Navalny annonce rentrer en Russie dimanche malgré les menaces

Le 5 mai 2018, le chef de l'opposition russe Alexei Navalny s'adresse à des partisans lors d'un rassemblement anti-Poutine non autorisé à Moscou, deux jours avant l'investiture de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat au Kremlin (Archive, AFP).
Le 5 mai 2018, le chef de l'opposition russe Alexei Navalny s'adresse à des partisans lors d'un rassemblement anti-Poutine non autorisé à Moscou, deux jours avant l'investiture de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat au Kremlin (Archive, AFP).
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Publié le Jeudi 14 janvier 2021

Navalny annonce rentrer en Russie dimanche malgré les menaces

  • Pour Alexeï Navalny, les services de sécurité russes ont cherché à l'assassiner sur l'ordre direct de Poutine. Il est persuadé que le président russe ne veut en aucun cas son retour en Russie
  • «La situation en ce qui concerne Navalny ressemble à deux trains qui foncent l'un vers l'autre et vont inévitablement se percuter»

MOSCOU: L'opposant russe Alexeï Navalny, en convalescence en Allemagne après avoir été victime d'un empoisonnement présumé en août, a annoncé mercredi qu'il rentrerait le dimanche en Russie, en dépit d'une menace de peine de prison.

«Venir en Allemagne, ce n'était pas mon choix (...) Je me suis retrouvé ici parce qu'ils ont essayé de me tuer», a déclaré dans une vidéo diffusée sur sa page Instagram l'opposant de 44 ans, annonçant qu'il avait acheté un billet d'avion pour Moscou.

Pourfendeur de la corruption et ennemi juré du Kremlin, M. Navalny avait fait un malaise en août au moment où il revenait d'une tournée électorale. Son avion avait fait un atterrissage d'urgence à Omsk en Sibérie, où il était resté hospitalisé 48 heures avant d'être évacué, dans le coma, vers l'Allemagne.

L'opposant en est sorti début septembre et trois laboratoires européens ont conclu à un empoisonnement par un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à l'époque soviétique : une conclusion confirmée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), malgré les dénégations de Moscou.

Les proches de M. Navalny assurent qu'il arrivera dimanche à l'aéroport moscovite de Vnoukovo à 19H20 (16H20 GMT) à bord d'un avion de la compagnie Pobeda. «Venez m'accueillir», a-t-il déclaré dans sa vidéo, ajoutant qu'il était «pratiquement guéri».

Pour Alexeï Navalny, les services de sécurité russes (FSB) ont cherché à l'assassiner sur l'ordre direct de Vladimir Poutine. Et il est persuadé que le président russe ne veut en aucun cas le voir retourner en Russie.

Menace de prison

«Ils font tout pour m'effrayer et tout ce qui reste à Poutine, c'est d'afficher une pancarte sur le Kremlin qui dit “Alexeï, s'il te plaît, ne rentre en aucun cas”», a-t-il déclaré.

Cette semaine, la justice a notamment enregistré une plainte demandant la conversion d'une peine de prison avec sursis le visant en prison ferme.

Le responsable de la plainte serait le service pénitentiaire russe (FSIN), qui a accusé en décembre M. Navalny de ne pas respecter les termes de son sursis en n'étant pas rapidement rentré d'Allemagne après sa sortie d'hôpital.

Fin décembre, une enquête pour fraude a aussi été ouverte, l'opposant étant soupçonné d'avoir dépensé pour son usage personnel 356 millions de roubles (3,9 millions d'euros au taux actuel) de dons.

«La situation en ce qui concerne Navalny ressemble à deux trains qui foncent l'un vers l'autre et vont inévitablement se percuter», a écrit sur le réseau social Telegram l'analyste Tatiana Stanovaya : «Il va y avoir beaucoup de victimes».

Un autre analyste, Abbas Galliamov, estime que l'opposant a mal choisi sa date de retour : «S'il est arrêté maintenant (et il le sera certainement), la vague d'indignation associée à cet événement se sera sûrement dissipée» d'ici aux élections législatives d'automne prochain.

L'empoisonnement de M. Navalny a provoqué une nouvelle passe d'armes diplomatique entre Moscou et les pays occidentaux, l'Union européenne ayant notamment interdit de séjour plusieurs responsables russes, dont le chef du FSB Alexandre Bortnikov.

En représailles, Moscou a pris des mesures similaires contre plusieurs représentants de pays de l'UE.

Au cours de sa conférence de presse annuelle en décembre, Vladimir Poutine avait affirmé que si le Kremlin avait vraiment voulu empoisonner Alexeï Navalny, «l'affaire aurait été menée à son terme».

Dénonciateur de la corruption 

Largement ignoré des médias nationaux, non représenté au Parlement et inéligible, Alexeï Navalny reste la principale voix de l'opposition en partie grâce à sa chaîne YouTube aux 4,8 millions d'abonnés.

Ses vidéos dénonçant la corruption des élites cumulent à chaque fois des millions de vues. Conséquence, les bureaux de son organisation sont régulièrement perquisitionnés et lui comme ses alliés multiplient les courts séjours en prison.

La Russie refuse en revanche d'enquêter sur son empoisonnement, arguant du refus de l'Allemagne de lui transmettre les données en sa possession. Au gré des versions, Moscou a démenti tout empoisonnement, accusé les services secrets occidentaux ou mis en cause l'hygiène de vie d'Alexeï Navalny.

Mi-décembre, le site internet d'investigation britannique Bellingcat a publié une enquête disant identifier huit agents du FSB impliqués dans une filature de l'opposant depuis des années.

Quelques jours plus tard, M. Navalny a quant à lui assuré avoir piégé l'un de ces agents au téléphone, lui faisant admettre qu'il avait participé à son empoisonnement. Le FSB a dénoncé une «falsification».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.