières, en établissant des barrières et des points de contrôle avec consignes strictes de confisquer armes et munitions à toutes les parties.

Selon son bureau de presse, Aoun a réitéré sa gratitude envers la France pour son rôle dans le renouvellement du mandat de la FINUL, soulignant que l’extension d’un an et quatre mois comme force opérationnelle, et pour une année complète comme début du retrait du sud, « permet un départ organisé et donne à l’armée libanaise le temps nécessaire pour renforcer ses capacités, en particulier si les Israéliens se retirent et cessent leurs attaques. »

Il a remercié le président français Emmanuel Macron pour ses efforts en vue d’organiser les deux conférences internationales, affirmant que le Liban « avance avec des réformes économiques et financières fondées sur une conviction nationale ferme, et pas uniquement en réponse aux exigences de la communauté internationale. »

Aoun a souligné que tenir deux conférences pour appuyer l’armée et la reconstruction constitue une étape vitale, car elle instaure l’environnement sécuritaire approprié à la reprise économique.

Il a dit que « la solidarité entre les Libanais est inébranlable et que les divergences politiques sont naturelles dans les systèmes démocratiques. »

Le gouvernement libanais finalisera ce mois le projet de loi sur l’écart fiscal, qui sera soumis au parlement après l’adoption des lois sur le secret bancaire et la réorganisation bancaire, a déclaré Aoun. Cette étape, a‑t‑il ajouté, ouvre la voie au processus de redressement économique.

Le Drian a exprimé le soutien continu de la France au Liban.

Selon le bureau médiatique du Palais présidentiel, l’envoyé français a informé Aoun des conclusions de ses discussions en Arabie saoudite et s’est félicité des démarches entreprises par le Liban au sein du Conseil des ministres concernant la décision de restreindre les armes et de confier à l’armée l’élaboration d’un plan pour en appliquer le contrôle.

L’envoyé français a aussi salué les réformes économiques entreprises par le Liban, qu’il a qualifiées de « signes positifs qui renforcent les chances d’accroître le soutien international envers le Liban. »

Au cours de sa visite, Le Drian a également rencontré le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam.

Ses entretiens ont porté sur deux sujets principaux : d’une part, la question de savoir si les conditions sont maintenant favorables pour que la conférence menée par la France en soutien au Liban passe de la discussion à la mise en œuvre ; d’autre part, le renouvellement du mandat de la FINUL, approuvé fin du mois dernier par le Conseil de sécurité, la France jouant le rôle de « gardien » (penholder) de ce dossier.

Pendant ce temps, l’armée israélienne poursuivait ses attaques quasi quotidiennes sur le Liban. Mercredi, des avions de guerre ont effectué des frappes sur la chaîne de montagnes orientale, visant des secteurs entre Janta et Qousaya près de la frontière syrienne.

Les Forces israéliennes ont aussi ciblé un motocycliste entre les localités du sud d’Ain Baal et Bazouriye, tuant Wassim Saeed Jabai, un habitant de Hanawieh originaire d’Aaitat. Le Hezbollah a annoncé ensuite son décès.

De puissantes frappes aériennes israéliennes ont également frappé la ville d’Ansar.

L’armée israélienne a affirmé sur sa radio officielle avoir visé « un site de production et de stockage d’armes stratégiques du Hezbollah dans la vallée de la Bekaa, au Liban. »

Des forces israéliennes contrôlant des zones frontalières libanaises ont détruit un bâtiment appartenant à une école pour personnes à besoins spéciaux en périphérie d’Ayta ash‑Shaab, ville frontalière.

Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naim Qassem, qui s’oppose à la remise des armes du parti à l’armée libanaise, a invoqué « l’agression israélienne continue contre le Liban » en critiquant le gouvernement dans un discours mercredi.

« Comment ce gouvernement peut‑il prétendre défendre la souveraineté et représenter le peuple libanais, tout en trahissant la résistance dans le dos ? Pourquoi cherche‑t‑il à abandonner la source de force du Liban alors qu’il ne dispose d’aucun moyen alternatif de défense ? » a‑t‑il dit.

Qassem a accusé les États‑Unis d’avoir « abandonné la garantie qu’ils avaient donnée concernant le retrait par Israël des positions qu’il occupe dans le sud », les accusant de vouloir soumettre le Liban au contrôle dans le cadre du supposé projet du Grand Israël.

Il a dit que « le rôle continu de la résistance est dans l’intérêt de tous », appelant au dialogue et au consensus : « Engageons-nous dans le dialogue et parvenons à un accord, ne laissons pas les ennemis exploiter nos divisions », a‑t‑il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.