Le Premier ministre libanais menace d'arrestations massives suite à des affrontements meurtriers

Des poubelles, incendiées par des manifestants, bloquent une route lors d'une manifestation à Tripoli, au Liban, le 26 janvier 2021 contre le couvre-feu et la détérioration des conditions économiques au milieu de la propagation de la Covid-19. (Photo, REUTERS / Omar Ibrahim)
Des poubelles, incendiées par des manifestants, bloquent une route lors d'une manifestation à Tripoli, au Liban, le 26 janvier 2021 contre le couvre-feu et la détérioration des conditions économiques au milieu de la propagation de la Covid-19. (Photo, REUTERS / Omar Ibrahim)
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Publié le Dimanche 31 janvier 2021

Le Premier ministre libanais menace d'arrestations massives suite à des affrontements meurtriers

  • Les violences de Tripoli sont «une agression contre l’État», affirme Diab
  • Le différend politique entre Saad Al-Hariri et Gebran Bassil, s’est aggravé samedi lorsque les deux hommes ont échangé des accusations

BEYROUTH. Le Premier ministre par intérim du Liban, Hassan Diab, a rompu le silence samedi pour condamner les journées de violentes manifestations à Tripoli, la ville la plus pauvre du pays, comme «une attaque contre l’État et son intégrité». 

Diab déclare que tous ceux qui ont participé aux émeutes seront arrêtés. 

Ses commentaires font suite aux affrontements meurtriers de la semaine, lorsque des manifestations contre le confinement prolongé au Liban et l'aggravation de la crise économique ont basculé dans la violence. 

Les frustrations ont augmenté après que Omar Taibi, 30 ans, a été tué par les forces de sécurité lors des manifestations. Les affrontements qui ont suivi ont fait plus de 220 blessés. 

Les manifestants ont incendié plusieurs bâtiments à Tripoli jeudi alors que l'indignation augmentait. 

La violence s'est rapidement intensifiée lorsque des cocktails molotov, des grenades à main et des pierres ont été lancés sur les forces de sécurité, qui ont répondu par des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc puis des balles réelles. 

Cependant, cela n'a pas dissuadé les autres d'exprimer leur indignation envers le gouvernement intérimaire alors que les manifestations se propageaient dans d'autres parties du pays. 

Samedi, des groupes de manifestantes ont bloqué l’autoroute reliant Tripoli, la deuxième plus grande ville du Liban, à Akkar. Les femmes s’indignaient de ne plus être en mesure de répondre aux besoins vitaux de leurs familles. 

 

En bref

Le différend politique entre Saad Hariri et le Mouvement patriotique libre, dirigé par Gebran Bassil, s'est aggravé samedi lorsque les deux hommes ont échangé des accusations réciproques.

Un autre groupe de manifestants s'est rendu au domicile de Mohamed Fahmi, ministre libanais de l'Intérieur, à Beyrouth, afin d’exprimer sa colère face à la gestion des manifestations de Tripoli par les forces de sécurité.

Une fusillade dans le quartier commercial Hamra de Beyrouth tard samedi a fait craindre une aggravation généralisée de la violence dans la capitale.

Des soldats libanais se préparent à évacuer les manifestants des rues lors d'une manifestation à Tripoli, au Liban, le 29 janvier 2021 contre la détérioration des conditions de vie et des mesures strictes du couvre-feu du coronavirus. (Photo,  AP / Hussein Malla)
Des soldats libanais se préparent à évacuer les manifestants des rues lors d'une manifestation à Tripoli, au Liban, le 29 janvier 2021 contre la détérioration des conditions de vie et des mesures strictes du couvre-feu du coronavirus. (Photo,  AP / Hussein Malla)

Toutefois, les forces de sécurité ont décrit l'attaque comme «un incident isolé».

Une source de sécurité a déclaré à Arab News que: «Le problème a commencé entre un livreur et l'un des résidents. Des jeunes hommes du Parti social-nationaliste syrien sont intervenus pour défendre le livreur syrien, puis ils ont commencé à tirer en l'air. »

Après que des habitants voisins sont apparus dans la rue, les forces de sécurité sont arrivées et elles ont bouclé le site, a révélé la même source.

Pendant ce temps-là, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, chef du groupe parlementaire du Mouvement du futur, a averti que la violence à Tripoli n’a fait qu’aggraver les divisions politiques du Liban, rendant la formation d’un gouvernement de sauvetage encore plus difficile.

«La chose la plus dangereuse dans la situation actuelle est l'incapacité des forces politiques à prendre l'initiative de déterminer des plans de sauvetage nationale», a-t-il souligné.

«Chaque parti sectaire mène deux batailles en parallèle: une bataille interne féroce pour s’imposer comme son unique représentant, et une bataille acharnée contre d’autres sectes pour identifier le quota de la secte au sein du gouvernement».

Le différend politique entre Saad Al-Hariri, Premier ministre désigné du Liban, et le Mouvement patriotique libre (MPL), dirigé par Gebran Bassil, s’est aggravé samedi lorsque les deux hommes ont échangé des accusations réciproques.

Bassil a exhorté Al-Hariri à «se rendre immédiatement au palais de Baabda et à former un gouvernement en accord et en partenariat complet avec le président ; un gouvernement qui bénéficie d'un large soutien politique et national».

Le Mouvement patriotique libre (MPL) a décrit la demande de partenariat dans la formation du gouvernement comme «un droit absolu».

Cependant, le Mouvement du futur a réagi plus tard, en accusant le MPL de «réduire les droits de la majorité chrétienne aux droits de quelques personnes».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.