France–Arabie saoudite : le pari d’un bond technologique commun

Philippe Aghion est un éminent économiste français, mondialement reconnu pour ses travaux sur la croissance et l'innovation. il est professeur au Collège de France et à la London School of Economics. (Photo fournie)
Philippe Aghion est un éminent économiste français, mondialement reconnu pour ses travaux sur la croissance et l'innovation. il est professeur au Collège de France et à la London School of Economics. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 26 août 2026

France–Arabie saoudite : le pari d’un bond technologique commun

  • Pour Philippe Aghion, la France possède les talents, la technologie et le savoir-faire ; l’Arabie saoudite possède les capitaux, une capacité d’investissement et une dynamique industrielle
  • La coopération entre les deux pays pourrait ainsi s’appuyer sur cette complémentarité entre capitaux, compétences et technologies

PARIS: Philippe Aghion est un éminent économiste français, mondialement reconnu pour ses travaux sur la croissance et l'innovation. il est professeur au Collège de France et à la London School of Economics.

Ses recherches ont profondément renouvelé la théorie de la « destruction créatrice » de Joseph Schumpeter. Elles démontrent comment l'innovation, stimulée par la concurrence et encadrée par l'État, est le véritable moteur de la croissance économique moderne. Ses contributions majeures à la science économique ont été couronnées par le prix Nobel d'économie. Arab News en français a pu le rencontrer à Paris.

Pour lui, la France possède les talents, la technologie et le savoir-faire ; l’Arabie saoudite possède les capitaux, une capacité d’investissement et une dynamique industrielle ; leur rapprochement pourrait permettre de financer une nouvelle génération d’innovations, notamment dans l’IA, tout en servant de catalyseur aux réformes économiques et institutionnelles françaises.  La coopération entre les deux pays pourrait ainsi s’appuyer sur cette complémentarité entre capitaux, compétences et technologies.

L’Arabie saoudite et les pays du Golfe peuvent-ils réaliser un « bond technologique » ?

Oui. L’Arabie saoudite dispose d’un avantage majeur : ses capacités financières et son expérience industrielle peuvent contribuer à accélérer l’innovation. La France, de son côté, possède les compétences scientifiques et technologiques nécessaires.

Quels sont les atouts de la France dans cette coopération ?

La France dispose d’un excellent vivier de talents, notamment en mathématiques, en informatique et en ingénierie. Elle possède également des compétences reconnues dans l’aéronautique, la défense, le nucléaire, le ferroviaire, le luxe et certaines technologies d’intelligence artificielle, notamment dans la reconnaissance d’images.

Quel est le principal handicap de la France ?

La situation budgétaire et le niveau d’endettement limitent fortement les capacités françaises d’investissement, notamment dans les innovations de rupture. La hausse des taux d’intérêt accentue encore cette contrainte.

Que peuvent s’apporter réciproquement la France et l’Arabie saoudite ?

La formule qui résume cette complémentarité est simple : « L’Arabie saoudite a les fonds, la France a le savoir-faire. » Mais Riyad apporte également son expérience industrielle et pétrolière. L’objectif est donc de créer une véritable force de frappe commune.

Pourquoi l’IA constitue-t-elle un domaine prioritaire ?

L’intelligence artificielle possède un potentiel de croissance considérable, puisqu’elle peut automatiser la production de biens, de services et même d’idées. Mais son développement nécessite des données et surtout une énorme puissance de calcul, particulièrement coûteuse. C’est précisément un domaine dans lequel les deux pays pourraient coopérer.

La France peut-elle développer une IA européenne capable de concurrencer les États-Unis et la Chine ?

Oui, et cela est considéré comme important. L’objectif serait que la France soit au cœur d’une initiative européenne comparable à la DARPA américaine, avec éventuellement la participation d’autres pays européens et un financement saoudien.

Pourquoi la coopération avec l’Arabie saoudite serait-elle déterminante pour l’IA ?

Parce que le principal obstacle français est le manque de financement. L’Arabie saoudite pourrait fournir les capitaux nécessaires, tandis que la France apporterait ses chercheurs, ses ingénieurs, ses talents et ses technologies.

Quelle vision de l’IA la France devrait-elle défendre ?

La France devrait promouvoir une IA plus éthique, davantage respectueuse des individus, des droits de propriété, des libertés et de la démocratie. Il existe, selon l’interviewé, un marché mondial pour une intelligence artificielle correspondant à ces valeurs.

La France et l’Arabie saoudite peuvent-elles construire ensemble cette « IA de confiance » ?

Oui. Il s’agirait d’un scénario gagnant-gagnant : la France apporterait les compétences et les valeurs, tandis que l’Arabie saoudite fournirait les financements et certaines capacités industrielles. Cette IA pourrait notamment intéresser les pays du Sud global.

La coopération franco-saoudienne dépasse-t-elle les seuls intérêts économiques ?

Oui. Les deux pays peuvent également coopérer sur les questions institutionnelles, culturelles et géopolitiques. Malgré leurs différences culturelles, ils partagent, selon l’interviewé, certains intérêts et certaines valeurs.

en bref LE ROLE DU FINANCEMENT SAOUDIEN

Les investissements saoudiens ne devraient pas se limiter à apporter des capitaux au système français existant. Ils pourraient au contraire accompagner et accélérer des réformes structurelles dans l’éducation, les universités, l’État, la politique industrielle, le capital-risque et la gouvernance, afin de renforcer durablement la capacité française d’innovation, estime Aghion.

