La mémoire brisée du Liban en ouverture d'une Berlinale en ligne

«Memory Box», de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, premier des 15 longs-métrages en lice pour l'Ours d'Or de la Berlinale, est une plongée, façon puzzle, dans la mémoire d'une famille de la diaspora libanaise installée à Montréal (Photo, AFP).
«Memory Box», de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, premier des 15 longs-métrages en lice pour l'Ours d'Or de la Berlinale, est une plongée, façon puzzle, dans la mémoire d'une famille de la diaspora libanaise installée à Montréal (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 02 mars 2021

La mémoire brisée du Liban en ouverture d'une Berlinale en ligne

  • Dans ce film, blessures et secrets intimes vont ressurgir lorsque la petite-fille de la famille, Alex, ouvre un volumineux colis de papier kraft expédié depuis Beyrouth
  • Ces souvenirs sont «tricotés» avec des milliers de photographies prises par son compagnon Khalid Joreige à la même époque au Liban, pour raconter l'histoire - inventée - du film

BERLIN: Entre pandémie et explosion au port de Beyrouth, leur film fait figure de rescapé : un couple de réalisateurs libanais a ouvert lundi la compétition du festival de cinéma de Berlin, qui se tient en ligne en raison de la pandémie.

«Memory Box», de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, premier des 15 longs-métrages en lice pour l'Ours d'Or de la Berlinale, est une plongée, façon puzzle, dans la mémoire d'une famille de la diaspora libanaise installée à Montréal (Canada).

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Le film, sur la mémoire et l'oubli, «fait un écho incroyable au présent», explique Khalid Joreige (Photo, AFP).

Le troisième film de ce couple de réalisateurs et artistes contemporains exposés dans le monde entier (Tate Modern de Londres, Centre Pompidou à Paris, MoMa à New York...), qui ont reçu en 2017 le prix Marcel Duchamp, aurait bien pu ne pas voir le jour.

Le tournage s'est terminé juste avant l'explosion du 4 août 2020 sur le port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés, et détruit sous leurs yeux des quartiers de la capitale libanaise.

Appartement volatilisé 

L'appartement, la société de production et une bonne partie des oeuvres du couple, stockées près du port, se sont volatilisés également ce jour-là.

Le film, sur la mémoire et l'oubli, «fait un écho incroyable au présent», explique Khalid Joreige.

Le temps de retrouver ses esprits, le couple s'est ensuite demandé s'il fallait conserver la fin du film, et une scène-clé de retrouvailles familiales, justement au port de Beyrouth, baigné de lumière.

Mais la catastrophe donne finalement un nouveau poids au film, ce qui est «à la fois troublant et attristant», poursuit Joana Hadjithomas, qui veut croire qu'au final, «après les catastrophes, il y aura des régénérations».

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La catastrophe donne finalement un nouveau poids au film, ce qui est «à la fois troublant et attristant», poursuit Joana Hadjithomas, qui veut croire qu'au final, «après les catastrophes, il y aura des régénérations» (Photo, AFP).

Dans ce film, blessures et secrets intimes vont ressurgir lorsque la petite-fille de la famille, Alex, ouvre un volumineux colis de papier kraft expédié depuis Beyrouth.

A l'intérieur, cahiers, cassettes et photos témoignent d'une vie d'avant dont on lui a si peu parlé : ces années de guerre civile, à Beyrouth, vécues par sa mère Maia, avant l'exil.

Ce passé figé sur pellicule argentique, que Maia veut oublier, sa fille Alex, smartphone à la main, va l'exhumer. Et faire ressurgir les secrets de famille.

«Tout a commencé quand j'ai retrouvé des cahiers que j'avais écrits pendant six ans dans les années 1980 à ma meilleure amie partie vivre à Paris», raconte Joana Hadjithomas.

Ces souvenirs sont «tricotés» avec des milliers de photographies prises par son compagnon Khalid Joreige à la même époque au Liban, pour raconter l'histoire - inventée - du film.

«Pas d'histoire commune»

Le résultat, aller-retour sans pathos entre les époques, est un mélange riche et inventif de scènes de cinéma, de montages plus ou moins artisanaux, et de madeleines de Proust des années 1980 : pantalons «pattes d'eph» et tubes de Blondie.

«Au Liban, on a le sentiment de ne pas partager une histoire commune», déplore la coréalisatrice. «On a aussi fait ce film dans l'idée de transmettre ce passé à notre propre fille», installée à Londres.

Quand à la pandémie, elle a empêché la tenue physique de la Berlinale, premier grand festival européen de cinéma de l'année, qui se tient en ligne jusqu'à vendredi, comme l'a déjà fait aux Etats-Unis le festival de Sundance.

Le couple parle de son film, premier long-métrage libanais sélectionné depuis 40 ans, via vidéoconférence, depuis sa salle à manger parisienne. 

«Evidemment, il y a une très grande frustration», convient Joana Hadjithomas, d'autant que ni les acteurs, ni l'équipe n'ont pu voir le film.

Mais «d'une certaine façon, la Covid a aidé le film. On a pu travailler plus longtemps, on a eu du recul. Le temps, parfois, vous fait revisiter les choses, et les voir différemment».

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Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".