Plantu, dessinateur historique du Monde, prendra sa retraite en mars

Le caricaturiste français Jean Plantu s'inspire d'une fresque géante de la paix dans le cadre du Forum mondial de la démocratie 2019 au Conseil de l'Europe à Strasbourg, dans l'est de la France, le 6 novembre 2019. (Frederick Florin/AFP)
Le caricaturiste français Jean Plantu s'inspire d'une fresque géante de la paix dans le cadre du Forum mondial de la démocratie 2019 au Conseil de l'Europe à Strasbourg, dans l'est de la France, le 6 novembre 2019. (Frederick Florin/AFP)
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Publié le Vendredi 22 janvier 2021

Plantu, dessinateur historique du Monde, prendra sa retraite en mars

  • Le dessinateur de presse a annoncé qu'il prendrait sa retraite peu après son 70e anniversaire
  • Une décision qui "n'a rien à voir" avec la polémique autour du dessinateur Xavier Gorce", a-t-il souligné

PARIS : Plantu, dessinateur historique du Monde, posera son crayon le 31 mars, mettant fin à une collaboration de près de 50 ans avec ce quotidien, dans un contexte chahuté par le récent départ de Xavier Gorce, un autre dessinateur maison.

Le dessinateur de presse a annoncé qu'il prendrait sa retraite peu après son 70e anniversaire. Une décision qui "n'a rien à voir" avec la polémique autour du dessinateur Xavier Gorce", a-t-il souligné à l'AFP. Ce dernier a quitté mercredi avec fracas Le Monde, reprochant au quotidien d'avoir cédé à la pression des réseaux sociaux en présentant ses excuses pour avoir publié un de ses dessins, jugé choquant par de nombreux internautes.

"Le 31 mars, a expliqué Plantu, je serai remplacé par des dessins de Cartooning for peace, l'association que j'ai créée avec (l'ancien secrétaire général de l'ONU) Kofi Annan il y a 15 ans" et, en fonction de l'actualité, il y aura "un dessin américain, russe, vénézuélien, algérien".

Cette solution a été arrêtée d'un commun accord avec le directeur du Monde, Jérôme Fénoglio. 

"Ça fait dix ans que je demandais au directeur du Monde qu'un petit jeune me remplace", a confié cet ardent militant de la liberté d'opinion.

Jérôme Fénoglio explique pour sa part à l'AFP avoir préparé avec le dessinateur, qu'il qualifie de "monument du journal", son départ "longtemps en amont" afin de marquer l'engagement "très fort" du quotidien dans le renouvellement du dessin de presse.

Notamment en mettant en avant "de jeunes talents féminins" dans un milieu très masculin. Cette collaboration avec "Cartooning for peace" permettra aussi de "développer en Une des regards internationaux sur l'actualité, de varier les angles", ajoute M. Fénoglio.

"Interprète" de l'actualité"

Jusqu'ici Jean Plantureux - de son vrai nom - croquait chaque jour l'actualité sur un ton volontiers railleur et décalé, réunissant souvent plusieurs faits marquants du jour dans un unique éclairage humoristique.

"Certains matins, j'ai tellement peu d'inspiration que j'ai des idées noires", confiait-il en 2018 à l'AFP. Au point de "me dessiner, une pierre autour du cou, avant de me jeter au fond d'une bassine d'eau".

Ce qui n'a pas empêché le dessinateur d'être prolifique - avec 14.000 dessins à son actif - essentiellement pour Le Monde mais aussi pour une quarantaine d'autres publications.

En 2019, il a confié à la Bibliothèque nationale de France (BnF) l'essentiel de sa collection de dessins constituée de 20.000 pièces et 500 dessins originaux.

Dans son premier dessin le 1er octobre 1972 dans Le Monde, Plantu avait croqué une petite colombe, un point d'interrogation dans le bec, marquant sa perplexité quant à un accord de paix qui mettrait fin au conflit américain en "Indochine". 

Plantu ignorait alors que sa colombe deviendrait une véritable signature.

Au milieu des années 90, l'artiste nichera dans ses dessins une autre marque de fabrique : une petite souris, reflet de ses humeurs.

Tantôt espiègle, émouvant, mordant, en colère, Plantu, devenu au fil des années une superstar du dessin de presse, n'épargne aucun sujet, parfois au prix de vives polémiques.

Militant pour la liberté d'opinion

L'assassinat de ses confrères de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, renforce le dessinateur dans son engagement pour la liberté d'expression, qu'il va "maintenant poursuivre, en France et dans le monde, dans les écoles, les hôpitaux, les lieux publics". 

Au travers de son association Cartooning for peace et avec l'ONG Reporters sans frontières (RSF), Plantu mène une campagne pour que le dessin de presse soit reconnu par l'Unesco comme un droit humain fondamental.

"L'humour et les images dérangeantes font partie de nos démocraties", répétait-il en 2019 dans Le Monde, après la décision du New York Times de bannir les caricatures politiques de ses éditions internationales.

Plantu a expliqué soutenir Xavier Gorce "mordicus". "J'adore son style. On doit militer pour le décalage (dans l'humour). Le sérieux est en train de nous envahir, c'est le choléra de l'imaginaire", a affirmé le dessinateur, reprenant une phrase que lui avait dite l'humoriste récemment mort Guy Bedos. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".