L'Arabie saoudite appelle à la reconnaissance mondiale de la Palestine et à la fin de l'agression israélienne à Gaza

 Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprime lors d'une réunion de haut niveau à l'ONU visant à galvaniser le soutien en faveur d'une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien. (AP)
Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprime lors d'une réunion de haut niveau à l'ONU visant à galvaniser le soutien en faveur d'une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien. (AP)
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Publié le Mardi 23 septembre 2025

L'Arabie saoudite appelle à la reconnaissance mondiale de la Palestine et à la fin de l'agression israélienne à Gaza

  • Lors d'un sommet historique de l'ONU coprésidé par le Royaume et la France, le ministre saoudien des Affaires étrangères condamne les "attaques répétées" contre la souveraineté des pays arabes et musulmans
  • Le prince Faisal ben Farhane déclare que les actions d'Israël "menacent la paix et la stabilité régionales et internationales et sapent les efforts de paix dans la région

NEW YORK : L'Arabie saoudite a réaffirmé son soutien à une solution à deux États pour le conflit entre Israéliens et Palestiniens, lors d'une conférence de paix coprésidée par le Royaume et la France à l'Assemblée générale de l'ONU à New York lundi.

Les autorités saoudiennes ont également appelé à la reconnaissance mondiale de l'État de Palestine et à la fin de l'agression israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

Prenant la parole au nom du prince héritier Mohammed ben Salmane, le ministre des Affaires étrangères du Royaume, le prince Faisal ben Farhane, a commencé par partager les salutations du roi Salmane, ainsi que les meilleurs vœux du prince héritier pour le succès de la conférence.

Il a également remercié le président français, Emmanuel Macron, pour la déclaration officielle de reconnaissance de l'État de Palestine par la France.

La conférence franco-saoudienne d'une journée s'est déroulée dans un contexte d'escalade de la violence au Moyen-Orient. Le prince Faisal a condamné l'agression continue d'Israël à Gaza, en Cisjordanie et à Al-Quds Al-Sharif (Jérusalem), y compris ce qu'il a décrit comme des "crimes brutaux", ainsi que les "attaques répétées contre la souveraineté des pays arabes et musulmans", citant en particulier la récente frappe israélienne sur Doha.

"Ces actions soulignent l'insistance d'Israël à poursuivre ses pratiques agressives qui menacent la paix et la stabilité régionales et internationales et sapent les efforts de paix dans la région", a-t-il déclaré.

Seule la mise en œuvre d'une solution à deux États peut apporter une paix durable, a-t-il ajouté.

Le prince Faisal a également salué le récent vote de l'Assemblée générale des Nations unies sur la "Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États", dans laquelle 142 États membres sur 193 ont voté en faveur de la déclaration.

"Cela reflète la volonté de la communauté internationale de rendre justice au peuple palestinien et de consolider ses droits légaux et historiques conformément aux cadres internationaux, aux résolutions pertinentes des Nations unies et à l'initiative de paix arabe", a-t-il ajouté.

Il a déclaré que l'Arabie saoudite était prête à travailler avec la France et d'autres pays en quête de paix pour donner suite aux résultats de la conférence de lundi, contribuer à mettre fin à la guerre à Gaza, cesser les actions unilatérales qui portent atteinte à la souveraineté palestinienne et établir un État palestinien indépendant le long des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Dans son discours de clôture, le prince Fayçal a remercié les États qui ont déjà reconnu officiellement l'État de Palestine ou qui prévoient de le faire, et il a exhorté les autres à prendre "une mesure historique similaire".

Il a ajouté : "Une telle action aura un impact considérable sur le soutien des efforts visant à mettre en œuvre la solution à deux États, à parvenir à une paix permanente et globale au Moyen-Orient et à trouver une nouvelle réalité qui permettra à la région de jouir de la paix, de la stabilité et de la prospérité".

DISCOURS COMPLET :
Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant,

Excellence Monsieur le Président de la République française, Excellence Monsieur le Secrétaire général, Excellence Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Mesdames et Messieurs les invités,

que Dieu, la paix et la bénédiction soient avec vous. J'ai l'honneur de prononcer la déclaration du Royaume d'Arabie saoudite en tant que coprésident de cette conférence, au nom de Son Altesse Royale le Prince Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al-Saud, Prince héritier et Premier ministre du Royaume.

J'ai le plaisir de vous transmettre les salutations de Sa Majesté le Roi Salman bin Abdulaziz Al-Saud, Gardien des Deux Saintes Mosquées, ainsi que ses vœux et ceux du prince héritier pour le succès de cette conférence. Nous remercions Son Excellence le Président Macron et Son Excellence Antonio Guterres pour leurs efforts en vue de parvenir à la solution des deux États ; nous le remercions également d'avoir reconnu l'État de Palestine.