Il ajoute que le partenariat doit être conçu comme une relation réciproque.** Il ne s’agit pas simplement pour la France de rechercher des financements saoudiens. Les deux pays pourraient au contraire s’aider mutuellement à renforcer leurs technologies, leurs institutions et leur capacité d’innovation

Quel rôle la France peut-elle jouer en Arabie saoudite au-delà des investissements ?

La France pourrait notamment former des étudiants saoudiens dans ses meilleures écoles, transférer des technologies et partager son savoir-faire dans des domaines tels que les mathématiques, l’ingénierie, l’informatique et les transports.

Que peut apporter l’Arabie saoudite en retour ?

Elle peut apporter des financements, son expérience industrielle, ses compétences dans certains secteurs ainsi que son dynamisme numérique. L’objectif est de mettre ces ressources au service de projets communs.

La coopération avec l’Arabie saoudite peut-elle aider la France à se réformer ?

Oui. Selon l’interviewé, c’est même l’un des grands intérêts du partenariat. Les investissements ne devraient pas simplement servir à financer le système français existant : ils doivent être accompagnés de réformes structurelles.

Pourquoi les investissements doivent-ils être liés à des réformes ?

Parce qu’injecter de l’argent sans modifier les structures serait inefficace. L’interviewé cite notamment l’éducation et les universités : une augmentation des financements devrait aller de pair avec davantage d’autonomie et une meilleure gouvernance.

La France doit-elle adopter une politique plus favorable aux entreprises et au marché ?

Oui. L’interviewé estime nécessaire de réformer l’économie française et d’adopter une approche davantage favorable aux entreprises, à l’investissement et au marché.

Le partenariat avec l’Arabie saoudite peut-il faciliter ces réformes politiquement ?

Oui. C’est une idée centrale de l’interview. Il faudrait proposer aux Français un « rêve » ou une perspective positive donnant du sens aux sacrifices liés aux réformes. Un grand projet franco-saoudien pourrait ainsi rendre ces transformations plus acceptables.

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en bref L’ENTREPRENEURIAT EN France

Plusieurs obstacles freinent aujourd’hui l’innovation et l’entrepreneuriat : le poids de la dette, l’excès de bureaucratie, le manque de financements à long terme, la faiblesse du capital-risque et une culture qui tolère encore insuffisamment l’échec. Pour favoriser les innovations de rupture, la France devrait donc créer un environnement plus favorable à la prise de risque, à l’investissement et à l’entrepreneuriat.

Quel est le problème de l’entrepreneuriat en France ?

Il existe trop de bureaucratie et une culture qui tolère insuffisamment l’échec. Or, pour produire des innovations de rupture, il faut accepter de prendre des risques et donc d’échouer parfois.

Comment favoriser une culture de l’innovation et de l’échec ?

Il faut développer le capital-risque, le financement à long terme de la recherche et le rôle des investisseurs institutionnels. Des financements plus abondants permettraient aux entrepreneurs et aux chercheurs de prendre davantage de risques.

Pourquoi y a-t-il autant de bureaucratie en France ?

L’interviewé estime qu’il y a trop de fonctionnaires dans certaines administrations et que ceux-ci ont tendance à produire toujours davantage de normes et de procédures. Il préconise donc de réduire la bureaucratie et de reconvertir une partie des personnels.

en bref L’IA EN FRANCE

En France, l’intelligence artificielle constitue le projet stratégique central. L’ambition serait de construire, idéalement autour de la France, une capacité européenne en matière d’IA capable de rivaliser avec les États-Unis et la Chine. Cette stratégie ne viserait pas seulement la performance technologique, mais aussi le développement d’une IA éthique, respectueuse des libertés, des droits individuels et des valeurs démocratiques, affirme Philippe Aghion.

L’IA peut-elle contribuer à réduire la bureaucratie ?

Oui. L’intelligence artificielle pourrait permettre d’automatiser certaines tâches administratives et contribuer à transformer l’organisation de l’État.

Que peuvent apprendre la France et l’Arabie saoudite l’une de l’autre sur le plan institutionnel ?

La coopération doit être bilatérale. La France peut aider l’Arabie saoudite dans certains domaines technologiques et institutionnels, tandis que l’Arabie saoudite peut aider la France à réduire sa bureaucratie et à devenir davantage entreprenante.

Quels domaines institutionnels l’Arabie saoudite pourrait-elle améliorer ?

L’interviewé cite notamment la protection des droits de propriété, la lutte contre la corruption et l’amélioration de la qualité des institutions.

Quelle est, au fond, la condition de la prospérité ?

La prospérité repose sur une combinaison de technologie et de bonnes institutions. La technologie seule ne suffit pas : il faut également une gouvernance efficace, des institutions solides et une bonne gestion des investissements.

Quel rôle la France pourrait-elle jouer dans le rapprochement avec l’Arabie saoudite ?

La France peut jouer un rôle important grâce à son savoir-faire technologique, scientifique, éducatif et institutionnel, mais aussi grâce à son « soft power » et à son positionnement historique au Moyen-Orient.

Quelle est la vision géopolitique évoquée concernant Israël et les Palestiniens ?

L’interviewé affirme soutenir la solution à deux États et considère que la France et l’Arabie saoudite partagent cette position. Il exprime également l’espoir d’une évolution politique en Israël.

Philippe Aghion souligne en fin d’entretien la volonté de voir se concrétiser cette coopération. Il indique avoir d’ores et déjà été invité en Arabie saoudite et souhaite organiser une visite, avec des rencontres ciblées destinées à transformer les idées évoquées en projets concrets.

 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.