Le Bangladesh répond aux accusations de Pompeo sur ses liens présumés avec Al-Qaida

Le secrétaire d’État, Mike Pompeo, prend la parole au National Press Club à Washington, D.C., aux États-Unis, le 12 janvier 2021. (Reuters)
Le secrétaire d’État, Mike Pompeo, prend la parole au National Press Club à Washington, D.C., aux États-Unis, le 12 janvier 2021. (Reuters)
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Publié le Vendredi 15 janvier 2021

Le Bangladesh répond aux accusations de Pompeo sur ses liens présumés avec Al-Qaida

  • À la suite des déclarations de Mike Pompeo sur le Bangladesh, des voix officielles se sont élevées pour condamner ces propos, affirmant qu’il n’existait aucune preuve de la présence d’Al-Qaïda dans le pays
  • Des experts bangladais estiment que les propos du secrétaire d’État américain ne nuiront probablement pas aux relations entre les États-Unis et le Bangladesh

DACCA: Le Bangladesh a vivement critiqué les remarques du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, qui a accusé mardi 12 janvier, sur le site web du département d’État, le pays d’être un lieu «où des cellules d’Al-Qaïda ont perpétré des attentats».

Cette affirmation a suscité une riposte cuisante du ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, qui a qualifié ces propos d’«irresponsables» et de «non fondés». «En affirmant que le Bangladesh était un pays où le groupe terroriste Al-Qaïda a perpétré des attentats, il a laissé entendre que des attentats similaires pourraient se produire à l’avenir. Des commentaires aussi irresponsables venant de la part d’un haut responsable sont très malheureux et inacceptables», a déclaré le ministre dans un communiqué.

Il a également nié la présence d’Al-Qaeda dans le pays. «Le Bangladesh rejette fermement ce genre de propos non fondés et ces falsifications», a déclaré le ministre, soulignant l’engagement de Dacca dans la lutte contre le terrorisme. «Le pays fait aujourd’hui partie de 14 conventions internationales de lutte contre le terrorisme et est activement impliqué dans des initiatives internationales  préventives pour lutter contre le terrorisme», indique encore le communiqué. «Si une telle allégation pouvait être étayée par des preuves, le gouvernement du Bangladesh serait heureux de prendre les mesures nécessaires contre de telles activités. Toutefois, si une telle déclaration est faite par pure spéculation, le Bangladesh la juge très malheureuse, en particulier dans le contexte des relations bilatérales toujours croissantes entre les deux pays amis qui sont fondées sur des valeurs partagées, la paix et des objectifs communs».

Une opinion personnelle ?

Les propos de Pompeo ont déconcerté les spécialistes des affaires étrangères et de la sécurité. «Je ne vois pas pourquoi il a spécifiquement mentionné le Bangladesh en parlant d’Al-Qaïda», confie à Arab News l’ambassadeur Touhid Hossain, ancien ministre des Affaires étrangères. «L’implication d’Al-Qaïda n’a été prouvée dans aucun incident précédent au Bangladesh».

Les propos du secrétaire d’État américain ne nuiront probablement pas aux relations entre les États-Unis et le Bangladesh, a-t-il cependant ajouté. «Le Bangladesh et les États-Unis entretiennent de bonnes relations bilatérales et ce type de commentaire n’aura aucun impact sur ces relations».

Humayun Kabir, ancien ambassadeur bangladais aux États-Unis, a indiqué que Pompeo pourrait avoir exprimé une «opinion personnelle». «Par précaution, le Bangladesh doit comprendre l’origine de ces déclarations. Qu’est-ce qui a poussé Pompeo à tenir de tels propos ? Pourquoi a-t-il mentionné le Bangladesh ? Nous devons trouver les réponses à ces questions», explique M. Kabir à Arab News.

L’analyste de la sécurité Ishfaq Ilahi Choudhury a rejeté l’idée de la présence d’Al-Qaïda au Bangladesh. «Tous les pays font face à des menaces qui pèsent sur la sécurité. Mais nous n’avons aucune menace particulière concernant Al-Qaïda en ce moment», a-t-il assuré. «Pour moi, Pompeo est comme un homme qui essaie de se raccrocher aux branches concernant le Bangladesh».

Selon Amena Mohsin, professeur au département des relations internationales de l’université de Dacca, le Bangladesh est une «cible facile» pour Pompeo, lui permettant de détourner l’attention des «menaces sécuritaires intérieures» des États-Unis. «Comme une nouvelle administration va prendre les rênes à Washington, ces propos n’auront probablement aucun impact sur les relations entre les États-Unis et le Bangladesh», a-t-elle ajouté.

Mme Mohsin a en outre affirmé à Arab News que le Bangladesh possédait de bons indicateurs mondiaux de lutte contre le terrorisme et ne devrait pas être mentionné dans les pays en lien avec une organisation terroriste. «Le Bangladesh est très bien classé sur l’indice mondial du terrorisme, mieux que l’Inde et le Pakistan voisins», a-t-elle précisé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.