F. Gouyette: France-Algérie, une relation profonde, douloureuse, qui s'inscrit au présent

Mon attachement à cette région a commencé très tôt. Il me vient de mon histoire familiale, affirme François Gouyette à Arab News en français. (Photo fournie).
Mon attachement à cette région a commencé très tôt. Il me vient de mon histoire familiale, affirme François Gouyette à Arab News en français. (Photo fournie).
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Publié le Mardi 16 février 2021

F. Gouyette: France-Algérie, une relation profonde, douloureuse, qui s'inscrit au présent

  • Liées pour toujours par l’histoire, la France et l'Algérie sont aujourd’hui de grands partenaires en termes d'éducation, de culture et de diplomatie
  • C'est pour aborder ces liens et les problématiques qui en découlent qu'Arab News en français est allé à la rencontre de François Gouyette, Ambassadeur de France en Algérie

PARIS: Liées pour toujours par l’histoire, la France et l'Algérie sont aujourd’hui de grands partenaires en termes d'éducation, de culture et de diplomatie. Mais pour l’historien Benjamin Stora, les plaies du passé doivent être soignées par la réconciliation des mémoires françaises des crimes commis en Algérie et la réconciliation des peuples respectifs d’aujourd’hui. La mission Stora, confiée par le président Emmanuel Macron, montre la détermination à aller de l’avant avec l’Algérie. C'est pour aborder ces problématiques qu'Arab News en français est allé à la rencontre de l'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette. 

Le président Emmanuel Macron a exprimé à maintes reprises sa volonté de donner un nouvel essor aux relations franco-algériennes, comment qualifiez-vous l’état actuel de ces relations ?

L’Algérie et la France entretiennent des liens solides d’amitié. Notre relation s’inscrit dans une histoire longue et profonde, douloureuse également, il faut le reconnaître, mais elle s’écrit aussi et surtout au présent. Elle est très vivante : nos deux pays sont liés par des rapports humains multiples par-delà la Méditerranée. C’est une relation étroite qui unit au quotidien les sociétés civiles (étudiants, entrepreneurs, chercheurs, artistes, intellectuels) dont les projets sont autant de ponts entre nos deux pays. 

Comme vous le voyez, la relation entre la France et l’Algérie ne se limite pas aux échanges politiques, elle est très concrète et bénéficie directement aux populations des deux pays. 

François Gouyette, ambassadeur de France en Algérie

L’Algérie est pour la France un partenaire majeur. D’abord parce que ce pays est une puissance de premier plan en Afrique, une puissance d’équilibre dont la diplomatie joue un rôle utile en faveur du dialogue, en particulier, dans les crises régionales. Ensuite, parce que notre relation est riche et multiple, et que nos intérêts communs sont nombreux: les échanges humains, éducatifs, scientifiques, la coopération économique, les enjeux sécuritaires pour lutter ensemble contre le terrorisme, et la concertation diplomatique afin d’œuvrer ensemble à la résolution des crises régionales.

Nos rapports bilatéraux connaissent un nouvel élan. Les deux chefs d’Etat ont noué une relation de confiance et se parlent régulièrement depuis leur rencontre à Berlin, en janvier 2020. Les échanges à niveau ministériel se sont intensifiés, avec les visites à Alger de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en octobre dernier, et Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, en novembre. Nous préparons la tenue d’un Comité intergouvernemental de Haut niveau au premier semestre 2021. Cette instance, qui réunit nos Premiers ministres respectifs et plusieurs membres de nos gouvernements, apportera une nouvelle impulsion politique à la coopération franco-algérienne.

La France est très engagée aux côtés de l’Algérie. Notre ambassade à Alger dispose d’un budget de coopération de 6 millions d’euros, l’un des tout premiers du réseau diplomatique français. La coopération universitaire et scientifique, en particulier, est très dynamique: il y a 250 accords actifs entre les universités et laboratoires de nos deux pays. En matière de coopération institutionnelle, des dizaines de projets sont financés, chaque année, à parité avec le gouvernement algérien. La France partage ainsi son expertise avec l’Algérie dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, la protection de l’environnement, le sport ou la préservation du patrimoine. Des milliers d’Algériens de tous âges fréquentent chaque année les cinq instituts français de Tlemcen, Oran, Alger, Annaba et Constantine. Nous développons d’ailleurs de plus en plus de programmes et d’événements bilingues, en français et en arabe. Nous œuvrons également au rapprochement entre les associations des deux rives de la Méditerranée afin de soutenir les initiatives de la société civile en matière d’insertion économique et sociale des jeunes, de promotion de la citoyenneté et de développement durable. 

