Guterres: Le refus d'accorder à la Palestine le statut d'État «est un cadeau aux extrémistes du monde entier»

 Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi à des "progrès irréversibles" vers une solution à deux Etats pour le conflit israélo-palestinien, avertissant que l'inaction risquait de perpétuer une crise "intolérable" et de s'aggraver. (Capture d'écran/UNTV)
Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi à des "progrès irréversibles" vers une solution à deux Etats pour le conflit israélo-palestinien, avertissant que l'inaction risquait de perpétuer une crise "intolérable" et de s'aggraver. (Capture d'écran/UNTV)
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Publié le Mardi 23 septembre 2025

Guterres: Le refus d'accorder à la Palestine le statut d'État «est un cadeau aux extrémistes du monde entier»

  • Antonio Guterres s'exprime lors d'une conférence historique co-organisée par l'Arabie saoudite et la France
  • "Rien ne peut justifier le châtiment collectif du peuple palestinien ou toute forme de nettoyage ethnique"

NEW YORK : Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi à des "progrès irréversibles" vers une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, avertissant que l'inaction risquait de perpétuer une crise "intolérable" et de s'aggraver.

S'exprimant lors de la Conférence internationale de haut niveau pour le règlement pacifique de la question de Palestine dans la salle de l'Assemblée générale des Nations Unies, il a déclaré que le conflit qui dure depuis des décennies avait atteint un point "moralement, juridiquement et politiquement intolérable", citant le nombre croissant de victimes civiles à Gaza et l'instabilité grandissante en Cisjordanie.

"Nous sommes ici aujourd'hui pour aider à trouver le seul moyen de sortir de ce cauchemar", a ajouté M. Guterres, soulignant la vision soutenue par l'ONU de deux États indépendants, souverains et démocratiques - Israël et la Palestine - coexistant pacifiquement à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, basées sur les lignes d'avant 1967, avec Jérusalem comme capitale commune.

L'événement, organisé conjointement par la France et l'Arabie saoudite, a marqué l'effort international le plus concerté de ces derniers mois pour relancer la dynamique en faveur d'une paix négociée.

António Guterres a remercié les deux gouvernements d'avoir organisé la réunion et a réitéré sa déception quant au fait que la délégation palestinienne ait été "privée de l'opportunité (par les restrictions de visa américaines) d'être pleinement représentée".

Il a de nouveau condamné l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023, la qualifiant d'"horrible" et réitérant sa demande de libération "immédiate et inconditionnelle" des otages, ainsi que la "décimation systématique" de Gaza en réponse à cette attaque.

"Rien ne peut justifier le châtiment collectif du peuple palestinien ou toute forme de nettoyage ethnique", a-t-il déclaré, dénonçant le massacre généralisé de civils, la privation de nourriture de la population et les attaques contre les travailleurs humanitaires. "Tout cela doit cesser.

M. Guterres a également mis en garde contre la poursuite de l'expansion des colonies israéliennes, la violence des colons et l'annexion de facto de la Cisjordanie, qui constituent une "menace existentielle" pour toute solution viable fondée sur la coexistence de deux États.

"Le statut d'État pour les Palestiniens est un droit, pas une récompense", a-t-il déclaré. "Refuser le statut d'État serait un cadeau aux extrémistes du monde entier.

Il a ajouté : "Cette conférence doit être un catalyseur. Elle doit susciter des progrès irréversibles en vue de mettre fin à l'occupation illégale et de concrétiser notre aspiration commune à une solution viable fondée sur la coexistence de deux États.

M. Guterres a exhorté toutes les parties à faire preuve d'un "leadership audacieux et fondé sur des principes", notant que l'alternative - une réalité d'un seul État marquée par l'occupation et l'inégalité - n'est ni durable ni acceptable.

"Sans deux États, il n'y aura pas de paix au Moyen-Orient", a-t-il prévenu. "Et le radicalisme se répandra dans le monde entier.

La conférence intervient alors que la communauté internationale est de plus en plus préoccupée par la crise humanitaire à Gaza, où des dizaines de milliers de civils palestiniens ont été tués par Israël, la plupart d'entre eux étant des femmes et des enfants.

M. Guterres s'est félicité des récentes mesures prises par les États membres pour reconnaître le statut d'État palestinien et de l'approbation par l'Assemblée générale des Nations unies de la déclaration franco-saoudienne de New York, qui appelle à des mesures concrètes en vue d'une paix négociée.

"C'est la seule voie crédible vers une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, et vers une paix et une sécurité plus larges au Moyen-Orient", a-t-il déclaré.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.