Comment l'amitié avec le Venezuela profite au régime iranien isolé

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (D) se cognant les coudes avec le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d'Iran, Javad Zarif (G) au palais de Miraflores à Caracas, le 5 novembre 2020 (Photo, AFP).
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (D) se cognant les coudes avec le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d'Iran, Javad Zarif (G) au palais de Miraflores à Caracas, le 5 novembre 2020 (Photo, AFP).
Le président iranien Hassan Rohani (D), son homologue vénézuélien Nicolas Maduro (C) et la première dame du Venezuela, Cilia Flores, lors du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) à Téhéran le 23 novembre 2015 (Photo, AFP).
Le président iranien Hassan Rohani (D), son homologue vénézuélien Nicolas Maduro (C) et la première dame du Venezuela, Cilia Flores, lors du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) à Téhéran le 23 novembre 2015 (Photo, AFP).
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (à gauche), le président russe Vladimir Poutine (au centre) et le président vénézuélien Nicolas Maduro (à droite) assistent à une séance de photos de famille lors du Forum des pays exportateurs de gaz au Kremlin de Moscou, le 1er juillet 2013 (Archives, AFP).
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (à gauche), le président russe Vladimir Poutine (au centre) et le président vénézuélien Nicolas Maduro (à droite) assistent à une séance de photos de famille lors du Forum des pays exportateurs de gaz au Kremlin de Moscou, le 1er juillet 2013 (Archives, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 31 janvier 2021

Comment l'amitié avec le Venezuela profite au régime iranien isolé

  • La présence de Téhéran en Amérique latine est un moyen d’éviter les sanctions, de lutter contre l’isolement et de prendre une position stratégique
  • Le Hezbollah, mandataire libanais de l’Iran, utilise ses relations au Venezuela pour faire passer de la drogue, blanchir de l’argent et exercer son influence

RIYADH: Un sous-produit rarement discuté de la révolution islamique iranienne, qui s'est terminée avec la chute du Shah et la montée en puissance de l'ayatollah Ruhollah Khomeini en 1979, est la collusion diplomatique, économique et stratégique entre Téhéran et plusieurs régimes latino-américains –  directement dans l'arrière-cour de Washington. .

Téhéran a travaillé dur pour consolider ces amitiés depuis la révolution, en particulier son entente avec le Venezuela, l’autre producteur de pétrole, pendant la présidence de Mahmoud Ahmadinejad entre 2005 et 2013.

Le régime iranien a simultanément intensifié ses efforts pour perturber la dynamique de puissances internationales au Moyen-Orient et dans la région au sens large en sa faveur grâce à une série d'interventions militaires secrètes et à son programme nucléaire illégal.

Pour freiner ces aspirations et ces activités malveillantes dans toute la région, les États-Unis ont réimposé une série de sanctions sur l’économie iranienne, laissant le régime isolé et paralysé financièrement.

photo
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (G) serre la main du président iranien Hassan Rohani (D) avant une réunion bilatérale au Convention Center de Bakou le 25 octobre 2019 (AFP / Bureau présidentiel du palais de Miraflores / Jhonn Zerpa / Archive, Photo).

A partir de cette position de faiblesse, Téhéran s'est tourné vers ses amis de Caracas –  un autre paria international – à la recherche d'alliés fiables.

Les relations de Téhéran avec l’Amérique latine remontent à 1960, lorsque le Venezuela figurait parmi les membres fondateurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). De là, les relations diplomatiques de l’Iran se sont rapidement diversifiées pour inclure le Brésil, le Mexique, l’Argentine et Cuba.

 

Mais ce n’est qu’en 2005, au début de la présidence d’Ahmadinejad, que la fréquentation que Téhéran gardait en Amérique latine a fait l’objet d’un examen attentif. Plusieurs de ces amitiés naissantes semblaient être fondées sur une aversion mutuelle pour les États-Unis et leurs politiques.

Après la Première Guerre mondiale, des vagues de réfugiés ont commencé à arriver au Venezuela en provenance du Moyen-Orient. La tendance s'est accentuée après la Seconde Guerre mondiale et a atteint un sommet après le déclenchement de la guerre civile libanaise en 1975.

