Désertée, quadrillée, calfeutrée: Washington sous haute tension

Comme dans le reste des pays occidentaux, la tendance dans la ville est au télétravail notamment pour les employés du FMI, de la Banque mondiale et des administrations fédérales. (AFP)
Comme dans le reste des pays occidentaux, la tendance dans la ville est au télétravail notamment pour les employés du FMI, de la Banque mondiale et des administrations fédérales. (AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Désertée, quadrillée, calfeutrée: Washington sous haute tension

  • «C'est la première fois que je me rends (dans le centre de Washington) depuis plus d'un an, et d'habitude il y a des gens partout. C'est très, très calme. Je pense presque que (la ville) n'est plus que l'ombre d'elle-même»
  • La ville de plus de 700 000 habitants n'est plus que l'ombre d'elle-même

WASHINGTON : Blocs de béton, gyrophares de police, gardes nationaux en treillis et armés, la sécurité est maximale mercredi matin dans le centre de Washington, où le Congrès se prononce sur un deuxième «impeachement» historique de Donald Trump.

Ville fantôme depuis plusieurs mois à la suite des crises sanitaire et économique puis des manifestations antiracistes, la capitale fédérale est désormais le reflet d'un pays à cran, sous tension, encore ébranlé par les événements du 6 janvier au Capitole.

La Garde nationale, force militaire intérieure, protège désormais les lieux avec des hommes en armes, gilets pare-balles et uniforme de combat. Les élus de la Chambre des représentants y sont enfermés pour décider d'une mise en accusation du président républicain, la deuxième de son mandat.

Images saisissantes, des dizaines de militaires ont passé la nuit à l'intérieur du bâtiment du Congrès, dormant encore à même le sol dans les salles et les couloirs alors même que les élus arrivaient.

Le Capitole est entouré d'une clôture de sécurité, tout comme la Maison Blanche depuis le printemps dernier et les manifestations qui avaient suivi la mort de George Floyd, symbole des brutalités policières envers les Américains noirs.

Washington, capitale fédérale devenue métropole vibrante ces dernières années, porte les stigmates des crises successives des douze derniers mois.

En y déambulant ces jours-ci, il s'avère difficile de distinguer les planches de restaurants fermés par la pandémie de celles de bâtiments se protégeant des violences.

«C'est la première fois que je me rends (dans le centre de Washington) depuis plus d'un an, et d'habitude il y a des gens partout. C'est très, très calme. Je pense presque que (la ville) n'est plus que l'ombre d'elle-même», soutient Jaime, une mère de famille venue du Maryland qui n'a pas souhaité donner son nom.

La ville de plus de 700 000 habitants n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Les écoliers qui venaient de tout le pays visiter les institutions américaines restent aujourd'hui chez eux, à l'instar des touristes étrangers. Fini également le bal de fonctionnaires et lobbyistes en costume-cravate dans les rues du centre-ville. 

Les quais des impressionnantes stations de métro tubulaires en béton sont également dépeuplés.

«La ville est essentiellement déserte», affirme Nadine Seiler, 55 ans, qui manifeste tous les jours depuis fin octobre près de la Maison Blanche, en faveur des causes antiracistes.

Selon elle, «d'habitude (Washington) est très stressante, mais là c'est comme si tout le monde était parti en vacances».

«Tout ça c'est fini» 

Comme dans le reste des pays occidentaux, la tendance dans la ville est au télétravail notamment pour les employés du FMI, de la Banque mondiale et des administrations fédérales. 

Les musées, véritables institutions gratuites de Washington, sont aussi fermés depuis mars.

La maire Muriel Bowser a en outre récemment élargi les restrictions, de sorte que les restaurants ne peuvent plus servir de clients en intérieur.

De rares terrasses plus ou moins sophistiquées ont ainsi éclos le long des trottoirs pour s'adapter à la nouvelle donne.

«Le marché de Noël (...), les bars bondés, tout ça c'est fini», se lamente Timothy Bartholomew, un habitant d'Arlington, ville voisine de l'Etat de Virginie. 

Selon le site spécialisé Eater, près de 70 restaurants ont dû déjà fermer définitivement leurs portes à Washington depuis le début de la pandémie, et il est fréquent de voir des planches de bois accolées à des vitrines.

La hausse de la précarité économique est également palpable dans les rues avec l'allongement des files d'attente aux soupes populaires, ou la multiplication des tentes de sans-abri autour des boulevards principaux du centre-ville.

Les rassemblements antiracistes du printemps ont aussi transformé le centre de la capitale.

Les manifestants se retrouvent désormais à chaque évènement sur l'une des principales artères menant à la Maison Blanche, renommée «Black Lives Matter Plaza» par la mairie démocrate, avec «Black Lives Matter» («les vies noires comptent») écrit à même le sol en lettres géantes jaunes.

C'est devenu un lieu de promenade mais aussi de célébrations. C'est là que les Washingtoniens, très majoritairement acquis au parti démocrate, étaient venus fêter bruyamment la victoire de Joe Biden à l'élection du 3 novembre.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.