Liban: Intensification des attaques israéliennes, le refus du Hezbollah de se désarmer alimente la reprise de la guerre 

Rassemblement sur le site où le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été tué lors de frappes aériennes israéliennes le 27 septembre 2024, un jour avant le premier anniversaire de sa mort. (AP)
Rassemblement sur le site où le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été tué lors de frappes aériennes israéliennes le 27 septembre 2024, un jour avant le premier anniversaire de sa mort. (AP)
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Publié le Vendredi 03 octobre 2025

Liban: Intensification des attaques israéliennes, le refus du Hezbollah de se désarmer alimente la reprise de la guerre 

  • Israël a poursuivi ses frappes quasi-quotidiennes sur le Liban, affirmant généralement qu'il visait des agents ou des sites du Hezbollah, malgré la trêve qui visait à mettre fin à plus d'un an d'hostilités, dont deux mois de guerre ouverte avec le groupe
  • Moins de 24 heures auparavant, un drone israélien a tué un membre du Hezbollah, Ali Qaraouni, alors qu'il conduisait sa voiture dans sa ville natale de Kafra, et en a blessé cinq autres

BEYROUTH : Deux ingénieurs ont été tués jeudi lorsqu'un drone israélien a frappé leur voiture sur la route de Khardali, une route clé reliant les districts de Nabatieh et de Marjayoun à travers le fleuve Litani dans le sud du Liban.

Le ministère libanais de la santé a déclaré que la dernière escalade des attaques transfrontalières avait tué deux personnes et en avait blessé une autre. Les médias affiliés au Hezbollah ont identifié les morts comme étant les ingénieurs Ahmed Saad et Mustafa Rizk, qui travaillaient pour la fondation Jihad Al-Bina du groupe.

L'Ordre des ingénieurs libanais a déclaré dans un communiqué que les deux personnes tuées "accomplissaient leur devoir professionnel et national" alors qu'elles se rendaient dans la région de Khiam pour évaluer les dégâts laissés par la guerre de l'année dernière avec Israël.

L'escalade israélienne survient alors que l'inquiétude grandit au Liban face à la perspective d'une nouvelle guerre, le Hezbollah refusant fermement, avec le soutien de responsables iraniens, de remettre ses armes à l'État.

Moins de 24 heures auparavant, un drone israélien a tué un membre du Hezbollah, Ali Qaraouni, alors qu'il conduisait sa voiture dans sa ville natale de Kafra, et en a blessé cinq autres.

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a déclaré dans une interview télévisée publiée jeudi par l'agence de presse Fars : "Si le Hezbollah n'agit pas pour le moment, c'est parce qu'il ne veut pas rompre l'accord de cessez-le-feu entre le Liban et le régime sioniste. Sinon, il a la capacité de faire pencher la balance sur le terrain".

M. Larijani a déclaré que lors de sa visite au Liban la semaine dernière, il avait constaté que le Hezbollah "se reconstruisait rapidement".

Une source officielle libanaise a confirmé à Arab News que la crainte d'une nouvelle guerre était légitime mais "exagérée et pour des raisons internes".

Il a ajouté que le fait d'amplifier la perspective d'une guerre et d'alimenter cette tension pourrait être un moyen pour Israël de faire pression sur le Hezbollah pour qu'il respecte l'accord de cessez-le-feu et la décision du gouvernement de garder les armes sous le contrôle de l'État.

Le commandement de l'armée libanaise devrait présenter dans les prochains jours son premier rapport mensuel au cabinet lors de sa prochaine session, détaillant les progrès réalisés dans sa mission de monopolisation des armes entre les mains de l'État.

La source officielle a déclaré que le rapport présentera ce que l'armée a fait en termes de surveillance et de confiscation des armes dans la zone située au sud du fleuve Litani, tout en notant l'obstruction posée par l'occupation israélienne continue de cinq positions clés sur le territoire libanais pour accomplir pleinement la mission.

Après avoir rencontré le Premier ministre Nawaf Salam jeudi, l'ancien ministre de la Justice Ashraf Rifi a salué son "engagement inébranlable" à défendre l'État et ses institutions.

M. Rifi a également critiqué le Hezbollah : "À ceux qui vivent dans l'illusion du pouvoir absolu, nous disons : le prestige de l'État ne sera pas compromis.

Il a ajouté : "Beyrouth ne sera pas violée et son peuple libre ne sera pas provoqué. Ce qu'on appelle l'État doit comprendre que l'ère de l'arrogance est révolue et qu'il est vain de se replier sur soi après l'échec d'aventures extérieures."

M. Rifi a déclaré que les dangers qui menacent le Liban sont immenses compte tenu de l'évolution pressante de la situation dans la région. Il a exhorté les responsables à mettre pleinement en œuvre le plan du gouvernement visant à restreindre les armes à l'État, le qualifiant de "voie la plus efficace pour protéger le Liban et restaurer la souveraineté de l'État et de ses institutions".

Il a averti que le pays ne pouvait être protégé que par sa légitimité, renforcée par le soutien arabe et international, et par l'unité de son peuple et de ses communautés.

L'universitaire et écrivain Mona Fayad a déclaré que l'intransigeance du Hezbollah découlait de la position de l'Iran.

"Tout comme Téhéran a exploité le Liban en 2006, l'entraînant dans une guerre avec Israël afin d'obtenir des négociations avec les États-Unis, il pourrait avoir recours à la même approche aujourd'hui.

M. Fayad a ajouté que malgré les divisions internes entre les partisans et les opposants à l'intégration dans l'État, le Hezbollah ne peut finalement pas défier les exigences de l'Iran.

"Le Liban n'est pas en mesure de résister à une nouvelle guerre, même au sein des cercles du Hezbollah", a-t-elle déclaré, notant que les puissances étrangères, en particulier les États-Unis, ne souhaitent pas une nouvelle guerre israélienne contre le Liban. Washington a averti à plusieurs reprises que le Liban devait appliquer l'embargo sur les armes pour éviter d'être entraîné dans un conflit.

Des enquêtes sont en cours sur la violation présumée par le Hezbollah de la directive de M. Salam après que des images des dirigeants assassinés du parti, Hassan Nasrallah et Hashem Safieddine, ont été projetées sur le rocher de Raouche la semaine dernière pour commémorer leur assassinat par Israël.

Jeudi dernier, deux personnes ont été interrogées sous contrôle judiciaire, dont le propriétaire de l'appareil laser utilisé pour la projection, tandis que trois autres ont été convoquées pour être interrogées vendredi.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.