L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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Publié le Dimanche 01 février 2026

L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.

Profil

Ibrahim Abdulmalik Olabi a été nommé représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies le 19 août dernier. Auparavant, il occupait depuis février 2025 le poste de conseiller spécial pour les affaires juridiques internationales au ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés. Il est titulaire d'un master en politique publique de l'université d'Oxford, d'un LLM en sécurité et droit international, et d'un LLB de l'université de Manchester.

En ce qui concerne le règlement des différends, Olabi a clairement indiqué que tous les différends seraient traités en interne, par le biais d'un dialogue entre les factions syriennes, le processus restant entièrement sous le contrôle du pays.

« Tout différend éventuel devra être résolu ensemble. La porte a toujours été ouverte. Nous n’avons jamais voulu recourir à des solutions militaires. Il n’y a ni juge ni jury extérieur : ce sont des composantes syriennes qui se réunissent pour construire la Syrie qu’elles souhaitent. »

Cet accord fait suite à plusieurs mois d'affrontements intenses entre les forces gouvernementales syriennes et les groupes armés kurdes dans les quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyah à Alep, en décembre 2025 et janvier 2026. Les combats ont fait des dizaines de morts dans les deux camps et contraint des milliers de civils à fuir leurs maisons. Plusieurs accords de cessez-le-feu ont échoué avant ce dernier accord, soulignant la fragilité de la confiance et les risques d'une nouvelle escalade.

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Des détenus se rassemblent au camp d'al-Hol à Hassaké, en Syrie, le 21 janvier 2026, après que le gouvernement syrien en a pris le contrôle à la suite du retrait des Forces démocratiques syriennes. (REUTERS)

Olabi a expliqué que l’accord actuel se distinguait des précédents en ce qu’il transformait ces ententes initiales en un accord plus détaillé, assorti de calendriers précis et de paramètres techniques clairement définis, façonné par de nouvelles réalités politiques et militaires et renforcé par le soutien international et onusien.

« Nous estimons que cet accord constitue l’étape suivante par rapport à l’accord initial. Il comporte davantage de détails techniques, des échéanciers plus précis et une approche plus nuancée que l’accord-cadre signé il y a quelques jours. Les puissances internationales et l’ONU l’ont accueilli favorablement, et les nouvelles réalités politiques et militaires contribuent toutes à son succès », a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite a salué l’accord de cessez-le-feu et d’intégration, le qualifiant d’étape vers la paix, l’unité nationale et la stabilité. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères a réaffirmé le soutien du Royaume à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie. Il a souligné que l’accord pourrait contribuer à renforcer la sécurité et la stabilité, à atténuer les souffrances humanitaires et à créer des conditions favorables à la reconstruction et au retour des Syriens déplacés, tout en insistant sur l’importance d’un processus politique dirigé par les Syriens.

Olabi a décrit le soutien saoudien comme conforme à l’appui de longue date du Royaume en faveur d’une Syrie souveraine et unifiée.

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Deux femmes marchent entre des tentes au camp de Roj, l’un des centres de détention abritant des milliers de membres du groupe Daech et leurs familles, dans la région d’Al-Malikiyah, au nord-est de la Syrie, le 29 janvier 2026. (AP)

« Le Royaume d’Arabie saoudite a été un partenaire clé et un allié essentiel du peuple syrien depuis de très nombreuses années, ainsi que du nouveau gouvernement syrien et de la nouvelle direction syrienne. Nous l’avons constaté dès le premier jour. Nous l’avons vu lorsque le président Trump a rencontré le président Ahmad Al-Sharaa ; c’était la première fois que cela se produisait à Riyad », a-t-il déclaré.

« Nous avons vu leur soutien en faveur de la levée des sanctions, ainsi que l’appui institutionnel qu’ils nous apportent en travaillant avec nous au renforcement de nos capacités afin d’assurer une Syrie stable. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a été un allié majeur, et le fait qu’ils accueillent favorablement une telle déclaration s’inscrit dans la continuité de leurs politiques de soutien à une Syrie unie, forte et stable », a-t-il ajouté.

Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a salué l’accord dans un message publié vendredi sur X. Il l’a qualifié de « jalon profond et historique dans le parcours de la Syrie vers la réconciliation nationale, l’unité et une stabilité durable », ajoutant qu’il confirmait « le principe selon lequel la force de la Syrie réside dans l’acceptation de la diversité et la prise en compte des aspirations légitimes de l’ensemble de son peuple ».

Olabi a indiqué que l’administration américaine reconnaissait les bénéfices mutuels d’une Syrie stable et unifiée.

« Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump et avec son envoyé pour la Syrie, l’ambassadeur Tom Barrack, ont compris qu’il était dans l’intérêt américain d’avoir une Syrie stable et unifiée. Ils ont également reconnu que la meilleure protection et la meilleure réussite à long terme des FDS se trouvent au sein de l’État syrien », a-t-il déclaré.

