Retour sur plus de 100 ans de relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et la France

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) accueillant le président français Emmanuel Macron (à gauche) dans la ville côtière de Djeddah, sur la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 4 décembre 2021. (Archives/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) accueillant le président français Emmanuel Macron (à gauche) dans la ville côtière de Djeddah, sur la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 4 décembre 2021. (Archives/AFP)
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Publié le Lundi 24 août 2026

Retour sur plus de 100 ans de relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et la France

  • Un siècle de relations officielles a transformé les liens bilatéraux en un vaste partenariat stratégique
  • Les échanges diplomatiques ont renforcé la coopération dans les domaines de la défense, du commerce, de la culture, de l’investissement et de la sécurité régionale

RIYAD : L’Arabie saoudite et la France entretiennent et ont renforcé une relation officielle vieille de 100 ans, à travers des partenariats dans les domaines politique, économique, culturel et de la défense, ainsi que de nombreuses visites d’État réciproques.

Les deux pays accordent une grande importance à la diplomatie et à la politique étrangère, partageant l’objectif commun de promouvoir la sécurité et la stabilité régionales.

Pour comprendre l’histoire de leurs relations, il faut remonter au XIXe siècle à Djeddah, qui marque le début des relations politiques entre la France et la péninsule Arabique. Celles-ci se sont concrétisées avec l’établissement du consulat de Djeddah en 1839, premier poste diplomatique français dans la région.

En 1926, les relations diplomatiques complètes ont officiellement débuté lorsque la France est devenue l’un des premiers pays à reconnaître le Royaume du Hedjaz et du Nejd, avant son unification en 1932. De nombreuses visites réciproques ont eu lieu dès les premières années, avec des discussions portant sur les moyens de développer la coopération dans les domaines de la défense, de l’énergie, de l’investissement et de la culture.

Les relations ont suivi une trajectoire stable pendant le mandat de l’ancien ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Abdulaziz Al-Saud. Toutefois, les liens diplomatiques entre les deux pays ont été rompus en 1956. Le roi Saoud a mis fin aux relations diplomatiques officielles en solidarité avec l’Égypte, alors envahie par la France, la Grande-Bretagne et Israël. Il a également rompu les relations avec le Royaume-Uni et suspendu les livraisons de pétrole aux deux pays.

Il a fallu six ans pour rétablir les canaux diplomatiques officiels entre Riyad, Paris et Londres. En 1963, l’Arabie saoudite et la France ont commencé à renforcer leur relation avec la signature d’un accord de coopération culturelle et technique.

Cette initiative émanait du prince Faisal, devenu roi par la suite, dans le cadre de ses efforts visant à diversifier les partenariats internationaux de l’Arabie saoudite au-delà des États-Unis et du Royaume-Uni. En conséquence, l’École française internationale a ouvert ses portes à Djeddah en 1966, devenant la première d’une série d’écoles françaises à travers le Royaume.

Les relations saoudo-françaises sont entrées dans une nouvelle phase après la visite du roi Faisal bin Abdulaziz en France en 1967 et sa rencontre avec le président français de l’époque, Charles de Gaulle. Cette visite historique a élargi la coopération bilatérale dans de nombreux secteurs afin de faire progresser les intérêts communs des deux pays.

La visite coïncidait avec la guerre des Six Jours, menée du 5 au 10 juin entre Israël et une coalition de pays arabes. L’Arabie saoudite a maintenu une position ferme en faveur de la Palestine, tandis que la France a publiquement condamné les offensives israéliennes et gelé ses livraisons d’armes à Israël.

Cette évolution a renforcé les relations saoudo-françaises, tandis que les discussions entre le roi Faisal et le président de Gaulle ont servi de catalyseur à un fort rapprochement stratégique.

En janvier 1972, l’Arabie saoudite et la France ont approfondi leur coopération en matière de défense avec la signature d’un accord historique d’assistance militaire. Cet accord a permis au Royaume de diversifier son arsenal et a constitué une étape majeure des relations bilatérales, faisant de la France l’un des principaux fournisseurs d’équipements militaires de l’Arabie saoudite.

Pendant la guerre israélo-arabe de 1973, le roi Faisal a effectué une visite d’État en France, où il a été reçu à Paris par le président Georges Pompidou. Leurs discussions de haut niveau ont porté sur les acquisitions militaires, notamment les avions Mirage français, ainsi que sur l’approvisionnement à long terme de la France en pétrole saoudien destiné à alimenter son industrie.

