Liban: Frappes aériennes israéliennes sur un complexe résidentiel à Saida

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d'Al-Katrani, dans le sud du Liban, le 11 janvier 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d'Al-Katrani, dans le sud du Liban, le 11 janvier 2026. (AFP)
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Publié le Lundi 12 janvier 2026

Liban: Frappes aériennes israéliennes sur un complexe résidentiel à Saida

  • Plus de 43 frappes aériennes ont été menées en moins de deux heures sur des vallées et des montagnes libanaises
  • Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichai Adraee, a lancé un avertissement aux résidents d'un grand complexe résidentiel à Kfar Hatta, leur demandant d'évacuer les lieux avant sa démolition

BEYROUTH : Les avions de combat israéliens ont lancé dimanche au moins 43 frappes aériennes sur les vallées et les montagnes du sud du Liban, au nord du fleuve Litani, une zone qui reste en dehors du plan actuel de l'armée libanaise visant à consolider les armes sous le contrôle de l'État.

Le Liban a qualifié ces attaques de violations de l'accord de cessez-le-feu.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichai Adraee, a lancé un avertissement aux résidents d'un grand complexe résidentiel à Kfar Hatta, leur demandant d'évacuer les lieux avant sa démolition.

en bref


Israël a poursuivi ses frappes régulières au Liban en dépit de l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024 qui visait à mettre fin à plus d'un an d'hostilités entre Israël et le Hezbollah.

Kfar Hatta se trouve dans le district de Sidon, à 8 km à l'est de la ville côtière de Sidon. Au sud, il borde une grande vallée avec de nombreuses grottes et la rivière Siniq.

Dans un message accompagné d'une carte du complexe, M. Adraee a déclaré que l'armée israélienne "attaquera, dans un avenir proche, l'infrastructure militaire du Hezbollah dans le village pour contrer ses tentatives interdites de reconstruire ses activités dans ce village".

Adraee s'est adressé "aux résidents de l'enceinte marquée en rouge sur la carte ci-jointe et aux bâtiments adjacents : Vous vous trouvez à proximité d'un complexe utilisé par le Hezbollah. Pour votre sécurité, vous êtes obligés de l'évacuer immédiatement et de vous éloigner d'au moins 300 mètres".

Les résidents civils du complexe et de la ville ont demandé au commandement de l'armée libanaise d'inspecter le site et de s'assurer qu'il n'y a pas de structures militaires du Hezbollah.

Les médias ont indiqué que l'armée avait contacté les forces de la FINUL pour demander une inspection du site afin d'éviter qu'il ne soit pris pour cible. Pendant ce temps, le personnel de la défense civile libanaise a bloqué la route entre Kfarhatta et Kfarmelki.

Cependant, l'armée israélienne a poursuivi ses avertissements et a effectué un raid préliminaire avant de lancer un bombardement intensif du complexe (10 frappes aériennes), laissant des dizaines de familles sans abri.

Les frappes aériennes israéliennes successives (33 frappes), effectuées en moins de deux heures, ont visé la zone située entre Wadi Barghaz, Mahmoudiya et Al-Brij - la périphérie de Jbaa dans la région d'Iqlim Al-Tuffah - ainsi que les hauteurs de Jabbour et de Qatrani et la périphérie de Rihan.

Ces zones avaient déjà été visées par des frappes aériennes israéliennes la semaine dernière.

Des avions de reconnaissance israéliens ont survolé à basse altitude toute la vallée de la Bekaa, jusqu'à Hermel.

Une source israélienne a déclaré aux médias que l'armée israélienne avait visé six tunnels du Hezbollah avec 25 missiles.

Adraee a affirmé que les frappes israéliennes étaient une réponse aux violations des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, alléguant que l'armée attaquait les dépôts d'armes du Hezbollah dans le sud du Liban.

Il a déclaré : "Au cours des derniers mois, des activités du Hezbollah ont été observées sur ces sites. Cette activité sur les sites ciblés constitue une violation des accords entre Israël et le Liban. L'armée continuera à travailler pour éliminer toute menace."

L'armée israélienne a déclaré avoir "attaqué les entrées de tunnels utilisés pour stocker des armes à l'intérieur de plusieurs sites militaires du Hezbollah dans le sud du Liban".

Vendredi, Israël a intensifié ses opérations aériennes au Liban avec une série de raids intenses et simultanés visant diverses zones du sud et de la vallée de la Bekaa, dans le cadre d'un effort plus large visant à accroître la pression militaire sur le Hezbollah, qui refuse de renoncer à ses armes au nord du fleuve Litani.

Cette escalade a coïncidé avec l'annonce par le gouvernement libanais de l'achèvement de la première phase de son plan de confinement des armes au sud du fleuve Litani.

Un plan ultérieur visant à contenir les armes du Hezbollah au nord de cette ligne devrait être adopté en tant qu'étape préliminaire, étant donné la vaste zone dans laquelle l'armée libanaise doit opérer pour mener à bien le plan de confiscation des armes.

L'armée israélienne a exprimé des doutes quant à la capacité de l'armée libanaise à remplir sa mission.

Le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu doit tenir sa prochaine réunion à Ras Al-Naqoura le 17 janvier.

Le président Emmanuel Macron a salué les "déclarations encourageantes des autorités libanaises sur le rétablissement du monopole de l'Etat sur les armes".

Il a posté sur X : "Ce processus doit être poursuivi avec détermination. La deuxième phase du plan sera une étape cruciale. Toutes les parties doivent respecter pleinement l'accord de cessation des hostilités et restaurer la souveraineté totale du Liban."

Macron a affirmé que la France, avec ses partenaires, "reste pleinement engagée aux côtés du Liban et de son armée", notant qu'"une conférence internationale se tiendra prochainement à Paris pour donner au Liban et à son armée les moyens concrets de garantir cette souveraineté."


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.