« L’Iran n’est plus le tyran du Moyen-Orient », affirme Trump à Davos

Le président américain Donald Trump participe à la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 21 janvier 2026. (Reuters)
Le président américain Donald Trump participe à la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 21 janvier 2026. (Reuters)
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Publié le Jeudi 22 janvier 2026

« L’Iran n’est plus le tyran du Moyen-Orient », affirme Trump à Davos

  • Téhéran aurait obtenu l’arme nucléaire en deux mois si les États-Unis n’avaient pas détruit des installations, affirme le président au Forum économique mondial
  • Il exclut le recours à la force pour prendre le Groenland, mais exige des négociations immédiates avec le Danemark pour l’acquérir

DAVOS : L’Iran n’est plus le « tyran du Moyen-Orient », grâce aux frappes militaires américaines contre les installations nucléaires de Téhéran l’an dernier, a déclaré mercredi le président Donald Trump devant le Forum économique mondial.

« Si nous ne les avions pas éliminées, ils auraient eu une arme nucléaire en deux mois », a affirmé Trump à propos des frappes menées en juin.

Selon lui, l’attaque contre le programme atomique iranien a ouvert la voie à l’accord de paix sur Gaza conclu en septembre, mettant largement fin à la guerre de deux ans menée par Israël dans le territoire.

Tout en estimant que les actions américaines avaient apporté « la paix au Moyen-Orient », Trump a exhorté le Hamas à respecter l’accord et à déposer les armes, sous peine d’être « anéanti ».

Ses propos ont été tenus lors d’un entretien, après un discours très attendu et de grande ampleur prononcé lors de la réunion annuelle du forum à Davos, en Suisse, et largement consacré à l’Europe, au Groenland et à l’OTAN.

Interrogé sur la reconstruction de Gaza et d’éventuels investissements américains de plusieurs milliards de dollars, Trump a mis en avant les progrès réalisés dans le cadre de l’accord.

Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière que l’accord était entré dans sa deuxième phase, comprenant la démilitarisation de toutes les factions armées du territoire, la mise en place d’une administration transitoire et le lancement des efforts de reconstruction.

Trump a indiqué que les trois prochaines semaines permettraient de savoir si le Hamas accepterait de remettre ses armes.

« S’ils ne le font pas, ils seront éliminés très rapidement », a-t-il ajouté.

Cinquante-neuf pays participent à l’accord de paix, a précisé le président, dont certains sont très éloignés du Moyen-Orient mais souhaitent néanmoins « venir et éliminer le Hamas ».

Il a reconnu l’ampleur du défi, soulignant que les combattants du Hamas « sont nés une arme à la main », tout en rappelant que c’était l’engagement pris par les nations signataires de l’accord de paix en 20 points.

L’accord a été conclu après que la guerre à Gaza s’est transformée l’an dernier en conflit régional élargi, notamment entre Israël et l’Iran. Après une semaine d’attaques réciproques entre les deux pays, les États-Unis sont intervenus le 21 juin aux côtés de leur allié israélien, bombardant trois sites clés liés au programme nucléaire iranien.

« Ils étaient très proches d’obtenir l’arme nucléaire, et nous les avons frappés durement », a déclaré Trump. « Ils peuvent essayer à nouveau, mais ils devront le faire ailleurs, car cette zone a été anéantie. »

Il a ajouté : « Ils (l’Iran) étaient le tyran du Moyen-Orient. Ils ne le sont plus. »

Trump n’a pas évoqué directement son « Conseil de la paix », issu du cessez-le-feu à Gaza et envisagé comme un futur organe international de résolution des conflits. Il devrait en présenter la première charte à Davos jeudi.

Le président a en revanche longuement parlé du Groenland et des alliés de Washington au sein de l’OTAN. Il a affirmé qu’il n’utiliserait pas la force pour prendre le contrôle du territoire danois semi-autonome, mais a insisté sur le fait que les États-Unis devraient en assurer la gestion.

Il a exigé l’ouverture immédiate de négociations pour acquérir le Groenland auprès du Danemark, déclarant que les États-Unis souhaitaient en obtenir le contrôle « y compris les droits, les titres et la propriété ».

« Nous n’obtiendrons probablement rien à moins que je décide d’utiliser une force et une puissance excessives, auxquelles nous serions, franchement, imparables. Mais je ne le ferai pas, d’accord ? Je n’ai pas besoin d’utiliser la force », a-t-il ajouté.

Il a affirmé que ses ambitions concernant le Groenland visaient la « protection du monde » et a adressé un avertissement à l’OTAN : « Vous pouvez dire “oui” et nous vous en serons très reconnaissants. Ou vous pouvez dire “non”, et nous nous en souviendrons. »

La volonté affichée de Trump de placer le Groenland sous contrôle américain — une immense île arctique devenue de plus en plus stratégique à mesure que la glace fond — a provoqué une profonde fracture au sein de l’Alliance atlantique.

Les dirigeants européens ont exprimé une vive inquiétude face à l’insistance de l’administration Trump, tandis que Washington a menacé d’imposer des droits de douane punitifs en réponse aux objections.

À Davos, Trump a également livré de sévères critiques à l’égard de l’Europe et du Canada, décrivant la première comme économiquement et politiquement affaiblie, tandis que les États-Unis prospéreraient sous sa direction.

« Je veux voir l’Europe aller bien, mais elle ne prend pas la bonne direction », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous voulons des alliés forts, pas gravement affaiblis. »

Il a aussi exprimé des doutes sur la capacité de l’OTAN à venir en aide aux États-Unis en cas de besoin.

Interrogé sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, Trump a affirmé qu’un accord de paix était « raisonnablement proche » après des mois de diplomatie menés par son administration pour mettre fin au conflit.

Il a indiqué qu’il rencontrerait à Davos le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant que les deux camps seraient « stupides » s’ils ne parvenaient pas à un accord.

« Je pense qu’ils sont arrivés à un point où ils peuvent se rapprocher et conclure un accord », a-t-il déclaré.

À l’approche des élections de mi-mandat de novembre aux États-Unis, Trump a également abordé des enjeux intérieurs dans un discours largement axé sur la politique étrangère.

Il a mis en avant ses efforts pour alléger la charge financière pesant sur les électeurs américains, notamment un plafonnement à 10 % des taux d’intérêt des cartes de crédit et l’interdiction pour les investisseurs institutionnels d’acheter des maisons familiales.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.