Au Qatar, une femme dans le club très fermé des conducteurs du désert

La Sud-Africaine Marcelle Visser (à gauche), responsable de la sécurité de la conduite du Dune Rider club du Qatar, forme les participants aux techniques de conduite hors route dans le désert de Sealine au Qatar, à environ 63 kilomètres au sud de Doha, le 8 janvier 2021.La nomination d'une femme parmi les rares experts d'un prestigieux club du désert a fait sensation au Qatar. (Karim Jaafar/AFP)
La Sud-Africaine Marcelle Visser (à gauche), responsable de la sécurité de la conduite du Dune Rider club du Qatar, forme les participants aux techniques de conduite hors route dans le désert de Sealine au Qatar, à environ 63 kilomètres au sud de Doha, le 8 janvier 2021.La nomination d'une femme parmi les rares experts d'un prestigieux club du désert a fait sensation au Qatar. (Karim Jaafar/AFP)
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Publié le Vendredi 15 janvier 2021

Au Qatar, une femme dans le club très fermé des conducteurs du désert

  • "Au départ, vous pensez que c'est un sport d'hommes, ce qui vous tient à l'écart", raconte Marcelle Visser, 36 ans
  • Marcelle Visser montre à un groupe de jeunes hommes comment s'assurer que leurs voitures adhèrent bien au sable pour éviter de déraper et de s'enfoncer

QATAR : Traverser le désert du Qatar au volant d'un véhicule tout-terrain est surtout un loisir masculin. Mais la Sud-Africaine Marcelle Visser est devenue l'une des rares femmes à pratiquer et à encadrer cette activité dans ce riche émirat du Golfe où elle vit.

"Dès que mes pneus ont touché le sable, je suis tombée amoureuse du désert", confie cette passionnée de 4x4 au volant de sa Land Cruiser blanche qui se lance à travers l'étendue beige ondulée, à Sealine, dans le sud-ouest du pays.

Dans le désert, les femmes sont très rares. Les hommes érigent des tentes pour des veillées ou sillonnent les dunes au volant d'engins vrombissants.

"Au départ, vous pensez que c'est un sport d'hommes, ce qui vous tient à l'écart", raconte Marcelle Visser, 36 ans, qui a découvert cette activité grâce à son mari amateur de 4x4 mais pas passionné comme elle.

Sa nomination parmi la poignée de commissaires à la sécurité, appelés capitaines, a créé la surprise et quelques remous au sein du prestigieux Dune Rider Club. Très convoité, il faut passer par un processus de sélection strict pour décrocher sa carte de membre en nombre limité.

Mais Khaled Shash, chef de la sécurité de ce club du désert réunissant des passionnés du désert et de gros 4X4, l'a immédiatement encouragée.

"Dès que j'ai vu à quel point Marcelle était passionnée par le tout-terrain en général, j'ai décidé de miser sur elle", dit-il.

"Même chose"

Les capitaines sont responsables de la sécurité des membres du groupe lors des excursions dans le désert, de la formation des participants aux techniques de conduite hors circuit et de l'assistance aux usagers du désert en détresse.

Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 4.300 accidents ont été signalés au cours des cinq dernières années dans la zone de conduite hors circuit de Sealine, la plus populaire du Qatar.

Les "Dune Riders", comme la plupart des autres clubs, organisent régulièrement des ateliers pour les nouveaux arrivants, afin de les sensibiliser à la sécurité.

Lors d'un de ces ateliers, Marcelle Visser montre à un groupe de jeunes hommes comment s'assurer que leurs voitures adhèrent bien au sable pour éviter de déraper et de s'enfoncer.

"C'est la même chose pour les femmes qui se retrouvent coincées que pour les hommes car il ne s'agit pas de force physique. Vous devez juste suivre les bonnes procédures", explique la capitaine.

Le camping dans le désert et le tout-terrain seront au premier plan de l'offre faite par le Qatar aux amateurs de football qui viendront dans l'émirat pour le Mondial-2022, le premier dans le monde arabe.

"Vraiment douée"

"Le tout-terrain avec ses poussées d'adrénaline a toujours fasciné les hommes et ne c'était pas un truc de femmes", dit Khaled Shash.

Mais Marcelle Visser ne s'est pas laissée décourager, passant de simple membre du groupe à capitaine en un peu plus d'un an.

"Cela a fait sourciller beaucoup de monde", raconte celle qui doit parfois redoubler d'efforts pour s'imposer face aux membres masculins de son club.

Le groupe ne compte qu'une poignée de femmes. Ce que Marcelle Visser cherche à changer en encourageant les compagnes des membres à tenter l'expérience.

Leurs maris ont en tout cas fini par accepter l'une des rares femmes capitaines du pays.

"Je suis allé dans de nombreux clubs, même en Inde, j'étais dans tous les clubs de deux-roues mais je n'ai jamais vu une femme qui s'occupe de ce genre de choses seule", assure Ram Arun, membre du groupe.

"C'est la première fois que je vois une femme, qui est très audacieuse, très patiente. Elle est vraiment douée", dit-il.

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.