Le caftan gagne ses lettres de noblesse à l'Oriental Fashion Show

Créé à Paris en 2004 via l’association Route de la Soie et d’Al-Andalus, l’Oriental Fashion Show est un événement leader de la mode orientale dans la capitale mondiale de la mode. (Photo fournie).
Créé à Paris en 2004 via l’association Route de la Soie et d’Al-Andalus, l’Oriental Fashion Show est un événement leader de la mode orientale dans la capitale mondiale de la mode. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 29 janvier 2021

Le caftan gagne ses lettres de noblesse à l'Oriental Fashion Show

  • «Depuis la crise sanitaire, l’Oriental Fashion Show cherche à se renouveler et propose une nouvelle stratégie afin de continuer à promouvoir la mode orientale, à Paris et dans le monde»
  • La Fashion Week s’adapte à la pandémie et s’organise en fonction des contraintes sanitaires

PARIS: À l’instar de la Fashion Week de Londres, de Paris et de Milan, l’Oriental Fashion Show, qui s’est déroulé du 24 au 28 janvier 2021, a mis l’Orient à l’honneur avec la deuxième édition de la Fashion Week digitale orientale.

La Fashion Week s’adapte à la pandémie et s’organise en fonction des contraintes sanitaires. Pour maintenir les défilés de la haute couture et présenter les nouvelles collections, l’industrie de la mode doit se réinventer. L’heure est donc à l’innovation, dont l’univers digital est le meilleur vecteur. «L’événement, qui a pour habitude de sillonner le monde d’escale en escale afin de retracer l’histoire métissée de la mode orientale et de faire valoir un patrimoine souvent méconnu, explorera cette fois-ci le champ du virtuel afin de mieux appréhender l’avenir», explique à Arab News en français Hind Joudar, organisatrice de l’Oriental Fashion Show et présidente de l’association Route de la Soie et d’Al-Andalus.

oriental fashion show
Lors de cette 36e édition qui s’est déroulée en même temps que la Fashion Week parisienne, l’événement réaffirme son engagement en faveur de la sauvegarde du costume traditionnel marocain. (Photo fournie).

«Depuis la crise sanitaire, l’Oriental Fashion Show cherche à se renouveler et propose une nouvelle stratégie afin de continuer à promouvoir la mode arabe, à Paris et dans le monde. La digitalisation a toujours été un formidable outil de communication depuis la création de l’événement, mais la Covid-19 a accéléré les choses a nous a obligés à nous réinventer», indique Hind Joudar, qui souligne que la première édition de l’Oriental Fashion show a eu lieu au mois de juillet 2020, et qu’elle «a connu un accueil inattendu».

«Nous avons compris que cette nouvelle manière de travailler peut contribuer à faire évoluer le projet dans le bon sens, et nous avons réitéré l’expérience à l’occasion de cette édition de janvier 2021 durant la Semaine de la haute couture parisienne», nous confie l’organisatrice.

Lettres de noblesse

Créé à Paris en 2004 via l’association Route de la Soie et d’Al-Andalus, l’Oriental Fashion Show est un événement leader de la mode orientale dans la capitale mondiale de la mode. Il s’agit en effet d’«un défilé de mode novateur et prestigieux, qui a pour objectif de valoriser un art de vivre, un savoir-être qui s’inscrit dans un patrimoine universel», nous explique Hind Joudar.

Cette dernière ajoute que ce rendez-vous «permet de découvrir les différents aspects de la culture arabe à Paris en invitant des designers à pratiquer leur art». Car, ajoute-t-elle, «le patrimoine et la culture arabe sont riches et pluriels, ils ont dominé le monde pendant des siècles et continuent à influencer l’art dans sa globalité».

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Brok’Art, la marque tangéroise créée par Nazha Cherkaoui, s’inspire quant à elle de l’esprit international de cette ville afin de créer des caftans modernes. (Photo fournie).