En janvier 1977, les relations entre les deux pays ont franchi une nouvelle étape majeure lorsque Valéry Giscard d’Estaing est devenu le premier président français à effectuer une visite officielle en Arabie saoudite.

Ce qui a véritablement eu un impact mondial et amplifié le poids géopolitique croissant du Royaume sur la scène internationale n’a pas été la visite elle-même, mais le discours historique du président français, dans lequel il a salué l’Arabie saoudite comme une puissance mondiale.

Le 4 juin 1977, la coopération économique saoudo-française a franchi une nouvelle étape lorsque le roi Khalid bin Abdulaziz Al-Saud a publié un décret royal établissant Banque Saudi Fransi en 2002 en tant que société par actions saoudienne.

La nouvelle entité a repris les activités du groupe bancaire français Banque de l’Indochine et de Suez dans le Royaume. Cette opération a donné naissance à une coentreprise dans laquelle les actionnaires saoudiens détenaient la majorité du capital, tandis que l’institution française conservait une participation minoritaire ainsi que le contrôle de la gestion technique.

Une autre étape importante des relations bilatérales a été franchie en 1978, lorsque le roi Khalid s’est rendu à Paris pour sa première visite d’État en France, élargissant les échanges dans les domaines de la sécurité et de la culture.

Au cours des années suivantes, l’élan diplomatique de haut niveau s’est poursuivi avec de fréquentes visites d’État réciproques.

Le président Giscard d’Estaing s’est de nouveau rendu à Riyad en mars 1980, suivi par le président nouvellement élu François Mitterrand en septembre 1981, pour sa première visite officielle hors d’Europe. En 1984, le roi Fahd Abdulaziz Al-Saud a effectué sa première visite d’État en France en tant que souverain de l’Arabie saoudite.

Au cours des six dernières décennies, les deux pays ont continuellement approfondi leur collaboration culturelle, qui s’est étendue à des projets communs dans le développement des musées, l’industrie cinématographique et la préservation du patrimoine.

En avril 1997, le prince Salman bin Abdulaziz, alors gouverneur de la province de Riyad et futur roi d’Arabie saoudite, a rencontré à Paris le président français de l’époque, Jacques Chirac, pour signer une charte de coopération et d’amitié entre les deux capitales.

L’accord a facilité le partage de connaissances entre les autorités municipales de Riyad et de Paris afin de faire progresser la planification urbaine et le développement des infrastructures. Il a également établi une plateforme officielle pour les échanges culturels et patrimoniaux.

Le Conseil d’affaires saoudo-français a été créé quelques années plus tard, en 2001, faisant progressivement évoluer le cadre économique bilatéral vers des partenariats directs entre acteurs du secteur privé. Le conseil a réuni dirigeants d’entreprise et investisseurs des deux pays afin de favoriser les coentreprises.

En avril 2005, le prince héritier Abdullah Al-Saud a effectué une visite officielle à Paris. Ce déplacement a marqué sa dernière grande visite d’État en Europe avant son accession au trône en août de la même année.

En 2006, la France et l’Arabie saoudite ont signé un accord de coopération en matière de défense, actualisant le cadre militaire établi en 1972 entre les deux pays. Peu après, en juin 2007, le roi Abdullah est retourné à Paris pour une visite officielle et a rencontré le président français Nicolas Sarkozy.

L’Arabie saoudite et la France ont davantage développé leur coopération énergétique en janvier 2008, lors d’une visite d’État de deux jours du président Sarkozy, qui a donné lieu à la signature d’accords bilatéraux dans les secteurs du pétrole, du gaz et des mines.

Les liens entre les peuples se sont renforcés en 2010 avec l’ouverture en Arabie saoudite de centres de l’Alliance française, institution officielle dédiée à l’enseignement du français comme langue seconde.

En décembre 2013, le président français François Hollande a rendu visite au roi Abdullah à Riyad. Cette visite de deux jours était consacrée au développement de la coopération commerciale et à la réaffirmation d’un engagement commun en faveur de la sécurité et de la stabilité régionales au Moyen-Orient.

Le 1er septembre 2014, le prince héritier Salman bin Abdulaziz, alors vice-Premier ministre, a effectué une visite officielle de quatre jours en France afin de renforcer la coopération.

Le 5 mai 2015, le président Hollande a rencontré le roi Salman à Riyad et s’est adressé au premier sommet entre le Conseil de coopération du Golfe et la France, s’engageant à « travailler de toutes mes forces pour approfondir cette relation et ce partenariat stratégique, avec vos États membres et avec votre organisation, à tous les niveaux ».

