Alexeï Navalny : le procès dévoile ses multiples facettes

Un agent des forces de l'ordre monte la garde devant le tribunal de district de Babushkinsky avant le procès du chef de l'opposition russe Alexei Navalny, à Moscou le 5 février 2021. (Photo, AFP)
Un agent des forces de l'ordre monte la garde devant le tribunal de district de Babushkinsky avant le procès du chef de l'opposition russe Alexei Navalny, à Moscou le 5 février 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 février 2021

Alexeï Navalny : le procès dévoile ses multiples facettes

  • Début février, lorsque la justice russe l'envoie en prison, Alexeï Navalny hausse les épaules dans sa cage de verre, sourit et dessine un cœur avec les mains à l'attention de sa femme Loulia
  • Alexeï Navalny devient aux yeux du monde le mari modèle, victime courageuse de l'implacable machine judiciaire russe

MOSCOU : Mari aimant, orateur charismatique, opposant acharné ou prisonnier politique colérique. Pendant ses procès, Alexeï Navalny, l'ennemi du Kremlin, est un accusé indiscipliné, charmant ses partisans tout en horripilant juges et procureurs.

Les images ont fait le tour du monde. Début février, lorsque la justice russe l'envoie en prison, Alexeï Navalny hausse les épaules dans sa cage de verre, sourit et dessine un cœur avec les mains à l'attention de sa femme Loulia, présente dans le public.

Le geste fait mouche : dans les médias indépendants ou étrangers, sur les réseaux sociaux, les commentaires se multiplient pour louer la « bravoure » de l'opposant et son romantisme.

Alexeï Navalny, qui depuis des années dérange le pouvoir avec ses enquêtes anticorruption visant Vladimir Poutine et son entourage, devient aux yeux du monde le mari modèle, victime courageuse de l'implacable machine judiciaire russe, quelques mois seulement après un empoisonnement qui faillit le tuer.

C'est là une des facettes affichées par l'opposant. Pendant ce procès, à l'issue duquel il est condamné à trois ans de prison dans le cadre d'une vieille affaire de fraude, il n'a cessé de défier la cour.

Il prononce un véritable réquisitoire contre le système politico-judiciaire russe qui tente de le broyer, lui, ses partisans et les Russes en général. Les jours précédents, des milliers de personnes ayant manifesté pour sa libération avaient été arrêtés.

« Vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays ! », lance-t-il, ignorant la juge qui lui intime de ne pas transformer l'audience en meeting politique.

Des moments plus marquants que ceux où le parquet prend la parole, s'exprimant de manière bureaucratique .

« Son discours était semblable à celui d'un combattant révolutionnaire », résume auprès de l'AFP le politologue Konstantin Kalatchev.

« Son image et son positionnement sont pensés et délibérément calculés », poursuit-il.

Mais Alexeï Navalny n'est pas juste un opposant enflammé. Par moment, il fulmine. « Nous sommes tous humains, et parfois les émotions l'emportent », constate M. Kalatchev.

« Brûlez en enfer »

Au cours d'un autre procès, en diffamation, il agace vendredi la juge Vera Akimova.

« Récusez-vous, arrêtez de vous couvrir de honte, allez prendre des cours pour améliorer votre connaissance du droit ! », assène-t-il, haussant le ton et volant la vedette à ses avocats.

Pendant ce procès où il est accusé d'avoir diffamé un ancien combattant de la Deuxième guerre mondiale de 94 ans, M. Navalny coupe la parole au procureur, multiplie les demandes, parfois absurdes, et interpelle les témoins.

En colère, il accuse proches et autorités de manipuler son accusateur Ignat Artiomenko, voire de mettre sa vie en danger.

« Quelle enflure il faut être pour vendre son grand-père ! », lâche-t-il vendredi en direction du petit-fils de l'ancien combattant, appelé à la barre, avant de comparer la juge à une dignitaire nazie.

Menaçant à plusieurs reprises de l'exclure de la salle, celle-ci finit par lui donner 15 minutes « pour se calmer ».

« Tout ce jugement sert malheureusement à transformer un ancien combattant en marionnette », a-t-il ajouté, au cours de cette audience qui s'est prolongée tard dans la soirée. La prochaine a été fixée au 16 février.

Pendant une audience précédente, l'opposant s'était exclamé : « Vous brûlerez en enfer pour avoir organisé cette mascarade ! ».

Certains de ses adversaires tentent dès lors de discréditer M. Navalny en lui prêtant des troubles psychiatriques. La chef de la télévision d'Etat RT, Margarita Simonyan, avait ainsi sous-entendu la semaine dernière qu'il était « en pleine phase maniaque bipolaire ».

Mais pour M. Kalatchev, même s'il exagère parfois, l'opposant convainc au sein de la jeunesse russe, celle qui n'a connu que Vladimir Poutine au pouvoir, qui aspire à des changements et qui s'informe par internet et non les médias traditionnels sous contrôle.

L'opposant a déjà conquis un large public avec ses vidéos percutantes, ses articles de blog et ses messages sur Instagram, bourrés d'humour et d'ironie.

Comme lorsque, sorti du coma à Berlin après l'empoisonnement dont il accuse le Kremlin, il s'amuse de pouvoir respirer sans assistance, « un procédé étonnant », dit-il, « je le recommande ».

Cet humour grinçant contraste avec les blagues obscures ou remarques désobligeantes d'officiels et de M. Poutine lui-même.

Alexeï Navalny « parle la même langue que les jeunes, ils s'identifient », souligne M. Kalatchev. « Ses vêtements, sa femme, sa famille... Il représente la classe moyenne urbaine, les citadins en colère ».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.