Déjà cinq rovers américains envoyés sur Mars, à quand des humains?

Cette photo publiée par la NASA, montre le rover Persévérance descendu par la Grue du ciel à la surface de Mars le 18 février 2021. (NASA/JPL-CALTECH / AFP)
Cette photo publiée par la NASA, montre le rover Persévérance descendu par la Grue du ciel à la surface de Mars le 18 février 2021. (NASA/JPL-CALTECH / AFP)
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Publié le Samedi 20 février 2021

Déjà cinq rovers américains envoyés sur Mars, à quand des humains?

  • Un voyage sur Mars durera environ sept mois, et les astronautes passeront au départ 30 jours sur place, anticipe la Nasa
  • Des humains sur Mars, "c'est faisable, mais pour le moment, il est plus sûr d'envoyer des robots", pour lesquels les standards du sureté exigés sont moindres, résume Laura Forczyk

WASHINGTON : Le rover de la Nasa Perseverance, arrivé avec brio jeudi sur Mars, est le cinquième à réussir le voyage. Alors à quand le tour des humains? L'objectif est affiché depuis des décennies, mais le voyage n'est pas encore pour demain.

"D'ici la moitié à la fin des années 2030, nous commencerons peut-être à utiliser les moyens qui nous servent à aller sur la Lune pour envoyer des astronautes sur Mars", a déclaré jeudi Steve Jurczyk, administrateur de la Nasa par intérim. 

Les grands défis technologiques sont à peu près résolus, pourtant, de nombreux facteurs manquent encore à l'équation. 

Défis techniques 

Un voyage sur Mars durera environ sept mois, et les astronautes passeront au départ 30 jours sur place, anticipe la Nasa. Il y fait -63°C en moyenne, les radiations sont importantes, et l'air y est composé de dioxyde de carbone à 95%. 

La gravité n'y est que de 38% celle de la Terre. Mais grâce à "la Station spatiale internationale, nous avons beaucoup appris sur la microgravité", estime G. Scott Hubbard, ancien de la Nasa qui a dirigé le premier programme martien. 

Mais de nombreuses techniques et matériels doivent encore être testés. 

Perseverance a emporté plusieurs instruments dans le but de préparer de futures missions humaines. Notamment MOXIE, de la taille d'une batterie de voiture, pour tenter de produire de l'oxygène directement sur place, en aspirant le CO2 -- un peu comme une plante. L'oxygène pourra servir à respirer, mais aussi de carburant.

Et le fameux programme Artémis de retour sur la Lune, sur lequel la Nasa concentre aujourd'hui ses efforts, est vu comme un banc d'essai vers Mars.

Il y sera testé une nouvelle combinaison, xEMU, permettant une meilleure mobilité et protégeant des très basses températures. Mais aussi une mini centrale nucléaire pour produire de l'électricité, y compris durant les tempêtes de poussière, qui peuvent bloquer le Soleil pendant des mois sur Mars (exit les panneaux solaires). 

L'intérêt de tout tester d'abord sur la Lune? La possibilité d'envoyer des secours. Sur Mars, "si les choses se passent mal et se cassent, vous êtes à des années de la maison", explique à l'AFP Jonathan McDowell, du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics. 

Des humains sur Mars, "c'est faisable, mais pour le moment, il est plus sûr d'envoyer des robots", pour lesquels les standards du sureté exigés sont moindres, résume Laura Forczyk, analyste du secteur spatial.

Volonté politique

Le gros obstacle reste la volonté politique -- et les financements qui vont avec. En 1990, George H.W. Bush annonçait un homme sur Mars avant le cinquantième anniversaire du premier pas sur la Lune, en juillet 2019.

Les promesses similaires de trois de ses successeurs (Bush fils, Barack Obama et Donald Trump) n'ont donné naissance à aucun programme concret. 

Les années 2030? "C'est possible (...) mais sans la volonté politique de l'administration et du Congrès, cela n'arrivera pas", souligne G. Scott Hubbard. 

Joe Biden n'a pas encore nommé d'administrateur permanent pour la Nasa, ni donné sa vision spatiale pour le moment. Sa porte-parole s'est bornée à assurer "soutenir" le programme Artémis. 

L'objectif du retour d'un astronaute sur la Lune pour 2024 souffrira "de délais", et comme un "effet domino", il y aura un retard pour Mars également, prévient Laura Forczyk, jugeant les années 2040 plus crédibles concernant la planète rouge. 

La Nasa doublée par SpaceX? 

La Nasa pourrait-elle ainsi se faire doubler par SpaceX, la société du milliardaire Elon Musk, créée avec le but affiché de permettre la colonisation de Mars? 

Pour le voyage, l'agence spatiale américaine a tout misé sur sa fusée SLS (Space Launch System) qui doit être testée fin 2021 au plus tôt, sans humain à bord. Elle a déjà subi des surcoûts et des retards, dont un test raté des moteurs en janvier.

SpaceX développe elle la fusée Starship, dont deux prototypes se sont récemment écrasés dans d'énormes boules de feu lors de tests. 

Contrairement aux agences financées par le contribuable, Elon Musk investit son propre argent, et peut donc prendre les risques qu'il veut. 

De ce fait "avec son approche rapide, SpaceX pourrait avoir un vaisseau prêt avant la Nasa", estime G. Scott Hubbard, qui dirige un comité d'experts sur la sécurité pour la société. "Toutefois, pour avoir des humains à bord, vous avez aussi besoin d'équipements avancés" les maintenant en vie sur place, "ce dans quoi la Nasa a investi depuis des décennies". 

Plus qu'une compétition, la Nasa et SpaceX pourraient donc devenir partenaires, pour enfin réaliser l'exploit.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.