Comme vous le voyez, la relation entre la France et l’Algérie ne se limite pas aux échanges politiques, elle est très concrète et bénéficie directement aux populations des deux pays. 

Le rapport de l’historien Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie a été récemment publié à Paris. Dans quelle mesure ce rapport pourra-t-il contribuer à l’apaisement des mémoires liées à cette période ? 

La remise du rapport de Benjamin Stora sur les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie s’inscrit dans la continuité du travail de reconnaissance historique mené par le président de la République depuis le début de son quinquennat. Depuis son élection, le président Macron a engagé une démarche de reconnaissance lucide des crimes commis durant la période coloniale dans une volonté sincère d’apaisement des mémoires, en France comme dans notre relation avec l’Algérie.

Le chef de l’État a accompli à cet égard plusieurs gestes courageux et concrets. En septembre 2018, il a reconnu la responsabilité de l’État français dans la mort de Maurice Audin et, au-delà, l’utilisation de la torture dans le cadre d’un système légal institué par ce qu’on appelait alors «les pouvoirs spéciaux». La remise à l'Algérie des restes mortuaires de combattants algériens conservés au musée de l'Homme a constitué, en juillet 2020, un autre acte fort, en réponse à une demande des autorités et de la société algériennes. 

La mission Stora entend dresser un état des lieux précis du regard porté sur les enjeux mémoriels de part et d’autre de la Méditerranée. L’historien plaide pour un travail de reconnaissance des faits afin d’amorcer l’œuvre de réconciliation des mémoires qui prendra nécessairement du temps. 

Ce travail comprend deux volets, qui doivent être distingués

- Le premier porte sur la réconciliation des mémoires françaises de la colonisation et de la guerre d’Algérie, qualifiées par M. Stora dans son rapport de «mémoire du malaise», entre déni et non-dits.

- Le second s’inscrit dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algérien, passant, à la fois, par des mesures symboliques et des actes concrets. 

Benjamin Stora formule plusieurs recommandations qui visent à favoriser cette nécessaire réconciliation des mémoires. Il propose, en particulier, la création d’une Commission «Mémoires et vérité» qui serait chargée d’impulser des initiatives communes entre la France et l’Algérie et d’assurer un suivi des préconisations de son rapport.

Le président de la République n’a été ni acteur, ni témoin engagé de cette période. Aucun chef de l’État avant lui n’a affiché autant d’ambition en matière de réconciliation mémorielle et de détermination à aller de l’avant avec l’Algérie, tout en regardant notre passé douloureux avec lucidité. Il a engagé cette démarche en toute transparence et dans un dialogue confiant avec son homologue algérien.

Comment voyez-vous l’évolution du conflit autour du Sahara occidental depuis la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur l’enclave par le président américain sortant Donald Trump ?

La France suit la situation avec attention. Nous avons appelé à la retenue et à la reprise du processus politique. Le conflit au Sahara occidental n'a que trop duré et fait peser un risque permanent de tensions, comme nous l’avons vu récemment à Guerguerate. La France est attachée à la recherche d'une solution politique dans le cadre de la légalité internationale. Elle est, sur cette base, favorable à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans cette perspective, elle considère le plan d'autonomie marocain comme une base de discussions sérieuse et crédible. Nous appelons de nos vœux la désignation rapide d’un envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies en vue de relancer le processus politique.

La mission Stora entend dresser un état des lieux précis du regard porté sur les enjeux mémoriels de part et d’autre de la Méditerranée. L’historien plaide pour un travail de reconnaissance des faits afin d’amorcer l’œuvre de réconciliation des mémoires qui prendra nécessairement du temps. 

François Gouyette, ambassadeur de France en Algérie

En fin connaisseur de la région du Maghreb, où vous n’êtes pas à votre premier poste, quel bilan faites-vous de votre expérience dans la région ?