Cette conférence est coprésidée par le Royaume d'Arabie saoudite et la France à un moment où les autorités d'occupation israéliennes poursuivent leur agression et leurs crimes brutaux contre nos frères les Palestiniens dans la bande de Gaza et leurs violations en Cisjordanie et à Al-Quds Al-Sharif, ainsi que leurs attaques répétées contre la souveraineté des pays arabes et musulmans, dont la dernière en date est celle contre le Qatar.

Cela souligne l'insistance d'Israël à poursuivre ses pratiques agressives qui menacent la paix et la stabilité régionales et internationales et sapent les efforts de paix dans la région. Cela réaffirme notre conviction profondément ancrée que la mise en œuvre de la solution des deux États est le seul moyen de parvenir à une paix juste et permanente.

La position historique de son Excellence le Président français de reconnaître l'État de Palestine, le fait que de nombreux pays aient adopté cette même position courageuse, et le large soutien à la résolution de l'Assemblée générale d'adopter (la déclaration) la Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États, qui a reçu 142 voix en sa faveur, reflètent la volonté de la communauté internationale de rendre justice au peuple palestinien et de consolider son droit historique légal, conformément aux cadres internationaux, aux résolutions pertinentes des Nations unies et à l'initiative de paix arabe.

Le Royaume tient à poursuivre son partenariat avec la France et tous les pays qui appellent à la paix pour assurer le suivi de la mise en œuvre des résultats de cette conférence afin de mettre fin à la guerre à Gaza et d'arrêter toutes les mesures unilatérales qui menacent la souveraineté palestinienne, d'œuvrer à la fin du conflit dans la région et d'établir l'État palestinien indépendant sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

En conclusion, nous remercions à nouveau les pays qui ont reconnu ou annoncé leur intention de reconnaître l'État de Palestine ; nous appelons tous les autres pays à prendre une mesure historique similaire qui aura un impact considérable sur le soutien des efforts visant à mettre en œuvre la solution à deux États, à parvenir à une paix permanente et globale au Moyen-Orient et à trouver une nouvelle réalité dans laquelle la région pourra jouir de la paix, de la stabilité et de la prospérité.

Je vous remercie de votre attention.

L'Arabie saoudite et la France ont publié une déclaration après la conférence de paix à l'Assemblée générale des Nations unies.

Le texte de la déclaration commune :
1. Nous, dirigeants de la République française et du Royaume d'Arabie saoudite, coprésidents de la Conférence internationale de haut niveau pour le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États, félicitons les États qui se sont réunis aux Nations unies à New York le 22 septembre 2025, à un moment historiquement critique pour la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient.

2. La Conférence internationale de haut niveau a abouti à l'adoption de la Déclaration de New York, approuvée par l'Assemblée générale à une majorité exceptionnelle de 142 voix. Cette déclaration ambitieuse réaffirme l'engagement international inébranlable en faveur de la solution des deux États et trace une voie irréversible pour construire un avenir meilleur pour les Palestiniens, les Israéliens et tous les peuples de la région.

3. Alors que nous sommes réunis, la situation à Gaza continue de se détériorer avec l'intensification de l'offensive terrestre israélienne dans la ville de Gaza, et les civils et les otages paient un prix injustifiable en raison de la guerre en cours. La déclaration de New York vise à offrir une alternative de principe, mais réaliste, au cycle de la violence et des guerres sans fin.

4. Il est temps pour la communauté internationale de passer des paroles aux actes. Nous saluons l'important travail accompli par les dix-sept coprésidents des groupes de travail de la conférence pour tracer la voie d'une mise en œuvre rapide de la solution à deux États. Nous appelons tous les États à mettre rapidement en œuvre la déclaration de New York par des mesures tangibles, concrètes et irréversibles. Nous saluons les engagements et les mesures importants déjà pris par les États membres des Nations unies.

5. Nous nous félicitons de la reconnaissance de l'État de Palestine par l'Australie, la Belgique, le Canada, le Luxembourg, Malte, le Portugal, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, le Danemark, Andorre, Monaco et Saint-Marin, ainsi que par la France, confirmée aujourd'hui à l'Assemblée générale des Nations unies. Nous invitons les Etats qui ne l'ont pas encore fait à rejoindre ce mouvement.

6. Mettre fin à la guerre à Gaza et assurer la libération de tous les otages reste notre priorité absolue. Nous appelons à un cessez-le-feu permanent, à la libération de tous les otages, à l'échange de prisonniers, à l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire dans tout Gaza et au retrait total des forces israéliennes de Gaza.

