A Wuhan, propagande à plein régime un an après le Covid

Des dizaines de mannequins en combinaison de soignant accueillent les visiteurs à l'exposition, sous une mer de banderoles rouges (Photo, AFP)
Des dizaines de mannequins en combinaison de soignant accueillent les visiteurs à l'exposition, sous une mer de banderoles rouges (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 janvier 2021

A Wuhan, propagande à plein régime un an après le Covid

  • Dans l'immense parc expo de Wuhan, les visiteurs peuvent se replonger dans l'ambiance qui s'est abattue sur la métropole de 11 millions d'habitants lors de sa mise en quarantaine
  • Un comité d'experts mandaté par l'OMS a en tout cas estimé cette semaine qu'il «aurait été possible d'agir plus vite sur la base des premiers signes» de l'épidémie en Chine

WUHAN: Une mer de drapeaux rouges, des mannequins en combinaison intégrale et des slogans à la gloire du Parti: à Wuhan, une exposition célèbre la victoire revendiquée de la Chine face au coronavirus. 

Un an après la mise en quarantaine le 23 janvier 2020 de la métropole à l'épicentre du Covid-19, la propagande s'intensifie pour défendre la réputation du régime communiste, entachée par sa gestion des premières semaines de l'épidémie. 

Si le pays a pu limiter la contagion à moins de 90 000 cas et le nombre de décès à 4 635, selon le décompte officiel, le virus s'est répandu à la surface du globe, avec un bilan de plus de 2 millions de morts. 

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D'immenses portraits du président Xi Jinping dominent l'ensemble (Photo, AFP)

D'où l'impératif de rendre hommage aux premiers sauveteurs du début 2020, tout en gommant les aspects moins glorieux, comme les interrogatoires policiers infligés aux médecins qui avaient donné l'alerte dès la fin 2019. 

Dans l'immense parc expo de Wuhan, les visiteurs peuvent se replonger dans l'ambiance qui s'est abattue sur la métropole de 11 millions d'habitants lors de sa mise en quarantaine.   

La cité des bords du Yangtsé, qui avait jusque-là à peu près ignoré le risque épidémique, était d'un seul coup devenue la première au monde à connaître les affres du confinement, et ce pour 76 jours.  

Alors que la vie a repris un cours pratiquement normal dans les rues de Wuhan, des dizaines de mannequins en combinaison de soignant accueillent les visiteurs à l'exposition, sous une mer de banderoles rouges. 

Des lits en fer évoquent les hôpitaux de campagne qui avaient été édifiés en quelques jours pour accueillir des milliers de malades et décharger les hôpitaux débordés par la contagion. 

D'immenses portraits du président Xi Jinping dominent l'ensemble, alors que des panneaux plus petits rendent hommage aux soignants qui ont succombé au virus. 

Parmi eux, le docteur Li Wenliang, qui avait été accusé par la police d'avoir propagé » des rumeurs », alors qu'il avait alerté des proches de l'apparition d'un nouveau virus. Son décès en février avait déclenché une vague de colère sur les réseaux sociaux mais la notice qui accompagne sa photo n'évoque pas cet aspect des choses.  

« Très bien géré »  

La présentation met du baume au coeur de Wang Chen, un visiteur âgé de 20 ans. « Wuhan a traversé une année difficile en 2020 », résume-t-il, tout en estimant que la Chine « a très bien géré la crise ». 

Des cas limités de contagion ont à nouveau été signalés ces derniers jours dans le nord du pays, avec plus d'une centaine de contaminations par jour, soit le plus lourd bilan officiel depuis juillet. 

Pour tenter de faire la lumière sur l'origine du virus, une équipe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est arrivée la semaine dernière à Wuhan, plus d'un an après le début de la pandémie. 

Elle devrait pouvoir entamer son enquête fin janvier, après une quarantaine de deux semaines. 

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Des lits en fer évoquent les hôpitaux de campagne qui avaient été édifiés en quelques jours pour accueillir des milliers de malades et décharger les hôpitaux débordés par la contagion (Photo, AFP)

Le jeune Wang espère que les experts internationaux « établiront l'innocence de Wuhan », où un marché, qui vendait des animaux vivants, est soupçonné d'avoir été le détonateur de l'épidémie. 

Un comité d'experts mandaté par l'OMS a en tout cas estimé cette semaine qu'il « aurait été possible d'agir plus vite sur la base des premiers signes » de l'épidémie en Chine. 

Interpellée mardi à ce sujet, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a défendu la gestion sanitaire de Pékin. 

« En tant que premier pays à sonner l'alarme anti-épidémique mondiale, la Chine a pris des décisions rapides et décisives, alors même qu'elle ne disposait que d'informations incomplètes » sur le virus, a-t-elle souligné. 

A la veille de l'anniversaire de la mise sous cloche de Wuhan, un documentaire doit débarquer vendredi dans les cinémas chinois. 

Intitulé « Jours et nuits à Wuhan », le film évite de s'appesantir sur les morts et la panique qui s'est emparée de la ville. 

Selon un article publié sur la page officielle du film sur les réseaux sociaux, « il cherche au contraire à recréer l'esprit de résistance (à l'épidémie) par la force de l'amour ». 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".