La Russie multiplie les arrestations d'opposants en vue de manifestations pro-Navalny

Le chef de l'opposition russe Alexei Navalny et son épouse Yulia dans l’avion qui les ramène à de Moscou de l'aéroport de Berlin Brandenburg (BER) à Schoenefeld, le 17 janvier 2021. (Kirill Kudryavtsev/AFP)
Le chef de l'opposition russe Alexei Navalny et son épouse Yulia dans l’avion qui les ramène à de Moscou de l'aéroport de Berlin Brandenburg (BER) à Schoenefeld, le 17 janvier 2021. (Kirill Kudryavtsev/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 22 janvier 2021

La Russie multiplie les arrestations d'opposants en vue de manifestations pro-Navalny

  • Après avoir arrêté plusieurs collaborateurs de M. Navalny jeudi, la police a poursuivi les interpellations vendredi
  • Face à la mobilisation prévue pour samedi, le Kremlin, le Parquet et le ministère de l'Intérieur ont mis en garde contre la participation à ces rassemblements, laissant présager une possible dispersion brutale des manifestants

MOSCOU : Les autorités russes ont arrêté vendredi de nouveaux partisans de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, tandis que d'autres devaient comparaître devant des tribunaux à la veille d'une journée de manifestations prévue dans tout le pays.

L'équipe de M. Navalny, placé en détention jusqu'au 15 février au moins et visé par de multiples procédures judiciaires, a appelé à protester samedi dans 65 villes russes pour exiger la libération du principal ennemi du Kremlin, des rassemblements "illégaux" selon les autorités.

Après avoir arrêté plusieurs collaborateurs de M. Navalny jeudi, la police a poursuivi les interpellations vendredi avec la coordinatrice du siège de l'opposant à Vladivostok en Extrême Orient, Ekaterina Vedernikova, et une collaboratrice du siège de Novossibirsk, en Sibérie, Elena Noskovets.

L'équipe de l'opposant a également rapporté l'arrestation de la coordinatrice de Tioumen, dans l'Oural, d'un autre collaborateur dans l'enclave de Kaliningrad ou encore de Sergueï Boïko, dont la coalition à Novossibirsk, en Sibérie, avait défié le parti du Kremlin aux élections régionales en septembre.

Arrêtées jeudi, une figure montante du mouvement, Lioubov Sobol, et la porte-parole de M. Navalny, Kira Iarmych, doivent comparaître pour leur part vendredi devant des juges pour avoir appelé à des manifestions qualifiées d'illégales.

L'avocate de Mme Iarmych, Veronika Poliakova, a indiqué à l'AFP que sa cliente encourait 10 jours de détention. Lioubov Sobol encourt pour sa part 30 jours de prison mais pourrait écoper, comme lors de précédentes arrestations, d'une simple amende du fait qu'elle a un enfant en bas âge.

Parmi les autres soutiens de M. Navalny dans le collimateur des policiers, Georgui Albourov, qui participe aux enquêtes anticorruption de l'opposant, et Vladlen Los, un avocat de son organisation, de nationalité bélarusse, déclaré persona non grata en Russie.

La responsable de l'équipe de M. Navalny à Krasnodar, dans le sud de la Russie, Anastassia Pantchenko, a également été interpellée jeudi.

 Avertissements et soutiens

Face à la mobilisation prévue pour samedi, le Kremlin, le Parquet et le ministère de l'Intérieur ont mis en garde contre la participation à ces rassemblements, laissant présager une possible dispersion brutale des manifestants.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a lui menacé les réseaux sociaux d'amendes s'ils ne supprimaient pas les appels à manifester, et notamment averti les plateformes Tik Tok et Vkontakte, l'équivalent russe de Facebook.

Les médias ont aussi rapporté des avertissements d'universités et d'écoles pour décourager les étudiants d'aller manifester ou encourager les parents d'élèves à "protéger leurs enfants".

Ces derniers jours, des milliers de vidéos et de messages de soutien à l'opposant circulent sur Tik Tok, plateforme particulièrement populaire auprès des adolescents, dont des appels à manifester, des conseils pour ne pas se faire arrêter par la police ou des utilisateurs se filmant en train de remplacer le portrait de Vladimir Poutine par celui d'Alexeï Navalny dans leur salle de classe.

La patronne de la chaîne télévisée internationale de l'Etat russe RT, Margarita Simonyan a accusé "Tik Tok, qui appartient à des Chinois, d'essayer d'orchestrer une guerre entre enfants en Russie". Elle a estimé que l'entreprise avait les moyens de censurer ces contenus "en deux minutes".

M. Navalny a également reçu le soutien d'acteurs, de musiciens et d'athlètes, y compris de personnalités habituellement à l'écart de la politique tel que l'ancien capitaine de la sélection russe de football, Igor Denisov, ou la star de la chanson Monetotchka, très populaire auprès de la jeunesse.

Après son arrestation dimanche, Alexeï Navalny a riposté mardi en diffusant une enquête sur l'immense et fastueuse propriété dont bénéficie selon lui le président Vladimir Poutine, sur les rives de la mer Noire, et dont la construction aurait coûté plus d'un milliard d'euros.

Vendredi matin, cette longue investigation accompagnée d'une vidéo de près de deux heures avait déjà été vue plus de 53 millions de fois sur YouTube, un record pour une enquête de M. Navalny.

L'opposant a été arrêté le 17 janvier, à son retour de cinq mois de convalescence en Allemagne après un empoisonnement présumé, dont il accusé le Kremlin. Moscou rejette ces allégations.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.