Avec la disparition de Giorgio Armani, la fin d'une époque dans le luxe italien

Des mannequins applaudissent à la fin du défilé de la collection Emporio Armani lors de la Fashion Week Womenswear Spring / Summer 2026 de Milan, le 25 septembre 2025 à Milan. (AFP)
Des mannequins applaudissent à la fin du défilé de la collection Emporio Armani lors de la Fashion Week Womenswear Spring / Summer 2026 de Milan, le 25 septembre 2025 à Milan. (AFP)
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Publié le Samedi 27 septembre 2025

Avec la disparition de Giorgio Armani, la fin d'une époque dans le luxe italien

  • La mort de Giorgio Armani marque la fin d'une génération de fondateurs du luxe italien, laissant place à des maisons en pleine restructuration ou rachat par des groupes étrangers
  • Alors que les grands noms comme Versace, Cavalli ou Sergio Rossi passent sous pavillon étranger, l’avenir du luxe italien pourrait résider dans l’artisanat et l’excellence locale

MILAN: La première Fashion Week de Milan sans Giorgio Armani marque la fin de l'époque des créateurs dans le luxe italien, et laisse un univers de marques et d'artisans en pleine transition.

Après avoir défendu son indépendance toute sa vie, Giorgio Armani, décédé début septembre à 91 ans, a confié à ses héritiers le soin de vendre son groupe. Giorgio Armani a cité les Français L'Oréal et LVMH comme repreneurs potentiels, ainsi que le géant franco-italien des lunettes EssilorLuxottica.

Donatella Versace a également laissé les rênes de sa marque à son concurrent Prada.

"Ce sont les dernières années de la première génération de créateurs italiens, on est en plein remaniement", a commenté une responsable d'une grande maison de mode milanaise, jeudi en marge d'un des défilés de la semaine de la mode qui se termine lundi.

Dans un pays qui favorise les PME, un grand transfert commence à se matérialiser dans les chiffres. En 2012, 76,8% des entreprises de mode italiennes avec plus de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel étaient encore dirigées par la famille fondatrice. Elles n'étaient plus que 57% en 2022, selon une enquête de l'Observatoire Aub publiée en 2024.

De plus, les rachats de pépites italiennes par des groupes étrangers se sont multipliés depuis 30 ans.

Le roi des imprimés Roberto Cavalli, décédé en 2024, avait cédé sa marque en 2019 à un conglomérat émirati. La marque de chaussures Sergio Rossi appartient au Chinois Lanvin Group et les baskets Golden Goose à un fonds londonien.

Dolce & Gabbana, Brunello Cucinelli ou Missoni sont restées des maisons indépendantes. Mais la taille des groupes italiens reste limitée: le champion italien Prada, qui va engloutir son rival en crise Versace, devrait afficher un chiffre d'affaires cumulé d'environ 6 milliards d'euros.

- Conglomérat italien "utopique" -

C'est très loin des 84,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires des géants du luxe LVMH en 2024 (avec les marques italiennes Fendi, Bulgari, Loro Piana, Emilio Pucci, ou des parts dans Tod's), ou des 17,2 milliards d’euros de son concurrent Kering, maison mère de Gucci, Bottega Veneta, Brioni et des bijoutiers Pomellato et DoDo.

"L'Italie n'a pas eu un homme d'affaires assez inspiré pour réussir à agréger un conglomérat. Il y a eu quelques tentatives, mais elles n'ont pas été couronnées de succès", analyse Luca Solca du cabinet Bernstein. "Armani est une très bonne démonstration que l'espoir de voir émerger un conglomérat italien est un peu utopique."

Le luxe entre dans une autre époque, qui pourrait profiter aux Italiens, selon Bernardo Bertoldi, professeur d'économie à l'université de Turin (nord).

LVMH et Kering ont su capitaliser sur des clients en Asie ou au Moyen-Orient qui découvraient le luxe, et étaient prêts à payer cher pour une image de marque, mais ils ont vu leurs recettes baisser.

"Plus sophistiqués, les consommateurs arrêteront d'acheter au supermarché du luxe et iront chercher le meilleur artisan de chaussures à talons", explique Bernardo Bertoldi.

Vendredi, en marge du défilé de Tod's au Pavillon d'art contemporain de Milan, une douzaine d'artisans démontraient leur savoir-faire sur des sacs et des chaussures.

Du côté des créateurs, sur un marché toujours plus compétitif, les grands groupes ont lancé un jeu de chaises musicales dans les maisons italiennes.

L'iconoclaste Demna a pris les rênes de Gucci, Louise Trotter dévoile à Milan sa première collection pour Bottega Veneta et Dario Vitale a remplacé Donatella Versace.

"Qu'advient-il de l'héritage?", s'interroge le créateur Ian Griffiths de Max Mara auprès de l'AFP, dans les coulisses de son défilé milanais. Le designer britannique est arrivé au sein de la marque en 1987 avant de devenir designer principal il y a 16 ans, une éternité pour le secteur.

"J'ai eu 20 ans pour apprendre les codes sartoriaux de Max Mara avant qu'on me laisse prendre n'importe quelle décision", a souligné Ian Griffiths. "Je pense fort à ces designers qui débarquent dans une maison de mode et doivent faire leurs preuves en une ou deux saisons."


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".