En plein pic, les Libanais accusent enfin le coup et se confinent

Des policiers patrouillent le long de la corniche de Beyrouth, au moment où le Liban resserre les mesures de confinement et impose un couvre-feu de 24 heures sur 24 afin de freiner la propagation de la Covid-19. (Photo, Reuters)
Des policiers patrouillent le long de la corniche de Beyrouth, au moment où le Liban resserre les mesures de confinement et impose un couvre-feu de 24 heures sur 24 afin de freiner la propagation de la Covid-19. (Photo, Reuters)
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Publié le Vendredi 15 janvier 2021

En plein pic, les Libanais accusent enfin le coup et se confinent

  • La plupart des hôpitaux au Liban ont annulé toutes les opérations non urgentes, en proie à une pénurie de lits et de médicaments
  • 5000 cas confirmés de coronavirus ont été signalés pour la journée de mercredi, un record. On déplore un jeune homme de 19 ans parmi les 35 décès

BEYROUTH: Les forces de sécurité libanaises ont applaudi jeudi une population respectueuse du couvre-feu, alors que le pays lutte pour réduire l’augmentation spectaculaire du nombre de cas du coronavirus.

Le porte-parole des Forces de sécurité intérieure, le colonel Joseph Mousallem, révèle à Arab News que ce confinement hermétique est respecté à 90% environ sur le territoire. Ceci comprend les quartiers les plus pauvres, où les gens considéraient jusque-là avec circonspection les mesures qui tentent de freiner la propagation du virus.

Mais, à dix jours de la fin du couvre-feu, 5000 cas confirmés de coronavirus ont été signalés pour la journée de mercredi, un record. On déplore un jeune homme de 19 ans parmi les 35 décès.

Le directeur de l'hôpital universitaire de Hariri, le Dr Firas Al-Abyad, a réitéré ses mises en garde et a assuré que «la situation est très grave. Nous devons travailler ensemble pour traverser cette épreuve».

Le secteur de la santé au Liban est terrassé après dix mois de lutte contre la pandémie, a-t-il révélé, «nous devons tout faire pour nous en sortir».

EN BREF

 

Des observateurs estiment qu'une campagne médiatique qui incite les gens à rester chez eux, et qui met l’accent sur la souffrance des patients et de ceux qui ne peuvent pas trouver de lit d'hôpital, semble avoir convaincu la plupart des Libanais de respecter les dernières mesures prophylactiques.

La plupart des hôpitaux au Liban, en proie à une pénurie de lits et de médicaments, ont annulé toutes les chirurgies non urgentes.

Beyrouth et les grandes villes baignent dans un quasi silence depuis jeudi matin. Seuls les véhicules de livraisons de nourritures et ceux exemptés du couvre-feu sont en circulation.

Des observateurs estiment qu'une campagne médiatique qui incite les gens à rester chez eux, et qui met l’accent sur la souffrance des patients et de ceux qui ne peuvent pas trouver de lit d'hôpital, semble avoir convaincu la plupart des Libanais de respecter les dernières mesures prophylactiques.

Le Dr George Jovelekian, chef de service des soins intensifs du Centre médical universitaire de l'hôpital St. George, affirme cependant que le Liban fait toujours face à «deux semaines catastrophiques en termes de nombre d’infections». Il exhorte les gens à respecter les mesures de confinement afin que le personnel médical puisse maintenir l’accès au système de la santé.

Mousallem indique que des points de contrôle conjoints entre l'armée libanaise et les forces de sécurité ont été mis en place dans toutes les régions.

Une directive qui dirige les gens, obligés de quitter leurs domiciles d’urgence, vers un site Web dédié a conduit à une confusion totale, au milieu de plaintes selon lesquelles la plate-forme ne fonctionne pas.

«Les laissez-passer sont électroniques, les bugs sont donc inévitables», avoue Mousallem, «mais une autorisation est t bel et bien requise aux points de contrôle pour ceux qui doivent absolument circuler dans les rues».

Ceux qui enfreignent le couvre-feu pourraient faire face à une peine d’emprisonnement de trois mois, en plus d’une amende allant jusqu'à 600 000 livres libanaises (500 dollars).

Hamad Hassan, le ministre intérimaire de la Santé, a été à son tour admis à l'hôpital après un résultat positif. Trois employés dans son bureau sont aussi infectés.

Les forces de sécurité à Halba, dans le nord du Liban, confirment qu'un grand nombre de réfugiés syriens n’ont pas respecté les mesures de sécurité quand ils se sont rendus dans une banque. Ils avaient retiré de l'argent à partir d'un guichet automatique.

L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a par la suite appelé les réfugiés à respecter le couvre-feu et autres mesures sanitaires.

Selon l’UNRWA, il y a eu 3991 cas positifs et 145 décès parmi les réfugiés palestiniens depuis février 2020.

L’agence a aussi réitéré que les hôpitaux libanais ont déjà atteint leur pleine capacité, et qu’accueillir des patients dans les unités de soins intensifs est désormais impossible.

Liban SOS, l’agence civile d'urgence au pays, dénonce que les organisations de secours soient comprises dans le couvre-feu, ce qui menace distribution de nourriture aux familles dans le besoin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.