Je suis très attaché à cette région dans laquelle j’ai servi et continue de servir depuis quarante ans. J’ai tissé avec nombre de ses habitants des liens d’amitié durables et me suis également intéressé aux cultures du Maghreb, qu’il s’agisse de littérature, de musique, de cinéma ou de beaux-arts.

J’ai été en poste dans les pays du Maghreb à des moments cruciaux. En Libye, notamment, où j’ai été ambassadeur de 2008 à 2011, puis en Tunisie, que j’ai rejointe en 2012, alors que ce pays connaissait une expérience démocratique unique. Je suis arrivé en Algérie après le mouvement populaire du Hirak, que le monde a observé avec admiration et qui a indéniablement ouvert une nouvelle phase pour ce pays.

Pour un diplomate, c’est à la fois une chance et une immense responsabilité que de servir son pays lorsque l’Histoire est en marche. J’ai le sentiment de l’avoir fait en me montrant toujours ouvert au dialogue avec l’ensemble du spectre politique, soucieux de ne négliger aucune sensibilité au sein de la société, de ne porter aucun jugement a priori. La mission d’un diplomate, c’est de parvenir à une vision d’ensemble des évolutions en cours pour être en mesure de les décrypter de la manière la plus juste possible. C’est aussi de construire des relations de confiance avec les acteurs politiques et la société civile. Cette confiance constitue une assise pour le développement des relations entre les gouvernements, lesquelles peuvent être, à leur tour, fructueuses pour nos peuples respectifs.

Vous êtes considéré comme l’un des diplomates qui éprouvent une attirance particulière pour le Maghreb et le Moyen-Orient, pouvez-vous nous dire d’où vient cette attirance ?

Mon attachement à cette région a commencé très tôt. Il me vient de mon histoire familiale. Mon père a passé une partie de son enfance en Algérie, en Kabylie, d’abord, à Constantine, ensuite, et, enfin à Alger, qu’il a quittée en 1950 pour poursuivre ses études en France. Parfaitement intégré au milieu de ses camarades algériens, il a appris l’arabe dialectal et le kabyle et a conservé de cette période un attachement profond pour ce pays. Au début des années 1970, j’ai découvert l’Algérie où ma famille avait conservé des amitiés fortes. L’adolescent que j’étais y a, par la suite, passé ses vacances estivales et s’est familiarisé avec ce pays, ses habitants, ses langues et sa culture.

Pour un diplomate, c’est à la fois une chance et une immense responsabilité que de servir son pays lorsque l’Histoire est en marche. J’ai le sentiment de l’avoir fait en me montrant toujours ouvert au dialogue avec l’ensemble du spectre politique, soucieux de ne négliger aucune sensibilité au sein de la société, de ne porter aucun jugement a priori.

François Gouyette, ambassadeur de France en Algérie

Vous êtes également passionné par la langue arabe, que vous maîtrisez parfaitement. Quelle est l’origine de cette passion ?

L’Algérie a naturellement été ma porte d’entrée dans la langue arabe, que j’ai ensuite étudiée en France pendant six ans à l’université. Ce choix a été un élément déterminant dans ma carrière diplomatique. J’ai, d’ailleurs, tenu, dès mon arrivée à Alger, à instituer une programmation bilingue, en arabe et en français, dans nos instituts culturels, où chacun est le bienvenu. Un nouveau cycle de débat d’idées en langues arabe et française, «les Rencontres Ibn Khaldoun» s’est, ainsi, ouvert, il y a quelques jours, à l’Institut français d’Alger. Des concerts mettant à l’honneur la musique arabo-andalouse seront également organisés.

Qu’en est-il de votre autre passion pour la musique arabe, notamment nord-africaine, dont vous possédez une collection d’enregistrements rares ?

J’éprouve, en effet, un vif  intérêt pour la musique arabe, en général, et pour  les musiques du Maghreb, en particulier. À la faveur de mes séjours en Algérie, mais aussi au Maroc, en Tunisie et en Libye, j’ai découvert la musique arabo-andalouse et ses différentes écoles. Je me suis particulièrement intéressé aux genres musicaux qui en sont issus: le Hawzi de Tlemcen et son jumeau du Maroc oriental, le Gharnati; le Chaâbi d’Alger; le Malouf, dans ses variantes constantinoise, tunisienne et libyenne. Au Moyen-Orient, le Maqam irakien représente pour moi la quintessence de la musique arabe classique.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.