L'Iran et sa milice libanaise, le Hezbollah, ont exploité cette tendance, utilisant l'infiltration religieuse et intellectuelle pour convertir les chrétiens et les musulmans sunnites à l'islam chiite et aux enseignements khomeynistes sur la Wilayat Al-Faqih (tutelle du juriste islamique).

photo
Les gardes révolutionnaires iraniens sécurisent la zone lors de la cérémonie d'inauguration d'une usine pétrochimique commune dans la zone industrielle d'Asaluyeh - où le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue vénézuélien Hugo Chavez ont scellé leur alliance anti-américaine en 2007. (Archive, AFP).

Soucieux d'étendre sa présence idéologique et de faire face à ce qu'il considérait comme l'hégémonie occidentale, l'Iran a lancé en 2011 une chaîne d'information par satellite en espagnol appelée HispanTV, diffusant une variété de programmes culturels, politiques et religieux ciblant des personnes à travers le continent. 

L'Iran a établi plus de 36 centres culturels chiites dans 17 pays à travers le monde, dont beaucoup seraient utilisés comme réseaux d'espionnage pour recueillir des renseignements. En Amérique latine, ils agissent comme une plaque tournante pour le recrutement d'expatriés et la construction d'un soutien populaire aux politiques iraniennes.

Après la création de l'OPEP, les relations politiques et économiques entre l'Iran et le Venezuela reposaient initialement sur leur production pétrolière partagée et les défis liés aux prix. Cette relation s'est par la suite renforcée et s'est étendue à plusieurs pays d'Amérique latine grâce à l'adhésion commune au Mouvement des pays non alignés.

Fondé en 1961, le forum de 120 États, qui ne se considèrent formellement alignés sur aucun bloc de puissance majeur, prétend rester neutre et indépendant dans les affaires mondiales.

Défiant la volonté de la communauté internationale, le Venezuela a longtemps laissé entendre qu’il défierait les sanctions et approvisionnerait l’Iran en produits pétroliers dans le but d’affaiblir les efforts américains pour exploiter la dépendance de Téhéran à l’égard du pétrole raffiné étranger.

Nicolas Maduro, président socialiste du Venezuela, a maintenu cette position depuis qu’il a pris les rênes à la suite du décès d’Hugo Chavez en 2013.

Sous un strict embargo américain, le Venezuela est aux prises avec sa propre crise économique, provoquant une inflation sans précédent et des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments. Bien qu’il possède la plus grande réserve de pétrole prouvée au monde, le produit intérieur brut (PIB) du pays a plongé et sa monnaie s’est effondrée.

En décembre, l'Iran aurait envoyé des pétroliers chargés d'essence et de composants pétroliers au Venezuela au mépris des sanctions internationales. Après que les États-Unis ont imposé leur dernière série de sanctions au Venezuela en 2019, l'Iran a également fourni à Caracas des outils, des fournitures et une expertise technique pour soutenir Petroleos de Venezuela, SA –  la société pétrolière et gazière publique.

Grâce à ses relations chaleureuses avec les gouvernements latino-américains, l'Iran espère projeter l'image d'une puissance mondiale, surmonter son isolement politique et économique, obtenir un soutien diplomatique pour son programme nucléaire et répondre aux États-Unis de près.

L’ancien président du Venezuela, Chavez, a renforcé les liens de son pays avec l’Iran pendant son mandat. En 2003, il a nommé Tareck El-Aissami, un Syro-vénézuélien, à la tête du Service administratif d'identification, de migration et d'étrangers (anciennement ONIDEX), qui aurait utilisé ses pouvoirs pour aider le Hezbollah.

Au cours d'une enquête conjointe d'un an, CNN et CNN en Espanol ont révélé des anomalies majeures dans la délivrance de passeports et de visas vénézuéliens, notamment des allégations selon lesquelles des documents auraient été délivrés à des personnes ayant des liens extrémistes.

