La Chine interdit la BBC World News sur son territoire

Le présentateur principal de BBC World News Nik Gowing (à gauche, arrière) prend la parole avant le début d'un débat télévisé BBC World News au Forum économique mondial de Davos. (Photo, AFP/Archives)
Le présentateur principal de BBC World News Nik Gowing (à gauche, arrière) prend la parole avant le début d'un débat télévisé BBC World News au Forum économique mondial de Davos. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Vendredi 12 février 2021

La Chine interdit la BBC World News sur son territoire

  • Pékin estime que les contenus de la chaîne d'information internationale avaient « sérieusement » enfreint les directives en vigueur dans le pays
  • Cette interdiction intervient après que la BBC a diffusé le 3 février un reportage contenant des récits poignants de tortures et de violences sexuelles contre des femmes ouïghours

PÉKIN : L'autorité de régulation de l'audiovisuel chinois a annoncé jeudi avoir interdit la diffusion de BBC World News en Chine, une décision que Londres a immédiatement dénoncée comme une « atteinte inacceptable à la liberté de la presse ».

Pékin estime que les contenus de la chaîne d'information internationale avaient « sérieusement » enfreint les directives en vigueur dans le pays.

Dans un communiqué, l'autorité estime que la chaîne d'information en continu a notamment enfreint le principe selon lequel « les informations doivent être véridiques et justes » et « ne portent pas préjudice aux intérêts nationaux de la Chine ». Aussi, elle « n'autorise pas à la BBC à continuer d'émettre en Chine ».

Cette interdiction intervient après que la BBC a diffusé le 3 février un reportage contenant des récits poignants de tortures et de violences sexuelles contre des femmes ouïghours dans des camps d'internement chinois.

La BBC « déçue »

« Nous sommes déçus que les autorités chinoises aient décidé de prendre cette mesure », a déclaré une porte-parole de la chaîne britannique. « La BBC est le diffuseur d'informations internationales le plus fiable au monde. Elle couvre des sujets du monde entier de manière honnête, impartiale et sans crainte ni faveur ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a pour sa part dénoncé une « atteinte inacceptable à la liberté de la presse ».

« La Chine a des restrictions parmi les plus strictes au monde concernant la liberté des médias et d'internet, et cette dernière mesure ne fera qu'endommager la réputation de la Chine aux yeux du monde », a estimé le chef de la diplomatie dans un tweet.

 

WASHINGTON CONDAMNE

Les États-Unis ont condamné jeudi l'interdiction de la chaîne britannique d'informations internationales BBC World News en Chine et ont appelé Pékin à favoriser la « liberté de la presse ». « Nous condamnons absolument la décision de la République populaire de Chine », a dit le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. « Nous appelons la République populaire de Chine et les autres nations qui exercent un contrôle autoritaire sur leur population à autoriser un accès sans entrave à internet et la liberté de la presse », a-t-il ajouté. Selon lui, « l'espace pour l'information » en Chine est « l'un des plus contrôlés, l'un des plus oppressifs et l'un des moins libres au monde ». Le porte-parole a jugé « troublant » que les dirigeants chinois « utilisent l'environnement de liberté et d'ouverture pour les médias à l'étranger pour promouvoir la désinformation» alors qu'ils imposent des « restrictions » chez eux.

Enquête sur les Ouïghours

Dans son enquête au long cours basée sur de nombreux témoignages, la BBC avait fait état d’allégations de viols systématiques, d’abus sexuels et de tortures sur des femmes détenues par la police et des gardiens dans la région occidentale du Xinjiang, en Chine.

La région abrite la minorité ouïghour, majoritairement musulmane, et a connu ces dernières années une vaste répression sécuritaire de la part des forces chinoises en réponse à des troubles séparatistes.

Le reportage fait état de tortures à l'électricité, notamment des viols anaux par des gardes à l’aide de matraques électriques. Les femmes ont été victimes de viols collectifs et de stérilisations forcées, selon des témoins.

« Les cris résonnaient dans tout le bâtiment », selon un témoin cité par la radio.

Les groupes de défense des droits de l'Homme estiment qu’au moins un million de Ouïghours et d’autres musulmans turcophones sont incarcérés dans des camps au Xinjiang.

L'impact concret de cette interdiction sera en réalité limité, puisque les foyers chinois ne recevaient déjà pas la BBC, qui n'était présente que dans les hôtels internationaux.

« De plus en plus agressive »

La décision de Pékin intervient une semaine après le retrait au Royaume-Uni de la licence de la chaîne publique chinoise d'informations en anglais CGTN, considérée comme assujettie au Parti communiste chinois.

Elle est annoncée dans un contexte déjà tendu entre Londres et Pékin. Leurs relations étaient déjà mises à mal par la condamnation par Londres de la loi controversée sur la sécurité chinoise à Hong Kong et la répression des mouvements pro-démocratie, qui a conduit la Grande-Bretagne à accorder des droits privilégiés à certains ressortissants de l'ex-colonie pour émigrer sur son territoire.

Le Royaume-Uni a dénoncé la « barbarie » de Pékin envers les Ouïghours et annoncé début janvier des mesures pour empêcher les marchandises liées au travail forcé présumé de cette minorité musulmane de la région du Xinjiang d'arriver jusqu'aux consommateurs britanniques.

La BBC a aussi diffusé récemment un documentaire accusant Pékin d'avoir dissimulé les origines de la pandémie de Covid-19, qui avait également suscité la colère de Pékin.

Selon le député britannique Tom Tugendhat, qui préside la commission parlementaire des Affaires étrangères, la décision d'interdire BBC World News est « regrettable », mais « pas du tout surprenante ».

« Bien qu'il s'agisse d'une mesure de rétorsion largement symbolique, la détérioration de l'environnement du journalisme en Chine est une préoccupation pour nous tous », a-t-il déclaré.

« L'approche de plus en plus agressive du Parti Communiste chinois à l'égard des médias étrangers est une question qui mérite un examen beaucoup plus approfondi ».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.