7. Afin de garantir le jour d'après aux Palestiniens et aux Israéliens, nous nous engageons à soutenir le déploiement d'une mission internationale temporaire de stabilisation, à l'invitation de l'Autorité palestinienne, qui sera mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, conformément à la déclaration de New York. Parallèlement, nous nous engageons à accroître notre soutien à la formation et à l'équipement de la police et des forces de sécurité palestiniennes, en nous appuyant sur les programmes existants, notamment USSC, EUPOLCOPPS et EUBAM Rafah.

8. Nous soulignons qu'il importe d'unifier la bande de Gaza et la Cisjordanie sous l'égide de l'Autorité palestinienne. Nous nous félicitons de la politique de l'Autorité palestinienne intitulée "Un État, un gouvernement, une loi, une arme" et nous nous engageons à continuer de soutenir sa mise en œuvre. Dans le contexte de la fin de la guerre à Gaza, nous réaffirmons que le Hamas doit mettre fin à son règne à Gaza, désarmer et remettre ses armes à l'Autorité palestinienne, avec l'engagement et le soutien de la communauté internationale, conformément à l'objectif d'un État palestinien souverain.

9. Cette conférence et la reconnaissance de la Palestine visent à la réalisation d'un État palestinien souverain, démocratique et économiquement viable, vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité. À cet égard, nous saluons les engagements historiques pris par le président Mahmoud Abbas, notamment en ce qui concerne le règlement pacifique de la question de Palestine, le rejet continu de la violence et du terrorisme, et sa déclaration selon laquelle l'État palestinien n'a pas l'intention d'être un État militarisé et est prêt à travailler sur des accords de sécurité bénéfiques pour toutes les parties, dans le plein respect de sa souveraineté.

10. Nous nous félicitons des réformes déjà engagées par l'Autorité palestinienne, notamment :

L'abrogation du système de paiement des prisonniers, qui est maintenant effective ;

la réforme de l'école et du programme scolaire, sous la supervision de l'UE et avec le soutien de l'Arabie saoudite ;

L'engagement d'organiser des élections générales et présidentielles démocratiques et transparentes dans un délai d'un an après le cessez-le-feu, permettant une compétition démocratique entre les acteurs palestiniens engagés à respecter la plate-forme et les principes de l'OLP.

Nous soutenons le président Abbas dans la mise en œuvre de nouvelles mesures visant à réformer la gouvernance de l'Autorité palestinienne.

11. Nous nous félicitons du lancement de la Coalition d'urgence pour la Palestine, qui vise à mobiliser un soutien budgétaire d'urgence à l'Autorité palestinienne. Nous invitons tous les États et toutes les organisations internationales à se joindre à cet effort. Nous réitérons notre appel au déblocage immédiat par Israël des recettes fiscales palestiniennes retenues et nous nous engageons à réviser le Protocole de Paris sur les relations économiques et à mettre en place un nouveau cadre pour les transferts de recettes d'apurement.

12. nous demandons instamment aux dirigeants israéliens de saisir cette occasion de paix et de s'engager publiquement et clairement en faveur de la solution des deux États, de mettre immédiatement fin à la violence et à l'incitation contre les Palestiniens, d'arrêter toutes les activités de colonisation, d'accaparement de terres et d'annexion dans le territoire palestinien occupé et de mettre un terme à la violence des colons. Dans un premier temps, nous demandons instamment à Israël d'annuler le projet E1 et de renoncer publiquement à tout projet d'annexion. Nous rappelons que toute forme d'annexion est une ligne rouge pour la communauté internationale qui a de graves conséquences et constitue un risque direct pour les accords de paix existants et futurs.

13. à cet égard, nous nous félicitons des mesures concrètes prises par les États membres pour répondre aux mesures unilatérales contre la solution des deux États et aux violations du droit international jusqu'à ce qu'Israël mette fin aux actions qui mettent en péril la solution des deux États, dans le plein respect du droit international.

14. nous réaffirmons que la fin de l'occupation israélienne et l'instauration d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies, constituent le seul moyen de parvenir à une intégration régionale complète, comme le prévoit l'initiative de paix arabe. À cet égard, nous nous félicitons de l'engagement pris d'étudier une architecture de sécurité régionale qui pourrait fournir des garanties de sécurité pour tous, en s'appuyant sur l'expérience de l'ANASE et de l'OSCE, ouvrant ainsi la voie à un Moyen-Orient plus stable. Nous réaffirmons notre soutien à la relance des efforts sur les volets Syrie-Israël et Liban-Israël dans le but de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies.

15. nous réitérons notre appel à tous les États pour qu'ils se joignent à cette dynamique afin de garantir la paix et la sécurité pour tous au Moyen-Orient, la reconnaissance mutuelle et la pleine intégration régionale.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.