L'Égypte accueille une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères

Les ministres arabes des Affaires étrangères se réunissent au Caire pour discuter des développements régionaux, y compris la crise palestinienne et les politiques de la nouvelle administration américaine. (AFP)
Les ministres arabes des Affaires étrangères se réunissent au Caire pour discuter des développements régionaux, y compris la crise palestinienne et les politiques de la nouvelle administration américaine. (AFP)
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Publié le Mardi 09 février 2021

L'Égypte accueille une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères

  • Les pays arabes parlent d'une seule voix en ce qui concerne la Palestine et la question palestinienne restera au cœur des préoccupations arabes jusqu'à ce qu'elle soit résolue par l'établissement d'un État palestinien indépendant
  • Le prince Faysal ben Farhan souligne l'adhésion du Royaume à un État palestinien avec les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale

LE CAIRE: L'Égypte a accueilli lundi une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères pour discuter des développements régionaux, des politiques de la nouvelle administration américaine ainsi que de la structure et du fonctionnement de la Ligue arabe.

Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue des États arabes, déclare que l'organisation est désireuse de trouver une solution globale et juste à la question palestinienne. Il a précisé lors d'une réunion du Conseil de la Ligue arabe que toute menace contre les territoires arabes constitue une menace pour la nation tout entière et que la région est au seuil d'une nouvelle phase.

Le secrétaire général déclare que la réunion d'urgence est porteuse d’un message au monde entier: les pays arabes parlent d'une seule voix en ce qui concerne la Palestine, et la question palestinienne restera au cœur des préoccupations arabes jusqu'à ce qu'elle soit résolue par l'établissement d'un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale. Il souligne la nécessité pour la communauté internationale de faire de cette question sa priorité.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, met en garde contre tout changement du statut de Jérusalem et déclare que le Caire s'efforce de faciliter le dialogue palestinien vers la réconciliation. Il attire l’attention sur l'importance du droit au retour des réfugiés palestiniens et sur le fait que l'Égypte adhère à un État palestinien avec les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faysal ben Farhan, affirme que les pays arabes sont unis pour relever les défis. Il appelle la communauté internationale à mettre fin aux violations et aux menaces de l'Iran contre la région, et il soutient que le régime iranien menace la sécurité et la stabilité des pays arabes à travers ses milices. Il condamne le fait que les Houthis prennent pour cible des installations civiles.

Il exhorte les pays les plus touchés par les menaces de l'Iran à faire partie de tout accord futur, notant que les activités nucléaires et les missiles balistiques de l'Iran menacent la sécurité régionale.

Le prince Faysal ben Farhan se félicite de la mise en œuvre par les parties yéménites de l'accord de Riyad et souligne l'adhésion du Royaume à un État palestinien avec les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, explique que la solution à deux États est le seul moyen de mettre fin au conflit entre les Palestiniens et les Israéliens. «La question palestinienne est une question centrale pour les Arabes, elle représente la clé d'une paix juste et globale», ajoute Ayman Safadi. «Cette question met en évidence la nécessité d'une action arabe directe pour soutenir nos frères et parvenir à la paix, en particulier avec le début d'une nouvelle administration américaine et les nouveaux gestes qu'elle a annoncés.»

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Hossam Zaki, annonce que le secrétariat général de l’organe a reçu des notes des délégations permanentes de Jordanie et d’Égypte demandant la tenue d’une réunion d’urgence.

Le secrétariat général de la Ligue arabe déclare que les notes font référence à des développements nécessitant une position globale qui assure la protection de la sécurité nationale, serve des intérêts communs, renforce la solidarité commune et réaffirme les constantes arabes sur la question palestinienne.

Des sources arabes ont déclaré plus tôt que la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères donnera lieu à la publication d’une décision soumise par l'Égypte et la Jordanie soulignant la nécessité d'adhérer à la solution à deux États et obligeant tous les pays arabes à apporter leur soutien à la Palestine.

Cette décision exigera de la partie israélienne qu'elle réponde à l'initiative de paix arabe par la reprise immédiate des pourparlers de paix.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.