Les violences Hodeidah font des dizaines de victimes parmi les civils et les combattants

Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a averti que la trêve négociée lors de l’Accord de Stockholm pourrait prendre fin, à moins que les offensives ne s’arrêtent (Photo, AFP).
Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a averti que la trêve négociée lors de l’Accord de Stockholm pourrait prendre fin, à moins que les offensives ne s’arrêtent (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 19 janvier 2021

Les violences Hodeidah font des dizaines de victimes parmi les civils et les combattants

  • L’ONGI médicale Médecins Sans Frontières (MSF) a mis ses hôpitaux en état d’alerte, en prévision du pic d’admissions prévu
  • Le premier ministre Maeen Abdul Malik Saeed a affirmé lors d’un entretien avec la presse étrangère qu'il «regrette» la fin de l'offensive à Hodeidah

AL-MUKALLA: De virulents combats dans la province de Hodeidah, à l'ouest du Yémen, ont fait des dizaines de morts dans les rangs des combattants et parmi les civils au cours des cinq derniers jours, selon les responsables locaux, un rapport étayé par les médias et des habitants.

D’intenses affrontements ont éclaté entre les forces réglementaires et les Houthis, soutenus par l'Iran, à Hodeidah et dans deux autres districts de la province.

Les forces conjointes, les trois unités militaires principales postées le long de la côte ouest du pays, ont déclaré dans un communiqué que près de 95 Houthis, dont des chefs sur le terrain, ont été tués et blessés dans les combats.

Le gouvernement yéménite a récemment mis en garde contre l'effondrement de l’Accord de Stockholm en raison de la hausse des opérations de la milice.

Les deux commandants sur le terrain Abou Taha Al-Mortadha et Abdel Wahan Mohammed, d’allégeance houthie, ainsi que des dizaines de rebelles, ont été tués. Leurs corps sont toujours éparpillés à travers les champs de bataille des districts de Durihimi et Hays, indiquent les forces conjointes.

Au moins 12 soldats au sein des forces de l’ordre ont aussi perdu la vie.

Les Houthis ont avancé la semaine dernière, sous les tirs d'artillerie lourde, de chars et de mortiers, vers les zones sous contrôle gouvernemental à Hays et Durihimi. L’offensive a provoqué des affrontements féroces qui n’ont pris fin que lorsque les loyalistes les ont forcé à se replier.

Ils ont finalement lancé une offensive soutenue contre les forces réglementaires samedi et dimanche, avec des drones chargés d'explosifs et de l’artillerie lourde, mais les pertes infligées à leurs effectifs les ont obligés à rebrousser chemin, d’après commandants de l'armée.

Une vieille femme a été tuée et plusieurs autres blessées, indiquent les médias officiels et une organisation humanitaire.

L’ONGI médicale Médecins Sans Frontières (MSF)  a mis ses hôpitaux en état d’alerte, en prévision du pic d’admissions prévu.

 

En Bref

L’Association des mères de personnes enlevées, une organisation yéménite de défense des droits de la femme, accuse les Houthis d’avoir kidnappé 95 civils, dont 13 enfants, lors de leur dernière incursion musclée contre Haima, un village au nord-est de Ta'izz.

«Les combats se sont intensifiés le long du front au sud de Hodeidah au Yémen. L'équipe de MSF à l'hôpital de traumatologie de Mocha a modifié ses opérations face à l’afflux de blessés. Nous sommes extrêmement inquiets pour les civils qui habitent à proximité des lignes de démarcation», a déclaré l’organisme dans un communiqué, réitérant son appel aux factions belligérantes d’épargner les civils. Notre équipe a prodigué des soins en 2020 à un grand nombre de civils en provenance de cette ligne. Les civils ne doivent pas être ciblés ou blessés dans le conflit».

Mocha, l'hôpital chirurgical de MSF sur la Mer Rouge, a accueilli dix-sept civils blessés au cours des dernière 72 heures, a annoncé l'organisation lundi.

Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a averti que la trêve négociée lors de l’Accord de Stockholm pourrait prendre fin, à moins que les offensives ne s’arrêtent.

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmad Awadh ben Moubarak, a déclaré lundi à Arab News qu'une escalade militaire des Houthis aurait des «effets négatifs» sur l'Accord de Stockholm. Il ajoute que les Houthis, «pions iraniens,(…) prouvent leur manque de sérieux au sujet de la paix. Ils nous envoient des messages funestes qui s’ajoutent au bombardement meurtrier de l'aéroport. Ceci confirme nos propos,  maintes fois répétés : cette milice ne s’intéresse pas à la paix, et c’est Téhéran décide pour elle».

Awadh rappelle que les Houthis ont tué un officier, attaqué les forces de l’ordre, entravé la distribution de l'aide humanitaire et lancé des attentats à la bombe en mer Rouge, sous le nez de la mission de l'ONU en observation à Hodeidah.

En vertu de l’Accord conclu en Suède, le gouvernement yéménite a reporté une offensive militaire contre de Hodeidah en échange d’un retrait des Houthis des ports de la ville. La milice s’est aussi engagée à mettre fin au dépôt de revenus à la banque centrale de Hodeidah.

Les deux parties ont convenu de conclure une trêve chapeautée par les observateurs de l'ONU.

Mais des groupes humanitaires locaux ont déclaré que plus de 500 civils ont été tués à Hodeidah par les bombardements des Houthis et les mines terrestres depuis la fin de 2018. La semaine dernière, le premier ministre Maeen Abdul Malik Saeed a affirmé lors d’un entretien avec la presse étrangère qu'il «regrette» la fin de l'offensive à Hodeidah, et qui était sur le point de mettre la ville sous le contrôle du gouvernement «dans un délai de cinq jours».

L’Association des mères de personnes enlevées, une organisation yéménite de défense des droits de la femme, accuse les Houthis d’avoir kidnappé 95 civils, dont 13 enfants, lors de leur dernière incursion musclée contre Haima, un village au nord-est de Ta'izz.

L'organisation a organisé dimanche un sit-in restreint dans la ville méridionale de Ta'izz pour protester contre les raids «systématiques» des Houthis à Haima et l'enlèvement de dizaines de civils.

«Nous tenons la milice des Houthis responsable de la vie et de la sécurité des personnes et des enfants enlevés», lit-on sur une affiche vue par Arab News.

Le colonel Abdul Basit Al-Baher, porte-parole de l'armée yéménite dans la ville de Ta'izz, a récemment déclaré à Arab News que les terroristes ont tué douze civils, blessé trente autres et attaqué 63 maisons lors d'une incursion pour lancée pour réprimer une rébellion locale.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur ArabNews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.