Barrack a souligné que ce moment revêtait une « importance particulière » pour le peuple kurde, dont les « sacrifices extraordinaires » et la « résilience inébranlable » ont été essentiels à la défense de la Syrie et à la protection des populations vulnérables.

Le récent décret présidentiel n° 13 constitue une « avancée transformatrice » vers l’égalité, rétablissant la citoyenneté, reconnaissant le kurde comme « langue nationale » et corrigeant des « injustices de longue date » afin d’affirmer la place des Kurdes dans une Syrie sûre et inclusive.

Plus tôt ce mois-ci, le président Al-Sharaa a promulgué un décret reconnaissant et protégeant officiellement les droits culturels et civils des Kurdes, notamment en matière de langue et de représentation, dans le cadre d’efforts plus larges visant à remédier à des griefs anciens. Cette décision a été présentée par le gouvernement syrien comme une décision souveraine de l’État, indépendante des négociations en cours avec des groupes armés.

Olabi a déclaré : « Cette question doit être dissociée des droits des Kurdes, car pour nous, les Kurdes constituent une composante essentielle présente dans toute la Syrie — à Damas, à Alep, à Afrine, à Idlib et ailleurs. Comme vous le savez, le décret accordant des droits aux Kurdes a été publié indépendamment des négociations. Il n’en était pas le résultat et n’a pas été adopté pendant celles-ci. »

Israël a poursuivi ses opérations militaires en Syrie au cours de l’année écoulée, après l’éviction de Bachar Al-Assad du pouvoir, menant des frappes aériennes répétées et des incursions terrestres que le gouvernement d’Al-Sharaa affirme constituer des violations de la souveraineté syrienne et avoir causé la mort de civils, tout en affichant parallèlement une ouverture au dialogue diplomatique.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, font la queue pour régulariser leur situation auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a fait référence à un message publié en décembre 2025 par le président Trump à la suite d’une incursion israélienne ayant coûté la vie à 13 Syriens. « Le gouvernement syrien a déclaré dès le premier jour qu’il respecterait l’accord de 1974 entre la Syrie et Israël, un accord qui a résisté à l’épreuve du temps pendant plus de cinquante ans. Nous avons même engagé un dialogue public et ouvert avec Israël par l’intermédiaire d’une médiation américaine », a-t-il déclaré.

« Mais les actions d’Israël ont été contraires aux intérêts syriens. La Syrie ne constituera une menace pour personne. Nous sommes toujours ouverts à la diplomatie et à un engagement constructif. S’il existe des préoccupations légitimes en matière de sécurité, nous pouvons les traiter. En revanche, les accaparements de terres et la déstabilisation sont inacceptables. Aucun gouvernement syrien ne peut céder les droits de la Syrie. »

S’agissant de la reconstruction de la confiance après des années de combats entre factions, Olabi a souligné la distinction entre les FDS en tant que faction armée et la population kurde syrienne dans son ensemble, qui a subi des décennies de discrimination. « Les Kurdes ont constaté notre discipline dans les opérations, le décret protégeant leurs droits et notre volonté d’engagement. C’est pourquoi beaucoup ont choisi de se déplacer d’Alep vers Afrine », a-t-il déclaré.

Vendredi, le gouvernement syrien a déclaré les camps d’Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie, qui abritent des familles liées à d’anciens combattants de Daech, comme zones de sécurité officielles. La sécurité s’y est effondrée après le retrait des FDS, dans un contexte de combats intenses, avec des informations faisant état de l’évasion possible d’environ 1 500 personnes liées à Daech.

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Un garçon mange du pain alors que des Syriens déplacés trouvent refuge dans une mosquée après des affrontements entre les Forces démocratiques syriennes et l’armée syrienne à Qamichli, en Syrie, le 29 janvier 2026. (REUTERS)

L’aide humanitaire est désormais bloquée. Le camp abrite environ 24 000 personnes — principalement des femmes et des enfants — dont près de 14 500 Syriens, 3 000 Irakiens et 6 500 ressortissants étrangers.

« Le gouvernement syrien a hérité d’une situation extrêmement complexe à Al-Hol, avec de nombreuses familles d’anciens combattants de Daech. Nous avons assumé la responsabilité à la fois de la sécurité et de la gestion humanitaire. Nous appelons également les États dont les ressortissants y sont détenus à assumer leurs responsabilités. Le HCR et d’autres agences de l’ONU sont mobilisés, et nous espérons traiter cette situation de manière humaine, juste et sécurisée dans les semaines à venir », a-t-il déclaré.

Alors que la Syrie et les FDS entament cette phase d’intégration, des analystes mettent en garde : si le cessez-le-feu offre un cadre, la méfiance persistante, les griefs non résolus et les pressions extérieures pourraient fragiliser les avancées.

Olabi a toutefois affirmé que l’accent restait mis sur l’autonomie syrienne et la responsabilité de l’État de protéger tous les citoyens. « Les gens ont vu que nous n’avons aucun intérêt pour les représailles. Nous voulons avancer », a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.