Selon les rapports des services de renseignement, El-Aissami a été impliqué dans la délivrance de 173 passeports et cartes d'identité vénézuéliens à des personnes du Moyen-Orient, y compris des personnes affiliées au Hezbollah.

Les groupes d'opposition vénézuéliens accusent également El-Aissami de trafic de drogue. Il est répertorié par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain parmi les 10 trafiquants de drogue les plus recherchés.

Depuis avril de l’année dernière, il travaille au Ministère vénézuélien du pétrole.

photo
Le président iranien Mohammad Khatami (à gauche) et son homologue vénézuélien Hugo Chavez lors d'une cérémonie d'accueil à Téhéran le 20 mai 2001 (Archives, AFP).

En juin 2008, le Trésor américain a cité nommément les Vénézuéliens naturalisés Ghazi Nasreddin et Faouzi Kanaan comme partisans du terrorisme. Nasreddin a travaillé comme chargé d’affaires à l’ambassade du Venezuela en Syrie et a également occupé un poste à l’ambassade de son pays au Liban.

Selon le Trésor, Kanaan possédait une agence de voyage, organisait des voyages et levait des fonds au Venezuela pour les membres du Hezbollah. Il indique également que Kanaan a rencontré des hauts responsables du Hezbollah pour discuter des enlèvements et des attaques terroristes potentielles.

Selon un rapport du département d'État américain sur le terrorisme en 2019, le Venezuela applique un cadre laxiste envers les groupes armés, notamment les rebelles des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), l'Armée de libération nationale colombienne (ELN) et les membres du Hezbollah.

Le rapport indique que les liens financiers avec les rebelles des FARC et de l'ELN ont contribué à permettre la répression et les plans de corruption menés par l'administration Maduro.

Le Hezbollah a établi des liens étroits avec les réseaux de trafic de drogue et a mis au point un système sophistiqué de blanchiment d'argent. Un article publié par Politico en 2017 a révélé que le Hezbollah avait gagné 1 milliard de dollars par an grâce au trafic de drogue et d'armes, au blanchiment d'argent et à d'autres activités criminelles.

photo
Un document photo publié par le site officiel du Centre pour la préservation et la publication des œuvres du chef suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (D) rencontrant le président vénézuélien Nicolas Maduro à Téhéran, la capitale, le 10 janvier 2015 (Photo, AFP/Khamenei.ir)

L'implication de l'Iran dans le trafic de drogue au Venezuela est bien documentée. Des rapports détaillés de la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis révèlent une vaste route commerciale de la cocaïne de l'est du Venezuela à l'Afrique de l'Ouest puis en direction de l'Europe.

On soupçonne que l’approvisionnement du gazoduc provient d’installations iraniennes situées dans le delta du fleuve Orénoque au Venezuela, où les navires sont chargés de cocaïne. Certaines expéditions aboutissent en Afrique de l'Ouest, en Europe et au Moyen-Orient. Le produit est blanchi par divers moyens, notamment l'achat de voitures d'occasion fabriquées aux États-Unis pour l'exportation vers l'Afrique.

Les blanchisseurs auraient utilisé leurs relations avec les gouvernements, en particulier ceux des pays bolivariens (Bolivie, Colombie, Équateur, Panama, Pérou et Venezuela), pour acheminer leur argent sale via les banques latino-américaines, le mettant à disposition des marchés occidentaux.

L'Iran a acquis une influence considérable en Amérique latine et a consolidé son réseau d'alliés. Le régime de Téhéran élargit activement cette liste d’amis dans l’espoir de contrebalancer la position de la communauté internationale contre son programme d’armes nucléaires et de mobiliser le soutien de ses politiques.

Outre ses ambitions nucléaires, les relations politico-économiques de Téhéran avec le Venezuela et d’autres pays d’Amérique latine sont avant tout un moyen de diversifier ses moyens de survie et de surmonter les sanctions internationales. Il ne fait cependant aucun doute qu'une grande partie de cet arrangement illicite est géré et supervisé par le Hezbollah.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.