L’Oriental Fashion Show a également gagné ses lettres de noblesse en sillonnant, dans les villes du monde entier, les hauts lieux de la mode, qui possèdent un fort potentiel médiatique: Paris, Londres, Doha, Koweït, Marrakech, Moscou, Almaty (Kazakhstan), Samarcande (Ouzbékistan) et Istanbul. «Ce tour du monde a permis de faire découvrir ou redécouvrir une culture orientale commune à plusieurs pays qui partagent le même credo: valoriser la culture orientale à travers l’art et la mode», se réjouit Hind Joudar.

«Depuis les premières éditions de l’Oriental Fashion Show, nous avons constaté un engouement pour cette mode venue d’ailleurs et qui ne cesse d’attirer une clientèle de plus en plus nombreuse. Cette dernière apprécie tout particulièrement cet art qui se veut universel et ouvert sur le monde», ajoute-t-elle.

Sauvegarder le costume traditionnel

Lors de cette 36e édition qui s’est déroulée en même temps que la Fashion Week parisienne, l’événement réaffirme son engagement en faveur de la sauvegarde du costume traditionnel marocain. «Les collections de caftans présentés pour cette édition sont un hymne à la féminité et à la beauté de la femme arabe. Des formes ajustées, des matières soyeuses ornées de pierreries et de broderies font écho à l’architecture mauresque et se confondent dans le sublime écrin qu’est la ville de Fès», commente Hind Joudar.

Interrogée sur l’organisation de cette édition spéciale dans ce contexte sanitaire particulier, Hind Joudar nous explique que les tournages destinés à la présentation des collections printemps/été se sont déroulés au Maroc. «Les tournages ont eu lieu dans la majestueuse ville de Fez, où l’art de la mode orientale se mélange aux splendeurs de l’architecture mauresque et moderne.» Mme Joudar précise que le choix de Fez est stratégique «pour plusieurs raisons: la richesse de son patrimoine culturel, tous ses artisans qui travaillent dans le domaine de la mode et son authenticité». Elle ajoute: «L’art arabe est présent dans chaque recoin de la Médina. Une inspiration unique, pour nous qui avons besoin de puiser dans cette source qui ne tarit pas.»

Le caftan haut de gamme à l’honneur à Paris

Fatima-Zahra el-Filali Idrissi, Nazha Cherkaoui, Zineb Bensaid et Houda Benmlih sont les quatre designers de haute couture marocaine qui ont participé au défilé de la Fashion Week parisienne en présentant leurs nouvelles collections printemps/été 2021 de caftans.

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Pour Zineb Bensaid, le caftan représente  "toute la splendeur de la culture de Fez" dont elle s’inspire pour créer. (Photo Fournie).

«Le caftan est plus qu’un simple habit, il sublime la femme et lui donne des allures de princesse. Il a sans cesse évolué entre l’innovation – dans la création des étoffes – et l’authenticité de l’artisanat marocain», nous confie Fatima-Zahra el-Filali Idrissi, une créatrice qui a une longue expérience de la vente de tissus haut de gamme et dans la création design en textile, et qui considère que «la mode est d’abord une affaire de matière».

De son côté, Zineb Bensaid, styliste modéliste, amoureuse des voyages et passionnée par la mode et l’élégance, explique que «le vêtement est révélateur de l’identité et de la personnalité». Elle nous confie que le caftan représente pour elle «toute la splendeur de la culture de Fez dont elle s’inspire pour créer».

Brok’Art, la marque tangéroise créée par Nazha Cherkaoui, s’inspire quant à elle de l’esprit international de cette ville afin de créer des caftans modernes. «Ces tenues sont destinées aux femmes actives, modernes, et elles gardent en même temps l’authenticité du travail des artisans marocains», nous confie la jeune designer. Quant à Houda Benmlih, fille d’un tisserand arabe et créatrice spécialisée dans le domaine des tissus et du caftan, elle a perpétué la tradition familiale en fondant son propre atelier de couture. Aujourd’hui, elle tient tout particulièrement à préserver l’esprit et l’authenticité du savoir-faire dans la création des caftans.

Rappelons que cet événement bénéficie du soutien de nombreux partenaires, dont l’hôtel Vichy Thermalia Moulay Yacoub, le Riyad Fes Nass Zmane, dans la médina de Fès, l’hôtel Sahrai de Fès, et le château Roslane, dans la région de Meknès.

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Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".