En juin 2015, le vice-prince héritier et ministre de la Défense Mohammed bin Salman a rencontré le président Hollande à Paris, alors que la France et l’Arabie saoudite signaient d’importants accords commerciaux d’une valeur de 12 milliards de dollars.

En novembre 2017, le président français Emmanuel Macron s’est rendu en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed bin Salman, à la suite d’une attaque de missile des Houthis soutenus par l’Iran contre Riyad. Il s’est engagé à « travailler avec l’Arabie saoudite afin de garantir la stabilité de la région et de lutter contre le terrorisme ».

En avril 2018, le prince héritier a effectué sa première visite officielle en France, où il a rencontré le président Macron afin de consolider les liens économiques bilatéraux et de sécuriser des contrats commerciaux entre des entreprises saoudiennes et françaises d’une valeur de 18 milliards de dollars. Lors de cette visite, les deux pays ont également établi un partenariat historique visant à faire d’AlUla une destination de premier plan pour la culture, le patrimoine et le tourisme durable.

La période 2018-2019 a marqué une étape majeure de la coopération saoudo-française autour d’AlUla. Des programmes de formation ont été lancés avec Campus France afin de former des Saoudiens appelés à travailler dans le secteur de l’hospitalité à AlUla. Parallèlement, l’agence française Afalula a été créée à Paris pour soutenir le développement de la région.

En février 2019, le projet touristique d’AlUla a été lancé avec la planification d’un complexe hôtelier de luxe conçu par l’architecte français Jean Nouvel, lauréat du prix Pritzker, dont l’ouverture était alors prévue pour 2023.

Dans le domaine de la coopération culturelle, l’exposition « AlUla : Merveille d’Arabie », organisée à l’Institut du monde arabe à Paris, a mis en lumière les trésors culturels du Royaume en octobre 2019.

En mars 2020, l’Arabie saoudite a accueilli le G20. Le président Emmanuel Macron figurait parmi les dirigeants mondiaux ayant participé à la réunion virtuelle consacrée à la COVID-19.

Une visite d’État historique a eu lieu en décembre 2021, lorsque le président Macron s’est rendu à Djeddah et a rencontré le prince héritier pour signer plusieurs accords stratégiques, culturels et touristiques. Au cours de cette visite, les deux pays ont signé un accord entre le ministre du Tourisme Ahmed Al-Khateeb et le ministre français délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Franck Riester, afin de renforcer la coopération touristique.

Lors de la signature, le ministre du Tourisme a déclaré : « Je suis heureux que la France soit notre partenaire proche dans le développement de notre activité touristique. Nous avons déjà une longue histoire et une relation solide, et cet accord permettra de renforcer notre coopération dans le domaine du tourisme. »

L’année 2021 a également été marquée par un échange de visites ministérielles et d’État de haut niveau entre l’Arabie saoudite et la France. Le 17 mai, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a dirigé la délégation du Royaume à la Conférence internationale de soutien au Soudan et participé au Sommet de Paris sur le financement des économies africaines, organisé par le président français.

Les visites du prince héritier et Premier ministre en France en juillet 2022 et en juin 2023, ainsi que la visite du président Macron dans le Royaume en décembre 2021, ont contribué à élargir le champ de coopération entre les deux pays.

Sur le plan commercial, les exportations non pétrolières de l’Arabie saoudite vers la République française ont atteint 1,3 milliard de riyals saoudiens, tandis que les importations se sont élevées à 14,7 milliards de riyals en 2022.

En décembre 2024, le président Macron a effectué une visite d’État en Arabie saoudite. Les deux pays ont convenu de faire progresser trois objectifs prioritaires : le développement national et la défense, la stabilité régionale et mondiale, ainsi que les grandes questions internationales, à commencer par le changement climatique.

En septembre 2025, l’Arabie saoudite et la France ont conjointement soumis à l’Assemblée générale des Nations unies une décision visant à relancer la Conférence internationale de haut niveau sur la solution à deux États et la question palestinienne.

En juillet 2026, Paris est devenue la première ville hôte internationale de l’Esports World Cup en dehors de Riyad, accélérant l’ambition à long terme de la Fondation Esports d’établir une rotation mondiale de l’événement.

Pour l’avenir, les deux pays sont engagés dans un plan d’action conjoint pour la période 2023-2028. Celui-ci met l’accent sur l’intelligence artificielle, la logistique verte et la stimulation du développement dans les secteurs du tourisme, du sport et du divertissement.

Au cours de leurs 100 années de relations bilatérales officielles, la France a considéré le Royaume comme un allié fiable, jouant un rôle essentiel dans la préservation de la paix et de la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.